DE SAINT-OIÉ A SENONES
PAR ÉTIVAL ET MOYENMOlîriER.
il kil. de Saint-Dié à Étival. — Chemin de fer. — Trajet en 30 min. — ire ci
I fr. 25 c; 2« cl. 90 c; 3« cl. 70 C.
9 kil. d'Étival à Senones. — Route de voitures. — Service de corresp. — Trajet en t h. — Prix unique, l fr.
II kil. Etival (R. 69, en sens inverse) .—En sortant de la gare d'Etival, on suit pendant 2 kil. environ la route de Lunéville, qui longe la Meurthe à g. ; puis, on tourne à dr., au hameau de Saint-Biaise, pour entrer dans la vallée, d'un aspect en général austère, qu'arrose le Rabodeau, petit cours d'eau qui prend sa source au Donon et se jette dans la Meurthe, à Saint-Biaise. La route, dominée à g. par des hauteurs de 645 à 670 mèt.
d'altit., occupe, jusqu'à Senones, la rive dr. du Rabodeau, dont elle est à peine séparée par des prairies.
15 kil. (4 kil. d'Étival). Moyenmoûtier, c. de 276H hab., située sur les deux rives du Rabodeau (lissage mécanique, blanchisserie et scierie*, est célèbre par l'abbaye qu'y fonda, vers le milieu du vu- s., saint Hydulphe, archevêque de Trêves. Cette abbaye, l'une des plus riches et des plus renommées des Vosges, fut soumise successivement aux rois d'Austrasie,
à Charlemagne et à ses successeurs, puis aux ducs de Lorraine, sous l'autorité des empereurs d'Allemagne.
Kl le doit son nom à sa situation intermédiaire entre les monastères de Saint-Dié, de Senones, de Bonmoûtier et d'Aflbnville. Dévastée à diverses époques, notamment au xe s., parles Hongrois, et au xvn«s. durant les guerres de Lorraine, elle possédait encore en 1790, au moment de sa suppression définitive, des revenus considérables et une xiche bibliothèque, dont une importante partie a contribue à la formation de la bibliothèque d'Épinal. Les bâtiments conventuels, sur la rive g. du Rabodeau, ont été reconstruits vers la fin du xvii* s. Ils subsistent encore en partic, et sont occupés par une filature de coton. Deux ailes seulement de l'enceinte claustrale ont été démolies.
L'église abbatiale, aujourd'hui paroissiale (mon. hist.), rebâtie en 1766, est fort belle, malgré des mutilations qui ont détruit les- statues du clocher et défiguré le chœur. On y remarque les reliques de plusieurs saints, entre autres celles de saint Hydulphe, et une bonne copie de la Cène de Léonard de Vinci.
Sur le flanc de la colline à laquelle s'appuie , au S., l'enceinte primitive du monastère, ou voit, dans le cimetière paroissial, un oratoire dédié à saint Grégoire. « La tradition populaire, dit M. l'abbé Déblaye, dans une notice sur ce petit monument (Bulletin de la Société archéologique de Lorraine, t. VI), prétend que la chapelle Saint-Grégoire aujourd'hui debout est la même qui fut élevée par les ordres de saint Hydulphe, à la fin du vu* s. Je n'ai rien vu, je n'ai rien trouvé qui contredise cette tradition. » Cette chapelle, dans laquelle saint Hydulphe aimait à se retirer pour s'y livrer plus entièrement à la prière, est un petit édifice à peu près carré, percé de trois fenêtres cintrées et d'une construction assez grossière; l'entrée, à l'occident, est une œuvre toute récente. « Mais,
ajoute M. l'abbé Déblaye, en examinant avec un peu d'attention le mur dans lequel elle est pratiquée, on remarque une arcade cintrée formée de moellons; ce n'était point la porte primitive, mais bien l'arcade du petit sanctuaire, qui était précédé d'une nef aujourd'hui démolie. » Cet oratoire renferme un cercueil en pierre où ont été originairement déposés les restes de saint Hydulphe, qui en furent retirés 80 ans après sa mort, pour être placés dans une châsse conservée dans l'église abbatiale.
Sur le rocher escarpé de la Haute- Pierre (578 met. d'altit.), qui s'élève en face de Moyenmoûtier, sur la rive dr. du Rabodeau, existait un château fort, bâti pour la défense de l'abbaye, et dont les derniers vestiges, encore visibles à la fin du xvm* s., ont depuis complètement disparu.
On continue à remonter la vallée du Rabodeau, où se montrent quelques scieries et quelques métairies.
20 kil. (9 kil. d'Étival). Senones, ch.-l. de c. , V. de2503hab. (389 mèt.
d'altit.), est située sur les deux rives du Rabodeau, mais principalement sur la rive g., dans un magnifique amphithéâtre de verdure, enveloppé de belles montagnes boisées.
La petite ville de Senones, comme celle de Moyenmoûtier, doit son origine à une abbaye fondée, en 662, par saint 6ondebert, évèque de Sens, qui, en souvenir du siège épiscopal qu'il avait abandonné pour se retirer dans cette solitude, donna à ce lieu le nom de Senones (Senonia). Cette abbaye, concédée par Charlemagne aux évéques de Metz, fut aussi l'une des plus importantes des Vosges, et ses abbés, portant aux jours solennels les insignes de la dignité épiscopale, en exerçaient les droits, temporels et spirituels, dans toute l'étendue du domaine abbatial.
L'abbaye de Senones doit surtout sa réputation aux travaux d érudition de l'un de ses derniers abbés, dom Calmet, qui a composé, avec plus d'abondance que de choix et de critique, de nombreux ouvrages. Parmi ces publications multipliées, qui ont trop souvent le caractère de sim-
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pies compilations, VHistoire de Lorraine, le Dictionnaire historique dt la Bible, le Commentaire sur l'Ancien et le Nouveau Testament, la Bibliothèque lorraine ou Histoire des hommes illustres de la Lorraine comptent comme les meilleurs et jouissent, malgré les critiques qu'on peut leur adresser, d'une estime méritée. Né en 1672, dom Calmet est mort en 1757, à 85 ans, après une existence consacrée tout entière au travail et aux devoirs de sa vocation religieuse. Trois ans avant la mort de dom Calmet, en 1754, Voltaire, attiré par la réputation du docte bénédictin, fit un séjour d'un mois à l'abbaye de Senones, où il vécut très-simplement de la vie commune des religieux. Il y prépara son Essai sur les mœurs, mettant à contribution, avec une certaine malice, pour en réunir les matériaux, la complaisance des religieux, la science de D. Calmet et la bibliothèque également riche en imprimes et en manuscrits.
La maison abbatiale, le monastère et l'église , fortement endommagés par un incendie en 1534, avaient été entièrement reconstruits pendant le xvme s., et D. Calmet contribua de ses propres deniers, pendant son gouvernement, à l'embellissement et à l'agrandissement de l'église et des bâtiments conventuels. De cette église, démolie à l'époque de la Révolution, il ne subsiste qu'une tour renfermant un bel escalier. Les restes de divers princes de Salm et ceux de D. Calmet, qui y reposèrent longtemps, ont été, dans cesdernières années, transférés dans l'église paroissiale.
Senones étant devenue, en 1751, la capitale de la principauté de Salm, les princes y construisirent un château qui est aujourd'hui affecté, ainsi que ce qui subsiste des bâtiments conventuels de l'abbaye, à l'une des plus considérables et des plus belles filatures des Vosges et à l'habitation du propriétaire, M. le baron Sellières.
Un vaste parc dessiné avec goût s'étend derrière l'habitation.
De Senones, un chemin traversant un pays accidenté conduit à (12 kil.
environ) Saales (R. 70).
[On peut aussi se rendre de Saint-
vosors.
Dié à Senones, par un beau chemin, long de 18 kil., qui, gravissant les hauteurs d'Ormont , traverse les hameaux de Robache (383 mtt. d'altit.) et des Raids; puis, après avoir franchi le faite de la montagne, redescend par le versant N. dans le vallon d'Hurbache, en passant à (8 kil.) Saint- Jean d'Ormont (412 mèt. d'alt.), v. de 288 hab. On traverse ensuite (1 1 kil.) Lattre, ch.-l. de la c. de Ban de Sapt, composée de plusieurs hameaux et comprenant en tout 1397 hab. (carrières de pierres à chaux, de pierres de taille et de moellons; scieries, huilerie et moulins), puis (15 kil.) le Menil (476 hab.)
Celle route, très-agreste, n'est desservie par aucun service de voitures publiques, et oblige à un détour assez long, si l'on veut visiter Moyenmoûtier. On peut, du reste, la suivre en allant, et prendre, au retour, la voiture de correspondance à Senones jusqu'à Moyenmoûlier, d'où Ton gagne à pied la station d'Étival.]
DE BACCARAT A RANBERVILLERS.
15 kil. — Route de voitures. — Service de corresp. — Trajet en 1 h. 30 min. — Prix unique, 1 fr. 50 c.
la route, après avoir traversé Deneuvre à la sortie de Baccarat (R. 69), s'élève sur le coteau qui domine ces deux bourgs àl'O. et prend la direction du S. Elle passe entre les bois d'Âserailles (àdr.) et de laMoncelle (à g.), et sort du départ, de la Meurthe pour entrer dans celui des Vosges. A 2 kil. environ plus loin, on laisse sur la g. (1200 à 1500 met. environ) Sainte- Barbe , v. de 755 hab. , qui possède une église très-ancienne, dont la tradition fait remonter la fondation jusqu'à Charlemagne. On prétend môme retrouver la figure de ce prince dans une des sculptures du cordon de la