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ROUTE 83] ANDLAU

LE HOHWALD. . 489

1052. Les fenêtres ogivales géminées qui éclairent l'édifice indiquent cependant une reconstruction postérieure à cette date.

Au lieu de continuer par la route du Val de Villé, on prend , au S. 0.

d' Bichhoffen, un chemin d'embranchement qui conduit à (1 kil. 1/2) Andlau, V. de 2007 hab. (filature de laine avec teinturerie, tissage de coton, moulins, scierie mécanique, tuilerie) , bâtie dans une situation pittoresque, au pied des montagnes et sur la rivière d'Andlau, qui prend sa source près du Champ-du-Feu.

Andlau doit son origine à une abbaye fondée, au ix« s., par Richarde, épouse répudiée de Charles le Gros. Selon la légende, Richarde, déchue du trône impérial, vint prier Dieu sur le tombeau de sainte Odile, afin de connaître le lieu qu'elle devait choisir pour retraite. Elle reçut dans une vision Tordre de demeurer près de là, au lieu même où ses yeux seraient frappés d'un fait extraordinaire. Quelque temps après, se promenant dans la vallée d 'Andlau, elle aperçut une ourse entourée de ses petits, qui grattait la terre et y traçait une espèce d'enceinte. Elle crut voir là un signe de la volonté céleste et fit construire en ce lieu l'abbaye d'An dlau. Un ours en pierre, qui se voit encore près de la porte de l'église, rappelle cette tradition. Richarde fut canonisée, au xi« s., par le pape Léon IX.

L'abbaye d' Andlau acquit une grande célébrité au moyen Age ; ses revenus étaient considérables, et ses abbesses prenaient le titre de princesses du Saint - Empire. Le chapitre d'Andlau se composait de neuf dames capitulaires et de quatre dames domiciliaires. Les récipiendaires étaient tenues de faire preuve de seize quartiers de noblesse, sans mésalliance, et les plus hautes familles d'Alsace et d'Allemagne tenaient à honneur d'y faire admettre leurs filles. En 1789, les bâtiments de l'abbaye forent vendus et transformés en habitations particulières.

L'ancienne église abbatiale, actuellement église paroissiale (mon.

hist.), récemment restaurée, offre de curieux bas-reliefs, mélange singulier de scènes religieuses et de scènes de chasse, qui décorent la frise du porche

et la porte d'entrée. Ces sculptures sont un intéressant spécimen de l'école rhénane du xi' s. Une partie de la nef aviit été refaite au xvn* s., dans un style roman assez bien imité.

A l intérieur de l'église, on remarque surtout (au fond du chœur) la châsse, en pierre, de sainte Richarde, œuvre élégante du xiv" s. Elle est supportée par quatre colonnes à chapiteaux ornés de feuilles de chêne, de lierre, de vignes et de renoncules. Sur les faces latérales de la chasse sont représentés, en bas-reliefs, sous des arcades ogivales que surmontent de grands pignons évidés, les traits principaux de la vie de la sainte.

Une crypte, à laquelle conduit un escalier de six marches, s'étend sous le chœur. Elle est partagée en trois nefs par des colonnes à chapiteaux cubiques; les voûtes, en plein cintre, sont munies de robustes arcs-doubleaux. De belles stalles du xtve s., placées dans la partie orientale de la crypte, sont ornées de sculptures qui se recommandent à la fois par la variété de la conception et l'excellence de l'exécution.

Andlau possède, en outre, un bel hôtel de ville. — Une ancienne commanderie du Temple, fondée auxur9 s. , et qui passa plus tard à Tordre Teutonique, puis, au xvn" s., aux chevaliers de Saint-Lazare , a été détruite en 1793.

Après avoir franchi, à l'O. d'Andlau, la rivière du même nom, qui contourne la ville au N ,on monte au Hohwald par une route charmante, en passant d'abord en face des châteaux d'Andlau et de Spesbourg, qui s'offrent à la vue sous leur aspect le plus pittoresque. On côtoie constamment le cours de l'Andiau, dont les bords sont animés par de nombreuses scieries, et, à mesure que Ton approche du Hohwald, la route, s'élevant sur le flanc des hauteurs, domine le fond de la vallée. Elle atteint enfin (I4kil.de Barr, 10 kil. d1 Andlau) le Hohwald {Haute-Forêt), v. de 600 hab., érigé

en commune en 1867, et dont les maisons sont disséminées sur un large espace en amphithéâtre, les unes sur * la montagne, les autres dans un joli vallon ouvert au S., à 610 met. d'altit. moyenne. Le Hohwald possède une église catholique et un temple protestant. Sur son territoire se trouvent plusieurs scieries et de nombreux chalets ou maisons suisses. Situé dans une position délicieuse au pied des hauteurs du Champ-du-Feu, arrosé par de nombreux ruisseaux et environné de magnifiques forêts, le Hohwald est devenu un des lieux de villégiature les plus fréquentés par les Strasbourgeois et par les habitants des petites villes environnantes. « J'ai vu, dans un pays perdu au bout du monde, écrivait M. Edmond About, en 1865, un chalet dont la bâtisse et les dépendances ont coûté plus de 100000 fr. Comprenez-vous qu'on installe une auberge d'un tel prix,dans un hameau de six maisons qui s'appelle le Hohwald, c'est-à-dire la Forêt- Haute? Eh bien! la propriétaire aura bientôt tout payé. Elle n'avait pas un centime au début ; son mari, un pauvre garde assassiné dans la forêt, 1 avait laissée sans ressource avec un fils. Elle a trouvé du crédit; elle s'est mise à héberger les touristes de la montagne, au prix de 5 fr. par jour.

Sa maison ne désemplit pas de tout l'été ; il faut s'inscrire un mois à l'avance. » V hôtel du Hohwald, dirigé par Mme Kuntz, se compose d'un petit hôtel et d'un vaste et charmant chalet pouvant loger 60 voyageurs.

Comme le dit M. About, on y est logé et nourri pour 5 fr., y compris le vin. Mme Kuntz a installé dans son établissement des cabinets pour bains ordinaires et bains aux bourgeons de sapins (60 et 80 c).

Les environs du Hohwald offrent des promenades très-agréables Nous citerons principalement : — la Cascade (2 kil. 800 met), où l'on se rend par un chemin facile, bien indiqué, sur lequel ont été placés des

bancs, de distance en dislance ; — Belle-Vue (3 kil. 700 mèt.), montagne atteignant 755 mèt. d'altit., sur fa route de Villé; — le Neuntenstein (5 kil.

200 mèt.) , curieux rocher de granit porphyroïde de 50 mèt. de hauteur au-dessus du sol (837 mèt. d'altit).,au N. de la maison forestière du Welschbruck ; — le Rothsamfiausenslein (6 kil.), autre escarpement de rocher, près du sommet du Haut-Sommerhof (1049 mèt. d'altit.), sur le chemin de (9 kil.) Natzwiller.

De belles et excellentes routes mènent du Hohwald à (11 kil.) Grendelbruck (R. 82), et, par Breilenbach, v. de 1548 hab., à (12 kil.) Villé, ch.-l. de c. de 1275 hab. (brasseries, mégisseries, fours à chaux, etc.) , au centre du joli vallon du même nom (R. 84). On remarque à Villé, outre une église du xvin* s., une tour servant de prison, et qui est un débris des anciennes fortifications. Villé , dont il est fait mention comme d'un hameau sous les ducs d'Alsace, fut plus tard entouré d'une enceinte flanquée de neuf tours. Il eut beaucoup à souffrir pendant les guerres du moyen âge et pendant celles du xvnc s. En 1814 et en 1815, il fut occupé par les troupes alliées, qui le dévastèrent.

Deux chemins conduisent du Hohwald au (7 à 8 kil.) Champ-du-Feu :

l'un, remontant au N. , passe près de la maison forestière de MeUterey et aborde le plateau par le N. E.; l'autre, se dirigeant d'abord vers le S, 0., puis remontant au N. 0., y aboutit par le versant du S. E., en passant à la maison forestière de Kreutzweg, pour remonter au lieu dit Pelage ou Beliage, promontoire avancé (8 10 mèt.

d'altit.) du Champ-du-Feu, du côté de la vallée de Villé (vue très-étendue). Ces deux chemins, d'abord faciles, ornent une montée assez pénible aux abords du plateau. Le second est à la fois le plus court et le moins difficile. Après avoir continué à suivre, depuis l'hôtel du Hohwald, la route

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