‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 337 sur 489 · A MUNSTER. . [ROUTE · texte numérisé non relu

A MUNSTER. . [ROUTE

borateur de MM. Hartmann, suivant les dernières volontés de cet homme de bien, d'un très-grand mérite.

Excursions autour de Munster.

Parmi les buts d'excursions, extrêmement intéressants , qui sollicitent de tous côtés l'attention du voyageur autour de Munster, nous signalerons principalement : les lacs Noir, Blanc et de Daren, auxquels on se rend par Stosswihret Soultzcren, en remontant la route pittoresque de la Schlucht, (F. R. 63 et R. 2, p. 149); — puis le Honcck,auquel on monte soit par Stosswihr, Soultzercn et la Schlucht, soit par Stosswihr, Amphersbach et les vallons sauvages de l'Aa et du Ilôllenruns (ravin de l'Enfer) , ou par la vallée de la Fecht, Metzeral et la forêt du Herrenbcrg. Ces deux dernières routes, dont le parcours offre des sites du caractère le plus grandiose, exigent le secours d'un guide. — Nous indiquerons, en outre, quelques pro-l menades plus rapprochées.

Le Schlosswald. — C'est une hauteur isolée, qui s'élève à g. de la route de Munster (en venant de Colmar), vis-à-vis de la manufacture de MM. Hartmann. Elle est couronnée par les ruines du château de Schwartzenbourg, c'est-à-dire par une tour et quelques débris de constructions supportant une large voûte en plein cintre, qui forment perspective sur les pelouses s'étendant au haut de la colline.

Le château de Schwartzenbourgfut bAti, en 1261, par un seigneur de Geroldseck, malgré les réclamations de l'abbé de Munster, à qui la montagne appartenait. Le prévôt de Colmar Walter Rœsselmann y fut détenu en 1293, après que l'empereur d'Allemagne se fut emparé de Colmar soulevée contre son autorité.

Malgré le peu d'importance des ruines du Schwartzenbourg, le Schlosswald est néanmoins une promenade très-fréquentée, grâce à son heureuse situation, à ses belles fermes et au

bon état d'entretien de ses routes et de ses sentiers.

Le Solberg. — Cette montagne, de 814 m't. d'altit., est située à 4 ou 5 kil. au S. de Munster (1 h. de marche). Pour s'y rendre, on passe près de la belle ferme fondée dans la montagne par M. H. Hartmann.

Parmi les belles plantations qui dépendent de cette ferme, on remarque des cèdres du Liban et de l'Himalaya, le pin de Corse, le pin du Nord etc. L'étable, disposée avec un soin qui approche du luxe, est occupée par 25 à 30 vaches des races bernoise, appenzelloise, hollandaise, etc. — De la ferme, on gagne le sommet du Solberg d'où l'on découvre une belle vue sur la vallée de Munster, et le hameau de ErsclUitt, situé vers le haut du flanc oriental de la montagne. Ce hameau est habité en grande partie par des Lorrains immigrés en Alsace et qui ont conservé leur patois français.— Si l'on ne veut pas revenir à Munster, on trouvera facilement à Erschlitt un guide pour se faire conduire, par des hauteurs agrestes, aux ruines du château de Wasserbourg , d'où l'on redescendra à Wasserbourg pour gagner Soultzbach (R. 2).

JiUttenbach. — C'est un village de 214 hab., situé à l'entrée de la vallée supérieure de la Fecht, à 4 kil. au S. 0. de Munster. Il s'y trouve une grande et belle papeterie appartenant à MM. Kiener frères et Cie, et qui est l'une des plus remarquables manufactures de ce genre. Fondée en 1738 par le frère de l'historien alsacien Schœpflin et l'imprimeur Decker, elle fut achetée, en 1775, par M. Kiener, dont les fils la reconstruisirent en 1804. Depuis lors, les propriétaires actuels y ont introduit de grands perfectionnements et notamment de nouvelles machines pour la fabrication du papier sans lin.

Voltaire, se trouvant à Colmar en 1754 et ayant appris que le frère de Schœpflin possédait une papeterie

[ROUTE 86] LUTTENBÀCH. -

à Luttcnbach, voulut visiter cet établissement, q u i (leva it fournir le papier pour les Annales de l'Empire. « Nous trouvâmes, dit Collini (.Von séjour auprès de Voltaire), un grand bâtiment isolé, exposé aux quatre vents et qui ne promettait pas des logements bien commodes. Voltaire s'y enterra quinze jours sans voir personne. Un Français nommé Bellon, chargé par le gouvernement de veiller à la quantité de papier que celte manufacture fournissait pour la fabrication des cartes à jouer, était le seul homme à qui on pût raisonnablement parler.

11 jouait passablement aux échecs, le seul jeu qu'aimât Voltaire; avec la promenade, nous n'avions pas d'autre amusement. » Voltaire séjourna à Luttenbach une année entière (1754); il y écrivit V Orphelin de la Chine et une partie des Annales de l'Empire.

Jusqu'en 1832, la chambre occupée par le célèbre écrivain fut conservée et montrée aux visiteurs. — La papeterie est entourée d'un parc parfaitement tenu ; on y remarque un beau château d'eau, et des groupes de rochers heureusement disposés et couverts de plantes alpestres.

De Munster à Gérardmer par laSchlucht, R. 63.

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