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R. 116] REMBERCOURT-AUX-POTS. — SAINT-MIHIEL

Meuse), V. de 5403 hab., est située sur la rive dr. de la Meuse, entre de hautes collines, au S. et à l'O., et de vertes prairies, au N.

Saint-Mihiel doit son origine à nn monastère fondé au vin» s., à 4 kil. à l'E. de la ville, alors simple village, où il fut transféré au commencement du ix* s.

L'importance et les richessses de cette abbaye furent pour le village la cause d'un grand développement. Les ducs de Bar y eurent un château et y séjournèrent fréquemment. La ville étant devenue le siège des États du Barrois, une cour des grands jours s'y réunissait quatre fois par an en assemblée souveraine.

Entourée d'une enceinte défensive et protégée par deux châteaux forts, Saint- Mihiel fut souvent assiégée, notamment en 1635, par Louis XIII, qui en fit raser les fortifications.

Saint-Mihiel prétend être la patrie du célèbre sculpteur Ligier-Richicr, dont le nom a été donné â la place voisine de l'église Saint-Etienne ( V. ci-dessous, p. 608).

Des forges, une filature de coton, des ateliers de fabrication de dentelles et une papeterie sont les principaux établissements industriels de cette ville.

Traversée par une belle et large rue principale, Saint-Mihiel se divise en deux parties : la ville neuve ou la halle, comprenant le quartier le plus voisin de la Meuse, et le bourg, qui s'étend sur le versant S. de la colline. Dans la ville neuve se trouvent une belle caserne de cavalerie, que l'on aperçoit à g. en entrant à Saint-Mihiel, l'église paroissiale et les anciens batimentsdu couvent des Bénédictins, occupés aujourd'hui par le tribunal, le collège et la bibliothèque publique.

Le bourg renferme l'église Saint- Éticnne et l'hôtel de ville.

L'église paroissiale, ancienne abbatiale, est un très- bel édifice de la fin duxviies. L'intérieur offre un vaste vaisseau , reposant sur des piliers carrés, cannelés, à chapiteaux corinthiens. On remarque , à dr. en entrant, dans la chapelle des fonts baptismaux, un Enfant jouant avec deux têtes de mort, charmante sculpture attribuée à Ligier-Richier; et, au

fond du chœur, la Vierge défaillant, soutenue par un lévite, groupe en bois sculpté, d'une remarquable exécution, également attribué à l'illustre artiste lorrain. La tête de la Vierge est surtout admirable d'expression. Nous signalerons, en outre, un magnifique buffet d'orgues et de belles stalles en bois sculpté, dans le chœur.

L'église de Saint-Étienne , autrefois paroissiale, actuellement simple succursale, a été remaniée à diverses époques, et quelques-unes de ses parties passent pour remonter à une haute antiquité; le haut de l'édifice date du xvi« s. Le bas côté de dr. renferme l'admirable et célèbre groupe de Ligier-Richier, connu sous le nom de Saint -Sépulcre (mon. hist.). Il se compose de 13 figures plus grandes que nature, taillées dans un seul bloc de pierre d'un grain très-fin et d'une blancheur de marbre. Les divers personnages sont ainsi disposés : Sur le premier plan, deux disciples portent le corps du Sauveur pour le descendre dans le tombeau, qu'une sainte femme garnit du suaire; sainte Madeleine, agenouillée, baise les pieds du Christ, en versant des larmes. L'attitude de la sainte, la douleur empreinte sur son visage, l'exécution souple des chairs sont d'un effet saisissant.

D'un côté, Marthe tient et contemple avec tristesse la couronne d'épines ; du côté opposé, un ange porte les clous et la croix. Au second plan, dans le demi-jour, la Vierge défaillante est soutenue par un disciple et par une femme; c'est peut-être la figure la plus touchante de ce groupe si parfait. L'affaissement du corps, l'état général d'abattement, l'expression déchirante du visage sont rendus avec un sentiment et un art du caractère le plus élevé. Au fond, deux soldats jouent aux dés la robe du Crucifié; le désir du gain, qui se lit sur leurs traits, forme un contraste frappant avec l'attitude désespérée des autres personnages.

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