DE SARREGUEMINES A SA VERNE. [ROUTE
montagne de Bastberg ( 332 met.
d'altit. ). Fondée, dit-on, par les Romains, elle fut élevée au rang de ville en 1314. Un peu plus tard, elle était tenue en fief par les seigneurs de Lichtenberg, qui y firent construire un château. Les fortifications de Bouxviller furent démolies au xvne s.
On remarque, à Bouxviller : — une église catholique; — un temple luthérien ; une synagogue, récemment construite ; — un hospice , dont la fondation remonte à une date inconnue; — les pavillons de l'ancien château transformés en hôtel de ville (la chapelle du château subsiste encore, mais ne sert plus au culte); — le Schlosshof, belle et vaste place où se tiennent les foires et les marchés, etc.
« Dans la montagne de Bastberg se trouve, dit le Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin, une riche mine de lignite pyriteux qui alimente une fabrique d'alun et de vitriol, la plus belle de ce genre qui soit en France et peut-être en Europe. Ses produits consistent, outre l'alun, en sulfate de fer, prussiate de potasse, bleu de Prusse, sel ammoniaque, muriate d'ammoniaque, colle d'os ou gélatine, noir d'os, rouge d'Angleterre, sulfate de soude, phosphore, phosphate de soude; ils sont très-estimés dans le commerce, tant en France qu'à Tétranger, et s'élèvent annuellement à une valeur de près d'un million de francs.
« Bouxviller a, en outre, des fabriques de boutons métalliques, de siamoises, de toiles, de calicots, une blanchisserie de toiles, des chapelleries, des chaudronneries, etc. Son commerce consiste en grains, légumes, fruits, chanvre, lin et graines oléagineuses. »
Bouxviller est alimentée par 27 fontaines dont le réservoir est au pied du Bastberg ; les eaux sont très-abondantes et d'une excellente qualité.
On croise, à 2 kil. de Bouxviller, sur un plateau de 127 mèt. d'altit.,
la route de (13 kil.) la Petite-Pierre (R. 1, p. 83), en face d'Obtrsoultzbach (500 mèt. à g.), v. de 446 hab., et de Niedersoultzbach (500 mèt.
à dr.), v. de 320 hab., et on traverse le ruisseau de Soultz-Baechel.
17 kil. Ingwiller, bourg de 2229 hab., sur la Modcr, existait déjà du temps des Romains, à en juger par les antiquités qui y ont été découvertes. Il subsiste encore quelques restes des murailles dont Louis de Bavière le fit entourer en 1545. On y remarque une belle nuit rte et une vaste maison d'école.
Après avoir franchi le ruisseau de Mittelbaechel, la route remonte la gorge de la Moder, resserrée entre des montagnes boisées, de 300 et 400 mèt. d'altit. Sur la dr., à 3 kil d'Ingwiller, se détache la route de (4 kil.) Lichtenberg, v. de 1040 hab., « dominé, dit encore le Dictionnaire du Haut et du Bas- Rhin, par une montagne d'une forme conique, que couronne un rocher taillé à pic et sur la plate-forme duquel se trouve le fort de Lichtenberg. à 376 mèt. audessus du niveau de la mer. Ce fort fut construit vers le xic s., pris et ruiné en 1260 par l'évêque de Metz, et reconstruit en 1286 par Conrad de Lichtenberg, évêque de Strasbourg, qui fit élever au centre le donjon, bâti sur une portion du rocher plus élevée que le reste, et terminé par deux tours couvertes en terrasses, que sépare une troisième terrasse presque aussi élevée. Les fortifications furent renouvelées par Specklin vers 1570, et augmentées au xvh* s., avec les pierres provenant du château de Herrenstein. Dans une des tours du donjon, se trouve le magas n à poudre, au-dessous duquel est une chambre voûtée où un seigneur de Lichtenberg laissa, dit-on, mourir son frère de faim. La chapelle est dans le style ogival du xv° s., à l'exception de la voûte, dont les nervures ramifiées, ornées de fleurons et décussons armoriés, indiquent l'époque de la Ré-
[R. 129] 1NGWILLER. — LICHTENBERG. — AY. 629
naissance. Au mur de g. est adossé un petit monument, probablement le tombeau de l'un des seigneurs de Lichtenberg, orné de colon nettes, de pilastres, etc. , aussi dans le style de la Renaissance. Un monument semblable ornait le côté dr. de la chapelle, mais il a été détruit, et ses débris, d'un fort bon style, sont adossés à un mur, sur la terrasse où s'élève le donjon. Au milieu de cette terrasse est un puits creusé dans le roc, dont la margelle, les poteaux et la traverse en pierre sont également couverts d'arabesques et d'autres ornements de la Renaissance. »
25 kil. WimmeneaUy v. de 576 hab., situé au milieu de forêts et sur la Moder que l'on y franchit (beau pont moderne) .
La route, s'éloignant de la gorge de la Moder, laisse à g. l'ancienne verrerie de Wingen et s'élève par de nombreux lacets sur les flancs de la montagne de Kxsberg (425 mèt.
d'altit.), avant de passer du département du Bas-Rhin dans celui de la Moselle, près de KofUhûtte (antique monument dit Breiter-Stein, sur lequel sont représentés les douze Apôtres). On laisse à g. Meisenthal (757 hab.; verrerie), et à dr. la montagne de Sarremberg (484 mèt. d'altit.).
37 kil. Gœtzenbruck, v. de 624 hab., situé à401 mèt. d'altit., sur la lisière 0. de la Forêt-Royale. Au N. 0. du village, se trouve l'importante verrerie de Saint-Louis, fondée en 1721.
Cette manufacture renommée qui a réalisé des progrès remarquables dans la fabrication des plus riches sortes de cristaux, produit des verres et cristaux imitant la malachite, l'hyatitc, etc., et occupe habituellement 900 à 950 ouvriers.
On laisse à dr., à 2 kil. de Gœtzenbruck, la route de Bitche qui dessert le village de Lemberg (1954 hab. ; ruines du château dit Bitche-le-Vieux).
43 kil. Enchenberg, v. de 1001 hab., dominé par des hauteurs couvertes de noyers.
47 kil. Rohrbach (R, 79, en sens inverse).
18 kil. de Rohrbach à Sarreguemines (R. 19).
65 kil. Sarreguemines (R. 121).
DE PARIS A REIMS