‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 448 sur 489 · ROUTE 129] AVENAY. — REIMS. — GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

ROUTE 129] AVENAY. — REIMS. — GÉNÉRALITÉS

On arrive, par le parvis, en face du portail | de la cathédrale. A dr., on aperçoit l'entrée | de l'archevêché; à g , la rue Notre-Dame conduit, en longeant le côté N. de l'église jusqu'à son chevet, à la ruf du Cloitre, d'où Ton gagne (à g.), en quelques pas, la place Royale (statue de Louis XV). En face même du débouché de la rue du Cloître, sur la place Royale, se présente la rue Trudaine, qui établit une communication avec la place des Marchés (plusieurs maisons du xve s.). — A l'angle N. 0. de la place des Marchés, on trouve à' g. la nie de Tambour, dans laquelle se voit la maison des Musiciens , et qui mène à la vaste et belle place de l'Hôttl-de-Ville. A dr. de ce remarquable édifice, la rue de Mars conduit, à l'extrémité N. de la promenade que l'on a traversé en sortant de la gare, au parterre gazonné, qui encadre l'arc de Triomphe ou porte de Mars. Ce monument, dégagé svr toutes ses faces et situé un peu en contre-bas du sol de la promenade, marque une des limites de l'ancienne enceinte fortifiée de Reims.

De Tare de Triomphe, on peut gagner directement la belle église Saint-Remi, en traversant la ville par les rues de la Tirelire, de Tnlleyrand, du Boury-Saint- Denis et la rue Neuve; mais il est plus intéressant de suivre le boulevard des Promenades jusqu'à son extrémité, près du canal. Là, on tournera à g., et, longeant le canal (à dr.), on atteint (30 à 40 min. de marche depuis l are de Triomphe) la rue de Fléchambault, au haut de laquelle on aperçoit Saint-Remi. En sortant de l'église, on redescend la place qui s'étend devant la façade, et, contournant les bâtiments de l'Hôtel-Dieu par les rues Simon (maison de retraite, à g.) et Saint-Remi ; on débouche, en face de la place Sainte- Suzanne, dans la rue Neuve (à g.). — On tourne dans cette rue, et à quelques pas seulement au delà de la place Sainte- Suzanne, on remarque les bâtiments de l'hôpital Général et l'église Saint-Maurice. En contournant le chevet de Saint-Maurice, on atteint la rue du Barbât re, où (prendre à g.) l'on dépasse successivement, à g , le couvent des Carmélites, la maison de l'Enfant-Jésus, le collège, au delà duquel s'ouvre, à dr., la place Godinot (fontaine). En remontant cette place, pour suivre la rue du Levant et traverser la place Belle-Tour, on gagne le bÊilevàrd Cérès (vaste caserne d'infanterie), si l'on prend à g. en arrivant sur le boulevard, on ne tarde pas à atteindre la place Cérès.

et, tournant de nouveau à g., à l'angle de la Bourse, on entre dans la rue Cérès, qui ramène à la place Boy aie, au centre du vieux Reims et dans le voisinage de la cathédrale (K. ci-dessus).

Situation. — Population. — Aipe général.

Reims, simple sous-préfecture de la Marne malgré son importance, est une ville de 60734 hab., située à 86 met.

(l'altit., par 1° 41' 49" de longitude E., et 49° 15' 15" de latitude N., au pied de montagnes calcaires, dans un vaste bassin entouré de collines plantées de vignes. Au S. 0. coule la Veste, séparée de la ville par le canal de l'Aisne à la Marne, qui forme un port sur une longueur de 700 met. Au delà de la Vesle s'étendent, au S., te faubourg Sainte-Anne, à l'O. celui de Vesle.

L'embarcadère est séparé de la ville par une charmante promenade, qui, s étendant entre deux boulevards parallèles, borne la ville au N. 0. Le faubourg de Cérès, au N. E., est le plus important de ceux qui environnent Reims et c'est de ce côté que se forment les nouveaux quartiers.

On entre à Reims par neuf portes nommées portes Gerbert, de Bétheny, de Cernay, de Mars, de Cérès, de Dieu-Lumière, de Fléchambault , de Vesle et des Promenades. Les portes Gerbert, de Cérès et de Vesle sont décorées fle grilles; on admire celle de la porte de Vesle, qui a été faite en 1775, pour le sacre de Louis XVI, par un serrurier rémois, nommé Masson.

Assez bien bâtie, assez bien percée et entourée de larges boulevards, la ville de Reims compte plus de 200 rues et 14 places publiques, dont plusieurs sont vastes et régulières. L'espace qu'elle occupe est proportionnellement plus grand que ne l'exige le chiffre de sa population, mais les rues sont larges et la plupart des maisons n'ont qu'un étage.

Au xviii#s. encore. Reims manquait d'eau ; la Vesle ne contribuait ni à sa commodité ni à son embellissement. La bienfaisance du chanoine

DE PARIS A REIMS

Godinot, vieillard de quatre-vingts ans, et la persévérance du maire de la ville, M. de Pouilly, surmontèrent tous les obstacles ; un Minime, habile mécanicien, le P. Féry, construisit en sept années une machine, et, en 1753, 17 fontaines distribuèrent dans tous les quartiers une eau abondante.

Des bornes-fontaines ont remplacé dans ces derniers temps les fontaines du P. Féry, dont quelques-unes n'étaient pas sans mérite. De 1840 à 1843, M. Cordier, ingénieur hydraulique à Béziers, a construit, près de la porte de Dieu-Lumière, une nouvelle machine, à haute pression de trois à quatre atmosphères, de la force de quarante chevaux. Cette machine, qui a coûté près d'un million à la ville, élève et amène au réservoir, près de la Tour-du-Puits, 180 pouces fontainiers d'eau, ou 20000 hectol. dans l'espace de quatorze heures. Elle alimente plus de 80 fontaines publiques et suffit à un grand nombre de concessions particulières.

Reims est un centre de commerce et d'industrie fort important. Cinq lignes de chemin de fer viennent y aboutir : la première vient de Soissons; la seconde, d'Épernay; les trois autres, qui se séparent à l kil. 1/2 environ au N. de la gare, se dirigent vers Tergnier , vers Givet et vers Chalons.

A l'époque de la conquête des Gaules par César, Reims était, sous le nom de Durocortorum, une des villes importantes de la Gaule. Lorsque César commença la conquête, elle renonça d'elle-même à une indépendance qu'elle n'espérait pas conserver par des victoires, et envoya des otages au vainqueur dès Tannée 48 avant notre ère. Sa défection attira contre elle une coalition des peuples voisins, mais elle fut secourue par César, obtint de lui le maintien de sa constitution politique, et le servit utilement contre Pompée.

Reims prospéra sous la domination romaine et prit le nom des Jfomt, dont elle était la capitale. Sa fidélité à Rome ne se démentit pas; lorsque çivilis et Sabinus

se soulevèrent contre Vespasien, elle convoqua des députés de chaque tribu de la Gaule, et l'un de ses citoyens, Julius Auspex, sut rétablir la paix.

La cité antique, de forme elliptique, était entourée de remparts percés de quatre portes. Elle possédait de somptueux édifices, dont plusieurs ont laissé des débris, découverts dans ces dernières années. Son territoire comprenait tout le pays situé entre la Seine, la Meuse et la Marne. Elle professait encore la religion druidique lorsque saint Sixte et saint Sinice vinrent y prêcher l'Évangile vers 352. Jovinus, consul rémois, engagea par son exemple, en 366, le plus grand nombre de ses concitoyens à embrasser le christianisme. En 406* Reims tomba au pouvoir des Vandales, qui massacrèrent saint Nicaise sur le seuil même de la cathédrale qu'il venait de fonder. Un demi-siècle après, en 4SI, le farouche Attila détruisit la ville et tua un grand nombre d'habitants. La conquête franque eut pour Reims de meilleurs résultats.

Son évéque, saint Remi. devint l'ami de Clovis et l'un des principaux auteurs de sa conversion. Le baptême du fier Sicambre (25 décembre 496) fut pour la ville l'origine et l'aurore de ces solennités qui lui donnèrent une si grande importance dans l'histoire de la France : les rois de la seconde et de la troisième race voulurent être sacrés à Reims, avec l'huile de la sainte ampoule qu'un ange, d'après la tradition, avait apportée du ciel pour le baptême de Clovis et qui était conservée à l'abbaye de Saint-Remi.

Prise par Chilpéric Ie', en 563, et par Charles-Martel, en 720, malgré le courage de saint Rigobert, qui fut exilé, Reims fut témoin de l'entrevue du pape Etienne III et de Pépin, de celle de Léon ni et de Charlemagne (804), du couronnement de Louis le Débonnaire par Etienne IV (816). Ebbon, qui avait contribué à la déposition de Louis, après l'avoir couronné, eut pour successeur un prélat plus vertueux, le célèbre Hincmar, l'un des hommes les plus savants de l'époque carlovingienne.

L'évêché de Reims était devenu archevêché en 774.

Les querelles de dynastie qui signalèrent le Xe s. attirèrent sur Reims quatre sièges en soixante ans. Elle fut prise, eo 990, p4§ Charles de Lorraine, rival de Hugues Capet, et reprise peu après parle roi. Gerbert, qui fut plus tard pape sous le nom de Sylvestre II, y joua alors un grand rôle.

Les archevêques de Reims avaient la seigneurie temporelle de leur ville , et l'usage du sacre, qui devint général pour les rois de France depuis Philippe Auguste, augmenta leurs privilèges, ils battirent monnaie jusqu'à la fin du xiv* s. La ville réclama une charte communale, au commencement du m* s., à la faveur de la querelle qui divisait deux archevêques compétiteurs : Raoul le Verd, soutenu par le pape, et Gervais, fils du comte de Réthel, soutenu par Philippe I". Mais les libertés communales ne furent octroyées aux Rémois qu'en 1138, et ils n'en jouirent paisiblement qu'au xm« s.

Un concile important, présidé par Calixte il, se réunit à Reims en 1119, pour réconcilier Henri 1" et Louis le < ros, et excommunier l'empereur Henri V. En 1148, un autre concile de Reims condamna les doctrines d'Éon ( V. le Guide de la Bretagne) et de Gilbert de la Porée, qui attaquait le mystère de la Trinité. En 1360, Reims fut inutilement assiégée par les Anglais. Elle tomba sous leur joug par le traité de Troyes (l42o) et ne le secoua qu'à l'arrivée de Jeanne d'Arc sous ses murs. La Pucelle présenta elle-même au roi les clefs de la ville, assista au sacre, qui était le terme de sa mission, et • sollicita vainement de Charles VII la permission de rentrer chez ses parents.

Sous Louis XI, en 1461, l'impôt sur le sel occasionna dans Reims une révolte à laquelle on a donné le nom de Mique~ mayve ; la sédition apaisée, Louis XI fit punir deux cents coupables : six eurent la téte tranchée, trois furent pendus; plusieurs eurent les oreilles coupées; le reste fut banni on emprisonné.

En 1585, Reims, à l'instigation de son archevêque, Louis de Guise, embrassa le parti de la Ligue et ouvrit ses portes au duc de Mayenne ; elle se soumit à Henri IV aptes la bataille d'Ivry. La milice rémoise, commandée par le comte de Grandpré, remporta, en 1657, une victoire sur Montai, qui défendait Rocroi pour les Espagnols.

Pendant la campagne de 1814, occupée tantôt par les armées étrangères, tantôt par les troupes françaises, soutenant des sièges sans être fortifiée, prise et reprise, pillée et rançonnée, la ville de Reims eut à subir, en deux mois, toutes les alternatives et tous les désastres de la guerre.

m Après la bataille de Craonne, dit M. Charles Louandre, une armée de 14 ooo Russes se présenta sous les murs de Reims. La place n'avait pour toute défense qu'une

enceinte en ruine, pour toute garnison que cent hommes de la garde, cinquante gendarmes et les cadres de trois bataillons. Les habitants secondèrent avec un grand courage cette poignée de braves, mais il fallut céder au nombre. Occupée par les Russes le 16 février 1814, reprise le 5 mars par le général Corbineau, puis occupée de nouveau par l'ennemi, Reims fut encore attaquée, le 1S du même mois, par Napoléon, qui en chassa Saint-Priest. Les Russes, dans cette dernière affaire, perdirent 6000 hommes et vingt-deux pièces de canon. Ce fut là un des derniers et des plus brillants faits d'armes de cette mémorable campagne. »

Il existait à Reims une compagnie d'arquebusiers, qui fondée, en 1587, par François I", jouissait de grands privilèges et qui ne fut supprimée qu'à la Révolution. « Les arquebusiers avaient, au bout de la rue Large, près des remparts, un château bâti en 1568 et un beau jardin servant de promenade. Ce château, détruit en 1793, appartient à un particulier; la promenade est devenue un jardin potager. »

Le surintendant des finances Colbert était sorti d'une famille de bourgeois de la ville de Reims.

Ce fut un teinturier de Reims, nommé Gobelin, qui fit bâtir à Paris la Folie- Gobelin, achetée par Colbert pour y créer un des établissements manufacturiers et artistiques les plus célèbres de la France.

Au nombre des illustrations rémoises, il faut compter encore Nicolas Henri Linguet, écrivain fécond et original, historien, orateur, poète, publiciste, critique, journaliste, mort sur l'échafaud, le 8 thermidor 1793 î Antoine Pluche, auteur du Spectacle de la nature } de la Mécanique dee langues, etc.; le bénédictin dom Thierry Ruinart, collaborateur de dom Mabiljon ; le maréchal comte Drouet d'Erlon ; le célèbre graveur Robert Nanteuil,

Monuments religieux.

La cathédrale (mon. hist.), un des plus beaux édifices gothiques de la France entière, fut commencée en 1212, sur des plans gigantesques, pour remplacer une église construite au ix* s. par Ebbon. L'archevêque Albéric confia les travaux à l'architecte Robert de Coucy, qui éleva les constructions jusqu'à la hauteur des voûtes inférieures. Après la mort du prélat, le zèle des Rémois s'étant ralenti,

les projets furent restreints ; la légèreté des parties supérieures de la cathédrale, peu compatible avec la puissance des soubassements, montre que dès le milieu du xmes., les ressources avaient notablement diminué.

a. Le plan de la cathédrale de Reims est simple, dit M. Viollct-le-Duc [Dictionnaire raisonné de l'architecture du v ou xvie*.) ; les chapelles rayonnantes du chœur sont larges, profondes; la nef, longue, est dépourvue de chapelles. Les coupes et élévation des parties latérales de l'édifice répondent à la simplicité du plan; les contre- forts et arcs-boutants sont admirablcsde conception et de grandeur; les piles sont épaisses ; les fenêtres supérieures, profondément encadrées.

Cet édifice a toute la force de la cathédrale de Chartres sans en avoir la lourdeur; il réunit enfin les véritables conditions de la beauté dans les arts, la puissance et la grâce ; il est d'ailleurs construit en beaux matériaux, savamment appareillés, et l'on trouve dans toutes ses parties un soin et une recherche fort rares à une époque où l'on bâtissait avec une grande rapidité et souvent avec des ressources insuffisantes. Ce ne fut guère qu'en 1250 que l'on continua les parties supérieures du ohœur, que l'on commença les premières travées de la nef et la* façade. Celle-ci ne fut achevée, sauf les* deux flèches des deux tours occidentales, que vers le commencement du xive s.; on y travaillait encore pendant le xv" s., mais en suivant les dispositions et détails des xni* et xivc s. Un cloître s'élevait au N. de la nef et du transsept; et c'était probablement pour donner entrée dans ce cloître qu'avait été faite la porte ouverte dans la travée de dr.

du pignon N. Deux autres portes publiques furent ouvertes dans les deux autres travées de ce pignon, vers le milieu du xm' s., et richement décorées de voussures , bas-reliefs et statues (seule, la porte centrale est ouverte aujourd'hui). Deux tours s'élè-

vent sur la façade occidentale ; quatre tours surmontent les quatre angles des transsepts, et une tour centrale se dressait, au centre de l'édifice, sur les quatre piles de la croisée. Le pignon du transsept S., donnant du côté de l'archevêché, ne fut jamais

percé de grandes portes Pendant

les xiv« et xv* s., de petites chapelles furent bâties du côté du N. entre les contre-forts de la nef et dans l'intervalle laissé par le cloître; mais ces petites chapelles, qui ne dépassent pas l'appui des fenêtres, ne dérangent en rien l'ordonnance intérieure du vaisseau; elles ne s'ouvrent, dans le bas côté, que par des petites portes. »

En 1481, un incendie consuma la toiture de la cathédrale, la flèche qui surmontait le chœur et les flèches centrales et des transsepts, qui étaient en bois et en plômb. Les dons royaux, les offrandes volontaires du clergé et des citoyens permirent seulement de rétablir la charpente.

La façade occidentale est la partie la plus importante du monument.

« Si les projets de Robert de Coucy furent modifiés, dit M. Viollet-le Duc, c'est surtout dans la construction de la façade occidentale, qui présente tous les caractères de l'architecture la plus riche de la seconde moitié du xm* s. Comme décoration, elle se relie encore aux faces latérales par ces admirables couronnements de contreforts dans lesquels sont placées des statues colossales. Mais la multiplicité des détails nuit à l'ensemble; cette façade , quelque belle qu'elle soit, n*a pas la grandeur des faces latérales. L'archivolte de la porte principale vient entamer la base des contre-forts intermédiaires , ce qui tourmente l'œil; les nus, les parties tranquilles font défaut. Cependant, et telle qu'elle est, la façade occidentale de la cathédrale de Reims est une des plus splendidcs conceptions du xm*s.

Son inconographic est complète, et ce fait seul est d'une grande importance. »

DE PARIS A REIMS

Nous emprunterons la description de ce chef-d'œuvre {Bulletin monumentàl, t. XXIX), à M. Tourneur curé de Sedan.

« Le rez-de chaussée a trois grandes ouvertures ogivales. Celle du milieu a, de largeur, 11 met. 35 cent.; les deux autres n'ont que 6 mèt. 82 cent.

La grande arcade abrite deux portes séparées par un trumeau, auquel est adossée une statue de la sainte Vierge ; les autres ont seulement une ouverture. Dans les trois arcades, le tympan est rempli par une rosace. On admire surtout la statuaire qui décore cette splendide façade. En voici les sujets :

« Sur le trumeau de la porte centrale, statue de la sainte Vierge. Sur le socle qui la supporte, Y Histoire d'Adam et d'Ève, parfaitement sculptée. A dr. et à g., en statues colossales, les mystères de la Très-Sainte Vierge : Annonciation, Visitation, Présentation au Temple. Au sommet de l'arcade , le Couronnement de la Vierge. Toute la voussure., avec ses cinq lignes immenses de statues en plein relief, représente: f° les Ancêtres delà sainte Vierge; 2° les Anges; 3° les Martyrs; 4° les Confesseurs; 5° les Vierges. Ces sujets, souvent réparés à cause des sacres, ont été un peu altérés par ces retouches successives, mais leur ensemble est en parfait état de conservation. Le long des chambranles de la porte, on trouve extérieurement les douze mots et les quatre saisons; et intérieurement, seize anges daus des attitudes diverses, gardant l'entrée du sanctuaire.

« L'arcade de g. est consacrée dans son ensemble à la vie de Jésus-Christ et surtout à sa passion. Le fronton présente, en grandeur colossale, le Christ en croix. A dr. et à g., le Jong des parois de la porte, sont les fondateurs de réglise de Reims : Saint Bemi, saint Niçoise y saint Bigobert, etc. Sur les chambranles : les Anges gardiens, les Sciences et les Arts. Au-dessus de la porte, la Con-

version de saint Paul. Dans les cinq immenses rangées de la voussure, toute l'histoire du fils de Dieu : la Tentation au désert, Y Entrée à Jérusalem, le Jardin des Olives, la Mort de Judas, la Flagcl'ation, le Crucifiement, la Descente aux enfers, la Jîe'surrection, etc. Sur le tympan voisin se déroule toute la légende de V Invention de la sainte Croix par l'impératrice Hélène et le patriarche saint Macaire.

« Varcade de droite est consacrée à l'histoire du dernier jour du monde, écrite dans l'Apocalypse. Au fronton, le Sauveur, assis sur son trône, juge les nations ; des anges l'assistent en montrant les instruments de la Passion. Dans tous les cordons de la voussure et sur le tympan voisin, on a traduit, verset par verset, le livre prophétique de saint Jean et la légende de cet apôtre : ses avis aux sept églises, l'ouverture des sept sceaux, l'enfer, le puits de l'abîme, etc. Le long des parois, les grandes statues figurent : à dr., les Patriarches; à g., les Apôtres. Au linteau, Y Histoire de saint Paul; aux chambranles, les Anges, les Vices et les Vertus. Tout cet ensemble est parfaitement sculpté, admirablement conservé.

« Au premier étage, la grande rose, l'une des plus belles que l'on connaisse, remplit tout le centre. Deux contre-forts la séparent des fenêtres latérales. Celte rose est inscrite dans une arcade ogivale remplie de sujets sculptés. Dans les contre-forts Jésus- Christ en pèlerin, la sainte Viergey saint Pierre, saint Paul, saint Jean, saint Jacques le Majeur. Aux deux côtés de la rosace, David et Saûl; dans l'arcade, V Histoire de David et de Salomon, ancêtres de la Vierge, à laquelle sont dédiés le portail et la rose elle-même. Au-dessus, David et Goliath.

« Le deuxième étage est rempli par une série de niches ogivales, abritant chacune un personnage de taille gigantesque. Les sept statues du milieu

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figurent le Baptême de Clovis; les autres, les rois de France.

« Les tours sont flanquées de quatre tourelles à jour dans Tune desquelles a été construit l'escalier qui conduit a leur sommet. Cet étage léger, svelte, sans aucun contre-fort, a une très-grande hauteur. Le sommet atteint 81 met. 50 cent, d'élévation.

Des flèches, commencées jusqu'à une hauteur de 2 met. 50 cent., devaient s'élancer beaucoup plus haut. Si elles eussent été terminées, la hauteur totale des clochers eût été d'environ 120 met. » La tour du S. renferme deux bourdons ; le plus gros, don du cardinal de Lorraine, fut fondu en 1570 et p'se 11500 kilogr. Le second, béni par le cardinal Gousset en 1849, pèse 7500 kilogr. et a été fondu par M. Bollée, du Mans.

La porte centrale du transsept N. , divisée par un trumeau, est ornée des statues des principaux évêques de Reims, et de celles de Clovis et de sainte Eutrope. Le tympan est consacré à Vhistoire de saint Nicaise et de saint Remi. La porte latérale de g.

représente, dans le tympan, le Jugement dernier; le sujet est traité avec vigueur. Parmi les statues de cette belle porte, celle du Christ bénissant, qui est connue sous le nom du Beau- Dieu, est vraiment admirable. Dans l'encadrement de la rose, sont figurés Adam et Ève, statues d'une grandeur colossale, et, en petites figures, la Création, la Chute, le Meurtre d'Abel, l'Invention des premiers métiers. Audessus, une galerie de sept statues représente des prophètes. Le couronnement ne date que du xvi* s. et figure V Annonciation.

Au bas de la rose du transsept S.f qui est iiussi fort belle, on voit les statues de V Église et de la. Synagogue. Autour de la rose apparaissent les Prophètes et lés Apôtres, et, au fronton, couronné par un sagittaire, V Assomption.

Le clocher de l'Ange, sur le chœur, est une élégante pyramide de bois et

de plomb, haute de 18 mèt., reconstruite vingt ans environ après l'incendie du clocher duxnt* s., qui s'élevait au môme endroit. Cette flèche est entourée, «à sa base, de huit statues gigantesques, dans l'attitude du supplice. Elle doit son nom à un ange en cuivre, haut de 2 mèt., qui la couronnait et qui a été enlevé en 1861.

La cathédrale de Reims a 138 mèt.

70 cent, de longueur sur 30 mèt. 13 cent, de largeur et 49 mèt. 45 cent, au transsept. La hauteur des grandes voûtes est de 38 mèt. La nef comprend 8 travées, outre celle de la façade; le transsept, dont la saillie sur les collatéraux est d'une travée, est lui-même accompagné de bas côtés. Cinq chapelles rayonnantes, circulaires dans le soubassement, à pans coupés à partir de l'appui des fenêtres, entourent le chœur. Un triforium règne au-dessus des bas côtés.

Les chapiteaux des grosses colonnes, cantonnées de colonnettes, qui soutiennent les arcades de la nef, présentent une flore variée, traitée avec luxe et imitée de la nature. Toutes les fenêtres, grandes et petites, sont divisées par un seul meneau. Des statues d'anges s'abritent sous les dais qui couronnent les contre-forts, à la naissance des arcs -boutants.

La cathédrale de Reims possède encore de beaux vitraux du xm* s. Les riches verrières du chœur représentent chacune quatre personnages :

deux rois de France et deux archevêques de Reims. « Sur la rose du midi, à la croisée, dit M. Ed. de Barthélémy (Guide du chemin de fer d'Êpemay à Reims), on voit représentés les douze Apôtres avec leurs attributs, dans des médaillons distribués autour de cette rose, au centre de laquelle le Père Éternel est peint sous les traits et les attributs de Jupiter. Ce rapprochement bizarre est dû au mélange assez ordinaire que l'on faisait du sacré et du profane au xvi* s. Dans l'un des angles de cette rose, on lit sur une petite vitre le nom et

la date suivants : « Nicolas Derhodé, 1581. » C'est le nom du peintre-verrier qui a fait cette rose. Celle qui est du côté du N., au-dessus de l'orgue, n'est pas moins belle. On y a représenté, dans des médaillons, les douze signes du Zodiaque*. Mais rien n'égale la richesse et la magnificence de la rose du portail, de la galerie vitrée placée au-dessous, et de la petite rose placée dans* l'enfoncement au-dessous de celle dont nous venons de parler. La réunion de ces différents vitraux produit un effet admirable, et l'aspect en est ravissant lorsque, placé au centre de la nef, on en considère l'ensemble au moment du coucher du soleil. »>

Les statues ont été prodiguées à l'intérieur comme à l'extérieur de la cathédrale. On en compte 122 au pourtour des portes seulement (54 pour la grande et 34 pour chacune des deux autres) ; il y faut ajouter le martyre de saint Nicaise, qui couronne le pourtour de la porte du milieu.

Dans le collatéral dr. de la nef, se voyait autrefois le cénotaphe de Jovinus, général de cavalerie et d'infanterie romaine. Ce tombeau, qui était à Saint-Nicaise avant la démolition de cette église, est depuis 18G6 au musée archéologique (F. ci-dessous, p. 644).

Le chœur, divisé en deux parties, est entouré de sept chapelles. Une des plus belles est la première à g.; on l'appelait autrefois la chapelle de Saint-Lait; c'est maintenant la chapelle de la Vierge. — On voit, au-dessus de la sacristie, une curieuse horloge en bois peint, qu'on appelle horloge du chœur, parce qu'elle sert à régler la division des offices. Les heures sont frappées par deux anges armés de marteaux, pendant qu'un troisième, placé au sommet, tourne successivement la tête du côté de l'ange qui vient de frapper la cloche. En môme temps, douze figures, placées sur une espèce de plateau, suivent les mouvements de la grande roue qui marque la division des heures. Un globe creux fi-

gure la lune et indique les différentes révolutions de cet astre. — Au-dessus de cette horloge est une grille élégante du xiv* s.

L'orgue est à g., vis-à-vis du sanctuaire. Construit en 1481, par Oudin Hestre, réparé èn 1647 une première fois, et enfin par M. John Abbey en 1849, il n'a conservé de l'ancien buffet que la galerie inférieure. Il repose aujourd'hui sur un encorbellement dont les sculptures sont du style ogival flamboyant; trois statues colossales le couronnent : le Christ au sommet, et, aux côtés du Christ, deux anges assis, sonnant de la trompette.

L'instrument se compose de 3516 tuyaux et de 53 registres. On le regarde comme un chef-d'œuvre en ce genre.

Parmi les tableaux qui décorent Notre-Dame de Reims, nous citerons en première ligne : Jésus-Christ apparaissant à la Madeleine, généralement attribué au Titien ; - la Nativité de Jésus-Christ, par le Tintoret;

— le Lavement des pieds, par Jérôme Mutiano ; — le Christ aux Anges, par Thaddéc Zuccharo; — la Manne dans le désert, par N. Poussin : un des beaux ouvrages de ce maître; — Jésus- Christ expirant sur la croix, par Germain, de Reims; — le Baptême de Clovis, par Abel de Pujol, etc., etc.

Nous mentionnerons ensuite les tapisseries données en 1530 par Robert de Lenoncourt ; elles sont au nombre de quatorze, et les sujets qui y sont représentés se trouvent rappelés au bas de chacune (relies, dans une légende rimée ; voici ces sujets, d'après M. Ed. de Barthélémy :

1° V Intérieur du temple de Salomon;

— 2° VAnge annonçant la naissance de la Vierge; — 3° la Généalogie de Marie; — 4° la Naissance de Marie;

— 5° Travaux manuels de Marie ; — 6° Marie épouse saint Joseph; — 7° V Annonciation ; — 8° la Naissance du Sauveur; — 9" 1rs Trois Maries;

— tOn V Adoration des Mages ,— î V la

DE PARIS

Présentation de Jésus au temple; — 12° la Fuite en Égxjpte; — 13° ta Mort de la sainte Vierge ; — 14° le Couronnement de la sainte Vierge.

La collection des tapisseries du fort roi Cl o vis, donnée en 1670 par le cardinal de Lorraine, se composait autrefois de six pièces; il n'en reste que deuxet quelques fragments d'une troisième. « On ne sait, dit M. L. Paris, (Toiles peintes), ce que l'on doit le plus étudier de l'origiualité des figures, de la forme et de la soînptuosité des vêtements, du brillant et de la variété des armures, de l'éclat et de la vivacité des couleurs, ou bien de la vie et du mouvement dont l'artiste a su animer sa composition ; c'est un tableau admirable, où le génie militaire du xvc s. semble revivre tout entier. » Cet éloge s'applique à la première des tapisseries du fort roi Clovis, qui a été heureusement conservée entière à Notre-Dame.

Les tapisseries de Pepersack.

donuées en 1640, par l'archevêque Henri de Lorraine, ne sont plus qu'au nombre de douze grandes et de sept petites «Les tapisseries de Pepersack, dit l'auteur que nous venons de citer, sont estimables à plus d'un titre ; la composition en est sage et sévère, et, à l'exception de quelques imperfections dans un petit nombre de figures, on peut dire qu'elles sont généralement remarquables par un dessin pur et correct, une exécution noble et ferme, qui, sans doute, n'a plus rien de commun avec le style des tapisseries du xve s., mais qui, par le type des physionomies, la grAce des poses et l'ampleur des vêtements, rappelle assez naturellement l'école de Van Dyck, et fait pressentir Raphaël, dont ce Pepersack était compatriote. »

Quatre tapisseries, dites des Cantiques, sont remarquables par la beauté du travail ; elles représentent les Scènrs de la Jeunesse de Louis XI V, sous l'emblème de Y Épouse des Cantiques,

Deux magnifiques tapisseries des 1

Gobelins, accordées par le gouvernement, le 29 novembre 1848, sont les copies de deux chefs-d'œuvre conservés à Rome et exécutés sur les dessins de Raphaël; la première représente Saint Paul à Lystre, avec saint Barnabé, et la seconde, Saint Paul à V Aréopage.

Le trésor renferme de précieux ouvrages d'orfèvrerie : le reliquaire de Sanson, du xne s., ayant la forme d'un petit monument dont le style tient le milieu entre le roman et le gothique; — le reliquaire de saint Pierre et de saint Paul, du xiv# s., précieux morceau de l'art gothique, représentant un monument d'architecture; — le reliquaire du Saint- Sépulcre , du xvT s. , donné par Henri II le jour où il fut sacré; — le vaisseau de sainte Ursule, précieux don de Henri III, représentant un vaisseau garni de tous ses agrès; dans le vaisseau on aperçoit onze vierges, dont cinq sont en argent et six en or émaillé ; la coque du vaisseau est formée d'une cornaline du Japon; — • le reliquaire des antiques, dont on ignore l'origine ; — le reliquaire de saint Sixte et de saint Sinice, boîte en forme de rose ; — le reliquaire de la Sainte-Épine, en cristal taillé; — une croix en cristal de roche, ayant appartenu au cardinal de Lorraine ;

— une croix byzantine très-curieuse;

— un ostensoir du xm" s. ; — un ostensoir antique, ayant la forme d'une petite croix ; — un superbe calice d'or (xn* s.) dit de saint Remi, apporté* à Paris en 1792, restitué par Napoléon III en 1861; — un Christ en ivoire, d'un beau travail; — le bâton de saint Gibrien, beau fragment d'une crosse du xn* s. dont l'autre partie est conservée dans le cabinet de M. E.

Clicquot, de Reims; — le reliquaire de la sainte Ampoule, fait pour le sacre de Charles X, et qui renferme les débris de l'antique et sainte Ampoule brisée pendant la Révolution et le nouveau vase de cristal qui les contient; — tes vases et objets d'or-

févrerie et les ornements du sacre de Charles X ; — des ornements du temps de Louis XIII, de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI ; — un mantel rouge antique (forme xme s.); — le peigne liturgique de saint Bernard (xuc s.); — les ornements épiscopaux du cardinal Gousset, etc.

Nous compléterons, autant que possible, notre nomenclature en mentionnant : de belles menuiseries; — les grilles du chœur, dessinées par M. Mazois, exécutées de 1826 à 1832 par MM. Grandidier et Du verger, de Keims; — les urnes en or, contenant les cœurs des cardinaux de Lorraine et du cardidal Gousset ; — de nombreuses pierres tumulaires dont les mieux conservées sont celles du chanoine Pegorare et du chanoine Panthouf, dans l'enceinte dite du cardinal , et celle de Hugues Libergier, architecte de Saint-Nicaise, dans l'cnceinte de la chapelle Saint-Jean.

Saint-Remi est la plus ancienne des églises de Reims et la plus remarquable du diocèse après la cathédrale ; son vaisseau est même plus beau à l'intérieur. Ce n'était d'abord qu'une chapelle dédiée à saint Christophe. Le corps de saint Remi y ayant été déposé en Tan 600, elle changea de nom et prit celui de ce saint. Une nouvelle église fut bâtie par Tilpin et Hincmar. Airard/abbé de Saint-Remi, en commença une troisième en 1015; mais son plan, trop vaste, ne put être exécuté. L'ouvrage commencé fut démoli, et Thierry jeta, en 1041, les fondements de l'église actuelle qui fut consacrée en 1049 , le jour de la Saint - Michel , par le pape Léon IX.

Pierre de Celles bâtit en 1 162 le rondpoint, le portail et les deux clochers. Sous Jean Canart, en 1388, on couvrit de plomb la toiture, et le polit clocher fut construit. Enfin , l'archevêque Robert de Lénoncourt éleva le transsept S. en 1481. La longueur de l'édifice est de 110 met. ; sa largeur est de 24 met. , et sa hauteur est à peu près égale à sa largeur.

La façade, fort large, est d'une ordonnance tout à fait particulière. Trois portes et deux fenêtres forment le rez-de-chaussée; cinq fenêtres occupent le premier étage ; une rose trèssimple, entourée d'arcatures, s'ouvre au deuxième étage. Tous les arcs sont en ogive, excepté ceux des clochers.

Les clochers ajoutent encore à la largeur de la façade : ils paraissent un peu plus anciens et sont couronnés de flèches en charpente.

La nef, dont les bas côtés sont surmontés de tribunes, date du xie s. et possède des fragments plus anciens.

Les piliers datent du \* s. , d'après M. Viollet-le-Duc. Les collatéraux et les galeries étaient primitivement voûtés en berceau perpendiculairement à la nef. Le transsept N. possède des fragments antiques. Le transsept S., du style ogival flamboyant, est percé d'un beau portail surmonté d'une rose. Dans le chœur, toutes les ouvertures sont en ogive ; les galeries sont surmontées d'un triforium. Chacune des cinq chapelles absidiales s'ouvre sur le déambulatoire par trois arcades très-légères d'un bel effet. A l'extérieur du chœur, on voit un des premiers exemples d'arcs-boutants. La partie supérieure du quart de cercle est soutenue par une colonne cannelée. Dans d'autres parties de l'église , surtout à la façade, on remarque d'autres colonnes pareillement cannelées.

Les magnifiques vitraux de l'abside datent du commencement du xm* s.

Ils sont au nombre de 33, disposés dans les 1 1 fenêtres du clérestory. Chaque vitrail est divisé en deux parties dans le sens vertical : le personnage supérieur est un Bienheureux ; le personnage inférieur, un évêque de Reims. La clôture du chœur date de la Renaissance.

Saint-Remi renfermait autrefois de grandes richesses et de précieux monuments; presque tout a été dévasté pendant la Révolution. 11 ne restait de l'ancien mausolée de saint Remi que

DE PARIS A REIMS

douze statues représentant les douze pairs de France , et le groupe du ( saint; ces sculptures, en marbre blanc et d'une belle exécution , ont ' fait partie d'un nouveau mausolée, érigé en 1803 et placé dans le chœur, derrière le grand autel; le tombeau .

que l'on voit aujourd'hui est tout à .

fait moderne; il date de 1847. Des' pavés incrustés, représentant des scènes de l'Ancien Testament, des émaux de Landin , de Limoges, dix tapisseries où sont retracés divers épisodes de la vie de saint Remi , et quelques tableaux , composent aujourd'hui, avec ce mausolée, toutes les richesses de cette belle église, où se conservaient autrefois la sainte Ampoule et le bâton pastoral de saint Remi.

Au milieu du xvi* s. , il existait à Saint-Remi un usage bizarre, la procession du hareng. « Le mercredi saint, dit M. Géruzez, après les ténèbres, tout le clergé de la cathédrale allait faire une station dans l'église Saint-Remi. Précédés de la croix, les chanoines, rangés sur deux files, comme dans les processions ordinaires, traînaient derrière eux un hareng attaché à une corde.... Chaque chanoine s'efforçait de marcher sur le hareng de celui qui le précédait, et n'oubliait rien pour empêcher celui qui le suivait de marcher sur le sien.»

Saint- Jacques date de la fin du xii- s. ; on y reconnaît quatre époques. Le chœur, élevé en 1548, appartient à la Renaissance. Le campanile n'est pas sans mérite. On remarque près de la voûte, entre le chœur et la nef, un crucifix, de Pierre Jacques, sculpteur rémois du temps d'Henri IV; ce crucifix est regardé comme un cherd'œuvre au point de vue du dessin anatomique. On voit aussi dans la même église un tableau, le Mystère de la Sainte Trinité, qui passe pour être une œuvre du Guide.

Saint-Maurice possède quelques tableaux estimés, entre autres une Sativité, par Tisserant , et une Ré-

surrection de Lazare, par Jean-Baptiste Corneille. Le portail de cette église , qui datait de l'époque romane, vient d'être reconstruit. La chapelle de la Vierge, du style ogival fleuri, n'est pas sans intérêt pour les connaisseurs. Dans la muraille, à l'extrémité du bas côté g., est enchâssée une croix grecque en pierre, que l'on considère comme de la même époque que le portail primitif; elle porte cette inscription :

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