DE FÉCAMP A SAINT- VALERY, ETC. [ROUTE
fondéo au xii* s. (1169 ou 1169), était admirablement située, à l'extrémitc du bourg, à l’entrée d’une gracieuse vallée, prés d’une source abondante, au pied d’une colline boisée et en face du château, Elle a subsisté pendant 620 ans, souvent pillée par les Anglais, saccagée, incendiée en 1671 par les protestants et les Ligueurs. Les bâtiments du monastère, rebâtis au xvji* s., ont été transformés eu une habitation moderne entourée d’un charmant jardin. L’hôtel do la gendarmerie a été construit aussi sur une des dépendances de l’abbaye. Les belles ruines de l’église abbatiale (la nef tomba d’elle-même, vers 1 730, et le cloître la suivit de près), sont conservées avec un soin religieux par le propriétaire actuel toujours empressé d’accorder aux étrangers, qui la demandent, la permission de les visiter (pourboire). Elles se composent des bas côtés, d’une grande partie du chœur et d'une magnifique chapelle dédiée à la Vierge. « A la place de la voûte écroulée de la nef, dit M. Labutte , quelques arbres vigoureux étendent, par-dessus les murailles latérales, leurs grands rameaux verdoyants, et forment â l’édilice un toit où chantent et s'abritent les oiseaux du ciel. » La partie la plus importante des ruines de cette église est le chœur, joli monument de la Renaissance, qui se compose encore, de chaque côté, de quatre arcades circulaires, supportées par des colonnes doriques. « Le rond-point du sanctuaire, dit M. l’abbé Cochet, est formé de cinq arcades plus petites, mais semblables dans les travées inférieures; on remarque encore les murs de clôture contre lesquels étaient adossées les stalles. » Au second rang règne une charmante galerie de colonnettes ioniques, du plus gracieux effet.
Cette galerie ou claire-voie n'existe plus que du côté N. Au S., les colonnes ont été descendues par l'ancien propriétaire qui a eu le courage d’y établir un affreux hangar. Une
allée faisait le tour du chœur autour duquel rayonnaient huit chapelles.
La chapelle de la Vierge, appelée aussi chapelle de Six heures, et séparée des ruines par un mur formé de pierres prises dans les débris de 16difice, a conservé de jolies verrières représentant la Visitation , la Naissance de Jésus, la Naissance de la Vierge, l’ Adoration des Bergers, la Mort de la Vierge, etc., et un magnifique retable en terre, attribué à Germain Pilon et figurant l'Annonciation de la Vierge. L'ensemble de ce retable est très-beau; quant aux détails, ils reproduisent tout l’ameublement de la chambre de la mère du Christ : une table, une chaise, un rouet, les outils épars, la laine ouvrée, un établi de menuiserie, etc.
— Cette curieuse chapelle renferme aussi les tombeaux gothiques des sires d’Eslouteville , remarquables par l’élégance de leur style. L’un est celui de Nicolas d’Estouteville, le fondateur de l’abbaye, dont la statue est couchée sur une table de marbre blanc. Les armes du mort sont à ses côtés. Sa tête repose sur un riche coussin ; ses pieds s’appuient sur le dos d’un lion accroupi. Au-dessous de la table qui porte la statue, trois ogives, délicatement sculptées, et couronnées par une élégante balustrade en pierre, encadrent, celle de g., la statue de saint Benoît, fondateur du monastère, celle de dr., la Vierge tenant Jésus dans ses bras, et celle du milieu deux lions soutenant l’écu du défunt.
— L’autre tombeau est celui de Jacques d'Estouteville, décédé le 12 mars 1490. La statue du défunt est étendue sur une dalle de marbre noir, à côté de sa femme, Louise d'Albret, morte en 1494. Ces deux figures sont en bel albâtre ainsi que la base du mausolée et ses ornements gothiques, parmi lesquels on distingue six statues de saints et plusieurs statuettes très-bien exécutées. La tète nue de Jpcques d’Estouteville est couchée sur un oreiller garni de glands ; ses
[route 9] l’abbaye de valmont. — grémon ville. 139
pieds reposent sur un lion. 8a femme est représentée, la tête couverte d’un voile et posée sur un oreiller; ses pieds s’appuient sur un bélier. — La chapelle de la Vierge est en partie pavée de pierres tombales; ses voûtes, trop chargées d’ornements, se font remarquer par l’abondance et la richesse de leurs sculptures.
A 3 kil. de Valmont, au S. O., sur le plateau, se trouve le ham. de Fiquainville, dans le château duquel Cuvier se livra, pendant la Révolution, à scs premiers travaux sur l’histoire naturelle. Il était professeur des enfants d'Héricy.
De Valmont à Àlvimare, R. 41.
Laissant à dr. la route d’Ourville, on gravit le coteau boisé au pied duquel est bâtie l’abbaye, pour s’élever sur un plateau oû se trouve, à g., Thérouldeville , v. de 773 hab., dont l’église du xvi* s., (tour carrée), renferme un chœur de la même époque, décoré de belles verrières.
15 kil. Gerponrüle, y. de 679 hab.
[Gerponville est traversé par un chemin qui met Ourville (4 kil., sur la dr., R. 41) en communication directe avec les Petites-Dalles (Y. cidessus, A.). Ce chemin, passant par (2 kil.) Theuville-aux-Maülots, 907 hab. (château du xvii* s., aux élégantes tourelles), croise (4 kil.) la route de Fécamp à Saint-Valéry décrite ci-dessus, et gagne (10 kil.) les Petites-Dalles par Sassetot ( F. p . 1 34) ] .
17 kil. Bertheauville , v. de 342 hab. , situé sur la lisière d’un vallon boisé qui débouche dans celui de la Durdent. — Berlreville, v. de 271 hab., qui se montre à g., possède une église du xvic s., remaniée au xvm' s. (tabernacle en bois de la Renaissance; jolie statue de sainte Barbe, sculptée au xvic s.). — Un peu plus loin, au ham. de llocqueville, on croise un chemin qui relie la vallée de la Durdent à la route de Fécamp à Dieppe, par Saint-Valory-en-Caux
(3 kil. de Grainville-la-Teinturièrc.
— 8 kil. Pont-Rouge et la mer. — 8 kil., à g., St-Martin-aux-Bunaux).
On commence à descendre dans la jolie vallée boisée de la Durdent, avant de rejoindre la route directe, décrite ci-dessus, A, à 1 kil. de
23 kil. Cany. (K. ci-dessus, A).
11 kil. de Cany à Saint-Valery-en- Caux. (F. ci-dessus, A).
34 kil.Saint-Valery-en-Caux (II. 9).