ROUTE 45] QUILLEBŒUF
9 kil. Sainte - Opportune , v. de 381 précipitent avec fureur dans le lit du hab., situé à 124 met. En descendant fleuve, dont ils refoulent les eaux, à g. (au milieu du village), dans un Un bruit sourd se fait entendre à la petit bois, on découvre une belle vue distance de deux lieues. L’effroi se sur les Marais-Vernier. répand sur les deux bords de la Seine
Au hameau de la Mare se voient et le cri de la barre! la barre! deles restes d’un château flanqué de vient un cri d’alarme pour le riverain tours. — La route descend très-rapi- qui voit le flot menacer son habitadement jusqu’à tion et ses champs. Cette barre re-
16 kil. Quillebceuf, petite V. de monte jusqu’à Rouen où elle a quel- 1449hab.,bâtieà27mèt.d’altit.,surla quefois assez de force pour que les « rive g. de la Seine. Ancienne capi- navires trop voisins les uns des autale du pays Roumois, qui formait une très s’entre-cboquent en brisant leurs des subdivisions primitives de la Nor- amarres. Elle est sensible jusqu’à mandie, la ville de Quillebceuf fut Pont-de-l’Arche. Dans sa course, le octroyée à l’abbaye de Jumiéges par phénomène dévastateur dégrade le Guillaume Longue-Épée, duc de Nor- rivage, enlève tout ce qu’il renconmandie. Henri IV l’agrandit, l’en- tre, et porte au loin sur les terres toura de fortifications et voulut lui basses un gravier et un limon stéridonner son nom, celui d’Henrique- les; il a successivement détruit les ville. Il avait l’intention d’en faire le digues les mieux cimentées qu’on point principal de défense du cours avait essayé de lui opposer. » delà Seine ; il lui concéda le privilège Le quai de Quillebœuf, prolongé du pilotage du fleuve qu’elle possède depuis quelques années, sur une assez encore. Marie de Médicis fit raser les grande étendue, porte un phare de fortifications. Le maréchal d’Ancre, 4* ordre et de 10 milles de portée, qui était gouverneur de Quillebœuf, L’église, dédiée à Notre-Dame-devoulut les relever, pour s’y défendre Bon- Port, a conservé quelques parun jour; mais il fut assassiné avant ties du xr s. Le portail (mon. hist.) d’avoir pu réaliser ce projet. On voyait est surtout intéressant. Le clocher et encore récemment les traces des tran- sa tourelle se font remarquer par leur ehées du maréchal. ornementation. Les fenêtres ogivales
Leportde Quillebœuf a une certaine du chœur sont ornées de verrières importance, parce que les navires, en dont la plus curieuse représente une descendant de Rouen, sont forcés de Procession de la Confrérie de la Chas’y arrêter; c’est, en outre, la plus rité, à l’époque d’Henri IV, avec les considérable des stations de pilotes costumes du temps, établies sur la Seine. Qui ne connaît l’histoire du Télé-*
C’est à Quillebœuf que la barre moque, ce vaisseau mystérieux, qui atteint sa plus furieuse énergie. « Lors- périt le 5 janvier 1790 à Quillebœuf, que la marée monte, dit Ch. Nodier, en face du magasin de sauvetage? On aux équinoxes et aux époques des crut longtemps qu’il avait été chargé pleines et nouvelles lunes, et qu’elle d’argent, d’or, de trésors à millions, est favorisée par un fort vent d’O., le par le roi Louis XVI. Les trésors du lit du fleuve se remplit d’une masse Télémaque étaient devenus une léd’eau qui a quelquefois vingt pieds gende et un appât. En 1843, après d’élévation, et qui s’avance avec une diverses tentatives, d’abord inutiles, rapidité que le galop d’un cheval peut mais renouvelées avec opiniâtreté, on à peine surpasser. Cette montagne hu- parvint à soulever le navire fabuleux mide se nomme la Barre. Les Ilots de de sa souille; on ne trouva guère, la mer qui monte, en arrivant à Quil- pour toute épave, dans ses flancs lebœuf, s’enflent, s'amoncellent ç\ se pourris, que de? bois de construction, J?R, KPMUNPIB. J 7