ROUTE 46] LA MAILLERAYE. — NANTERRE
voûté, n’offre aucun intérêt. — Guerbaville doit son second nom au château de la Mailleraye, dont les terrasses dominaient la rive g. de la Seine. Ce château compta, parmi ses possesseurs, les de Moy, les Fabert, les d’Harcourt, les Nagu et les Mortemart; il reçut la visite des rois Charles Vil, Louis XI, François I"et Louis XVI ; il fut habité par Mlle de la Vatlière et la comtesse d'Houdetot.
La bienfaisance de Mme la marquise de Nagu y a laissé d’impérissables souvenirs. Ce beau château a été démoli et son magnifique parc coupé.
Un bac a été établi sur la Seine à Guerbaville - la - Mailleraye (auberge médiocre), situé à 7 kil. de Caudebec.
De la Mailleraye à Rouen et au Havre, par la Seine, R. 43.
21 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 48 min. — tr* cl. 1 fr. 50 c.; 2e cl. 1 fr. 25 c. — Embarcadère, rue Saint-Lazare, 124. — Les bureaux de distribution des billets sont situés en face du péristyle. Un escalier, qui s'ouvre à côté des bureaux à g., conduit aux salles d'attente.
Le chemin de fer de Saint-Germain se détache à g. de la grande ligne qui dessert Mantes, Rouen, le Havre, Dieppe, Caen, Cherbourg, Saint- Lô, etc., un peu au delà du viaduc sur lequel passe la route de Courbevoie à Argenteuil, entre Asnières et Nanterre (R. 1). On aperçoit, à dr., Bezons et Carrières -Saint- Denis (R. 1) ; à g., le Mont-Valérien, Nanterre, Rueil et Bougival.
12 kil. Nanterre (hôtel Mercier), b. de 3649 hab., situé à g. de la station , au pied d’un coteau couvert de vignes et dominé au S. par les vastes bâtiments qui couronnent le Mont Valérie n. Saint Germain, évêque d’Auxerre, envoyé dans la Grande- Bretagne, et cherchant à gagner un port de mer, passa par Nanterre et
« y discerna, dit l’abbé Lebœuf, la fille de Sévère, habitant de ce lieu, parmi la multitude de personnes qui s’étaient assemblées pour le voir avec saint Loup, évêque de Troyes. H la fit approcher, la mena à l’église, où il récita les prières de nones et de vêpres, et, le lendemain, il lui fit déclarer, ainsi qu’elle le lui avait promis la veille, qu’elle désirait embrasser l’insiitut des vierges chrétiennes. Il l’affermit dans cette résolution, et lui donna une pièce de cuivre où était gravée la figure de la croix, lui disant de la porter à son cou, au lieu de ces colliers que les filles mondaines portaient. »
Dans la principale rue du bourg, on peut lire , au bas d’une enseigne de sage-femme, appendueàla façade de la maison dans laquelle naquit, diton, la pataonnede Paris, la date de la naissance de sainte Geneviève (422).
Près de l’église s’ouvre le jardin du presbytère situé tout à côté de la maison dont nous venons de parler et à l’entrée duquel se voit le puits de sainte Geneviève. La mère de la sainte, étant menacée de perdre la vue, lui dit d’aller puiser de l’eau à un puits voisin de leur habitation en demandant à Dieu sa guérison et les prières de la jeune vierge 'furent exaucées. A dater de cette époque l’eau de ce puits a conservé, dit-on’ ses vertus miraculeuses. Vingt ou trente mille pèlerins viennent encore chaque année en chercher pour se guérir. Le 3 janvier 1536, la reine xnne d’Autriche en but, dans l’espoir de devenir mère. Les malades, qui désirent emporter de l’eau miraculeuse , trouvent à acheter de petites bouteilles dans le jardin du presbytère. Le curé a fait bâtir à ôté du puits une espèce de petite chapel'e ornée d’une statue de sainte Geneviève. Du jardin, on peut descendre dans un caveau qui servait autrefois, dit-on, de cave à la maison de sainte Geneviève et dans lequel est établi un petit oratoire.
L 'église, édifice du xnr s. , défigurée par des restaurations successives, offre extérieurement peu d’intérêt.
Malgré les nombreux travaux de consolidation dont elle a été l’objet, dans ces dernières années, quelques-unes de ses parties, notamment la tour, menacent encore ruine. La chapelle dédiée à sainte Geneviève est ornée d’un nombre considérable d’exvoto en cire (peintures, dessins, etc.). On remarque aussi , dans cette église :
un petit monument élevé à la mémoire de Charles le Roy, horloger du roi, mort en 1771 ; une ancienne bannière représentant saint Maurice et sainte Geneviève (ils sont aussi figurés sur le vitrail du chœur) et un grand tableau [saint Joseph couronné par des anges) donné par le roi à Mme la marquise de Rochegude. On conserve, dans la sacristie, des reliques de saint Maurice et de sainte Geneviève.
Les gâteaux de Nanterre ont dû leur origine aux pèlerinages continuels qui avaient lieu autrefois à la chapelle de Sainte-Geneviève. Il s’en vendait, il y a quelques années, pour 500000 fr. par an.
Le couronnement d’une rosière a lieu tous les ans, le jour de la Pentecôte, avec une grande pompe et au milieu d’un immense concours de curieux accourus de toutes parts, pour assister à cette cérémonie dont l’origine remonte à une époque trèsreculée.
Le bourg de Nanterre a été fortifié; on voit encore çà et là des débris de ses anciennes murailles, remplacées par des boulevards.
De Nanterre on peut monter en 30 min. au Mont-Yalérien , situé sur la rive g. de la Seine, à 162 mèt. d altitude (belle vue).
La route de terre qui relie Nanterre à Rueil (2 kil.) longe la base du Mont-Valérien. On aperçoit : à g., des coteaux couverts de vignes, sur l’un desquels s’élève un moulin à vent pittoresque; devant soi, le clocher de
Rueil, les collines boisées qui dominent Marly et Bougival; enfin, le gigantesque aqueduc de Marly.
Entre Nanterre et Rueil le chemin de fer passe du départ, de la Seine dans celui de Seine-et-Oise.
14 kil. Rueil, V. de 6489 hab., est située au pied d’une colline plantée de vignes, sur la route de Paris à Saint- Germain, à 1 kil. de la station de ce nom. Une route bordée d’arbres y conduit de la station, presque en ligne droite.
Un chemin de fer américain, partant de la station de Rueil, dessert (t kil.) Rueil (t™ Cl., 15 c.; 2« cl., 10 C.; 3' Cl., 5 C-); — (2 kil.) la Malmaison (semaine: i'« cl., 20 c.; 2' cl., 15 c.; 3e cl., io c.; dimanches et fêtes : 20 c. et 15 c.); — (3 kil.) Bougival (semaine : lre cl. , 45 c.; 2' cl., 30 c.; 3e cl., 25 c.; dimanches et fêtes : !»• cl., 50 c.; 2' et., 40 c.; 3' cl., 35 C.); — (6 kil.) Port-Marly (semaine : 1'* cl., 65 c.; 2* cl., 45 c.; 3* cl., 35 c.; dimanches et fêtes : tr* Cl., 70 C ; 2e Cl., 55 C.; 3* cl., 50 C.). .
Si l’on doit en croire Grégoire de Tours, Rueil fut un des lieux de plaisance des rois de la deuxième race .- il s'appelait alors Rntolajum, Rotolagensis, ou Rotaialensis Villa. Dans le IX' s., on la nommait Riolivm ou Ruoilum ; au xin* s., Ruellium, d’où est venu Rueil. Le cardinal de Richelieu écrivait Rutl, mais Rueil a prévalu depuis 1768. Le fondateur de Rueil est inconnu. Nous savons seulement que Childebert Ier, fils de Clovis, est le premier des rois Francs dont les chroniques constatent le séjour à Rueil. Sous Charles le Chauve, la châtellenie de Rueil passa en la possession des moines de Saint-Denis qui la gardèrent pendant de longues années.
Rueil, incendié par le princ e Noir, en 1346, répara lentement les traces de ce désastre, et ce n’était guère qu’un village sans importance, lorsque Richelieu s'y fit construire un château entouré de fossés profonds et d'un parc immense Le célèbre P. Joseph mourut dans ce château, le 18 décembre 1638. Richelieu légua à la duchesse d’Aiguillon, sa nièce. la propriété de Rueil, qui excita un moment la convoitise de Louis XIV. Le château fut vendu par un des héritiers de la duchesse d'Aiguillon à un spéculateur qui le dépeça. En 1793, la nation s’empara de ses derniers débris; plus fard, Masséna l’acheta