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ROUTE 47] MARLY-LE-ROI. — MONTE-CRISTO

M. Victorien Surdon, château de M.le marquis de Louvencourt, château de l’abbé Sieyès (à M. Guérin), jouissant de beaux points de vue , mais offrant un aspect désert et mélancolique. Il ne mériterait pas une visite, s’il ne se trouvait à l’une des portes de la belle forêt à laquelle il donne son nom, et surtout s’il n’avait pas possédé jadis un château royal aujourd'hui détruit.

On peut du reste se rendre de Paris à Marly-lg-Roi par plusieurs chemins.

— Le plus direct quand on vient de Paris est la route de Saint-Germain.

Six fois par jour, les voyageurs que les chemins de fer de Saint-Germain et de Rûeil ont amenés à Port-Marly trouvent dans ce village jin omnibus qui les monte à Mari y en 15 min.

pour 20 cent. Cet omnibus suit la route de Saint-Germain à Versailles (R. 47), mais il prend la bifurcation de droite, qu’il quitte près de l’abreuvoir pour monter à droite, par une avenue récemment replantée, le long de l’ancien mur du parc royal, jusqu’au haut du village.

On peut aussi, si l’on aime à marcher et si l’on veut faire une agréable promenade, quitter la voiture du chemin de feç de Rueil soit à Bougival, soit à la machine de Marly, et monter à l’aqueduc de Marly (30 m. par Louveciennes, 20 m. par Voisins), à l’extrémité duquel ( 10 à 15 m.) s’ouvre la grille Royale.

Marly est un bourg fort ancien, car il se trouve mentionné, à en croire certains historiens, dans une charte du roi Thierry, datée de 678.

On l’appelait alors Marlacum. Le premier de ses seigneurs dont l’histoire nous ait conservé le souvenir est un nommé Hervé de Marleio, qui assista, en 1067, à la dédicace de Saint-Martin-des-Charaps, près de Paris. Le fils de cet Hervé, appelé Burchard, fut le père de Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly vers 1150. Le dernier des Montmorency étant mort en 1356 sans postérité, la seigneurie FR. NORMANDIE.

passa aux chevaliers de Levis. En 1660, Pierre de Hodu, conseiller au Parlement, la fit ériger en comté.

En 1693, Louis XIV, qui l’avait acquise par échange contre Neauphlele-Château et ses dépendances, de Louis Phelippeaux , comte de Pontchartrain, l’incorpora au domaine de Versailles, et y construisit un château royal.

11 y avait autrefois deux paroisses différentes sur le territoire de Marlyle-Roi, appelées, l’une, Marly- le- Châtel, l’autre, Marly-le-Bourg. Ces deux paroisses furent réunies en une seule par un décret du 27 mars 1681, et, comme l’église de Marly-le-Châtel, qui devait être conservée, tombait de vétusté, Louis XIV la fit rebâtir sur le même emplacement, dans le style de celle de Notre-Dame de Versailles.

A l’O. du bourg, à la base du coteau de Port-Marly, s’élève une maison de campagne dite Monte-Cristo, que M. Alexandre Dumas père a fait construire à grands frais (elle lui a coûté plus de 250 000 fr.) et qui ne lui appartient plus. Chaque fenêtre a un cadre de pierre moulé sur des sculptures de Jean Goujon; au-dessus est un médaillon contenant un portrait (Dante, Corneille, Virgile, Lamartine, Chateaubriand, Victor Hugo, etc.) et soutenu par deux licornes fantastiques dues au ciseau de Choisclat.

Le palais, ou, comme ou disait au temps de Louis XIV, V ermitage de Marly n'était point, à vrai dire, un château ni un palais; c’était un groupe de douze petits pavillons faisant escorte à un pavillon central de plus grande dimension, et figurant ainsi le soleil entouré des donze signes du zodiaque. Les plans en avaient été faits par J. -H. Mansart. Les petits pavillons, rangés six par six, à dr.

et à g. du parterre, étaient reliés entre eux et rattachés au grand pavillon par des berceaux de tilleuls.

Les jardins étaient magnifiques; on

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