DE PARIS A PONTOISE
Le chemin de fer franchit la Seine, qui sépare le départ, de la Seine de celui de Seine-et-Oise , sur un trèsbeau ponf construit, d’après le système tubulaire, sous la haute direction de M. Jullien, directeur de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest, par les ingénieurs de la compagnie, MM. Martin, ingénieur en chef, Léonard, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, et Castor, entrepreneur, qui, déjà, s’était distingué dans l’exécution du magnifique pont de Kehl.
lOkil. Argenteuil (hôt. : du Cœur- Volant, de la Ville de Paris, dans la Grande-Rue ; du Soleil-d'Or, et au Poisson de Seine, restaurant, près du pont de la route de terre), ch. -1. de c., de 7269 hab., situé sur la rive dr.
du ileuve. Argenteuil est relié à la rive g. de la Seine par un pont de sept arches, avec cintres en bois s'appuyant sur des piles en pierre. A g. du pont, s’étend une promenade couverte d’arbres, nommée le champ de Mars ou Vile , parce que le terrain en était autrefois séparé d’Argenteuil par un petit bras qui a été comblé. C’est là qu’est célébrée la fête du pays, le jeudi de l’Ascension et le lundi de la Pentecôte.
Les nombreux vignobles, qui entourent Argenteuil, enrichissent une partie de la population : toutefois ses bénéfices proviennent, non de la qualité, mais de la quantité du vin produit. Ce vin est bon à boire au bout d’un an; au delà de ce temps, il prend, dit-on dans le pays, un petit goût vieillard. Dans les années abondantes, une pièce coûte (sans le fût) 15 ou 20 francs.
Les carrières de plâtre contribuent aussi à la prospérité d’Argenteuil.
Elles emploient environ 600 ouvriers.
Une certaine quantité de ce plâtre est cuite sur place ; mais la plus grande partie est enlevée à l’état de roche, soit directement par les voitures, soit disposée sur les bords de la Seine en amont du pont, et embarquée dans des bateaux qui remontent et descen-
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dent la Seine. Argenteuil possède en outre des fabriques de produits chimiques, d’instruments aratoires, de chaux hydraulique, etc.
Un riche seigneur fonda à Argenteuil (Argentogilum , Argentalium) , au vu' s., un monastère de filles, qui dépendit de l’abbaye de Saint-Denis, et dont la célèbre Héloïse fut prieure au commencement du xn* s. Ce monastère a disparu. Argenteuil eut beaucoup à souffrir à l’époque des guerres des Armagnacs et des Bourguignons. En 1411, le parti d’Orléans dévasta le village et le prieuré, pilla la châsse, foula les reliques aux pieds. Les habitants obtinrent, en 1544, de François I,r, l'autorisation de clore le bourg de murailles. Ces faibles fortifications, qui n’empêchèrent pas les huguenots de s’y établir vingt ans après, ont été transformées en promenades.
L’ancienne église, bâtie au xm* s., et successivement agrandie pendant les trois siècles suivants, a été récemment démolie et remplacée par un édifice construit dans le style roman, sous la direction de M. Ballu, architecte. Cette nouvelle église, encore inachevée (1866), se compose d’une nef, de deux bas côtés, d’un chœur, de deux transsepts et de trois chapelles absidales. La tour, un peu trop élevée pour les bas côtés, a 40 mèt. On remarque, dans le transsept de dr., un tableau de M. Bouterweck, exposé au Salon de 1852 (Charlemagne déposant à Argenteuil la sainte Tunique entre les mains de sa fille Théodrade, abbesse), et au-dessous de ce tableau une armoire contenant la châsse, en bronze doré, qui renferme la Tunique sans coulure du Sauveur.
Cette châsse, d’un travail curieux, dans le style du xii* s., a été exécutée par M. Cahier, orfèvre, d’après le dessin du R. P. Arthur Martin. Grégoire XVI a accordé, en 1845, une indulgence plénière à perpétuité à toûs les fidèles qui visitent l’église d’Argenteuil le lundi de la Pentecôte,