VIMOUTIERS
tiges du château de Montgommery rasé en 1574. — Le château actuel, en bois, paraît dater de la fin du xvi* s. — On passe du départ, du Calvados dans celui de l’Orne.
28 kil. Vimoutiers, V. de 3698 hab., ch.-l. de c., agréablement située sur la rive g. de la Vie, entre des collines boisées, offre des maisons propres et bien bâties, possédant pour la plupart de frais jardins. Ses nombreuses blanchisseries de toiles sont renommées. Vers l’an 1040, Alain de Bretagne allant assiéger le château de Montgommery, révolté contre lui, fut empoisonné à Vimoutiers, où il s’était arrêté. On remarque, à Vimoutiers , deux jolies maisons en bois, dont l'une est ornée de belles sculptures, mutilées, du temps d’Henri III. Parmi les constructions modernes, nous signalerons la halle aux toiles, d’un aspect monumental, et la halle au blé.
La fabrication de toiles cretonnes occupe un grand nombre de métiers battants. Le nombre des pièces de toile vendues annuellement à la halle de la ville est encore considérable, quoique cette industrie ait souffert depuis quelques années.
Il se fait aussi à Vimoutiers un commerce considérable de bestiaux et de fromages dits de Camembert, dont il se vend annuellement plus de 45000 douzaines dans le seul canton de Vimoutiers.
[Une route de voitures relie Vimoutiers à (30 kil.) Argentan et à (21 kil.) Orbec. La route de Vimoutiers, se dirigeant vers le S. O., atteint 240 met. d’altit. dans le bois de la Boulaye à la sortie duquel elle laisse â dr.
Croultes (665 hab.). Plus loin, du même côté, se montre le Renouard (682 hab.) dont l’église a étc reconstruite en 1465, comme l’indique une inscription. Sur la g. , à l'Hôtellerie- Faroult (249 mèt.), point culminant de la chaîne de collines qui sépare la vallée de Trun de celle de Vimoutiers,
se détache le chemin de (700 mèt) Champeaux (427 hab.). C’est au ham.
du Roncerai, dépendant de Champeaux, que Charlotte Corday naquit en 1768, dans une chaumière «qui se cache, dit M. de la Sicotière, au fond d’un vallon touffu , à l’ombre de vieux poiriers, dans le milieu d’un verger. Deux pièces seulement, au rez-de-chaussée : murs blanchis à la chaux, plancher bas et écrasé, solives grossièrement écarries, poutres énormes, cheminée sans ornement. Audessus un grenier qui remplace un étage détruit depuis la naissance de Charlotte. A côté est un grand jardin entouré de haies vives. »
On descend dans la verdoyante val- .lée de la Dives.
18 kil. Trun, ch.-l. de cant. de 1626 hab., possédait, il y a quelques années, des fabriques d’horlogerie qui ont cessé de fonctionner. Les parties les plus anciennes de l’église, qui n’a aucune valeur architecturale, paraissent remonter au xiv* s. Trun fait un grand commerce de toiles.
On franchit la Dives et on laisse à dr. Coulonces (276 hab.) et Guèpres (309 hab.). La route traverse ensuite, à 149 mèt. d’altit., et presque à fleur de terre, une ligne de rochers formant à dr. un petit vallon connu sous le nom de Vaudobin. Quelques-uns de ces rochers, d’un aspect pittoresque et d’une forme bizarre, portent des vestiges du culte druidique et des empreintes artificielles de pieds de bœufs. Du côté de Tournay (571 hab.), s’ouvre, dans ces mêmes rochers, une étroite caverne de 5 mèt. de profondeur qu’habitait autrefois, dit la légende, un effroyable monstre à plusieurs têtes.
A Villedieu-les-Railleul (289 hab.), village situé à g. de la route, presque à la naissance du curieux vallon dont nous venons de parler, se voient les vestiges d’une ancienne commanderie de Templiers, un obélisque tronqué (2 mèt. 33 cent, de hauteur, 1 mèt.
d’épaisseur) et une église sans valeur