kil. De Paris à Lisieux (R
Laissant à g. la ligne de Caen, et à dr. un coteau boisé couvert de maisons, l’embranchement d’Honfleur entre dans un tunnel d’environ 1000 mèt,, creusé dans la partie haute de la ville, et au delà duquel on admire la charmante vallée de la Touques dont on descend la rive dr., et qui ressemble à un immense parc anglais. On aperçoit à dr. la belle promenade établie sur la route de terre de Pont-l’Évêque, puis, sur le même côté de la voie, la longue ligne des maisons du faubourg. Sur la g. s’étend une vaste prairie dominée par un coteau parsemé de maisons et de bouquets d’arbres, au pied duquel serpentent les eaux de la Touques et s'élèvent plusieurs usines qui animent le paysage. Au milieu de la vallée, et parallèlement au chemin de fer, se déroule la nouvelle route de Pont-l’Evêque. Plus loin, on laisse à dr. , à 2 kil. de la aoute de Pontl’Ëvêque, le v. de Rocques (243 hab.), au pied d’un coteau boisé. L’église, bâtie dans un vallon pittoresque et dominée par une tour carrée formant avant-corps à l’O., offre un mélange des styles gothique et de la Renaissance. On y remarque les deux fenêtres flamboyantes qui éclairent les
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[ROUTE 68] OUILLY-LE-VICOMTE. — COQUAINVILLIERS. 383
pignons du transsept. Deux porches juxtaposés, sur l’un desquels est sculptée une salamandre , précèdent la porte principale. A g. se montre Ouilly-le-Yicomte , v. de 467 hab., dont Ycglise, située dans la vallée, sur les bords d’un petit affluent de la Touques, est une des plus anciennes de l’arrondissement de Lisieux; M. de Gaumont pense qu’il n’est pas facile de préciser la date de sa fondation.
Les murs, soutenus par des contreforts plats, présentent l’appareil roman en arêtes de poisson, avec chaînes de briques romaines. Le maîtreautel, en chêne sculpté (statuettes dans le style de la Renaissance), et le lutrin (xvi's.) sont dignes d’attention.
La nef renferme des fonts baptismaux du xv* s. On remarque, sur le bord de la voie ferrée, un édifice assez curieux offrant à l’extérieur un long mur construit en échiquier de pierres et de briques, jusqu’à l’étage supérieur qui est en bois. Du côté du jardin, il se compose de deux pavillons que relie une galerie comprenant onze travées soutenues par des piliers de bois taillés en forme de colonnes ioniques. Un peu plus loin, on aperçoit, àdr., le pittoresque château de Bouttemont (xvl* et xvui* s.), au milieu d’un petit parc, au pied d’un coteau sinueux, et entouré de fossés, que l’on franchit sur un pont qui a remplacé le pont-levis et qui aboutit à une porte cintrée, accompagnée d’une poterne fort étroite. Le toit, en pente, est surmonté d’une corniche à mâchicoulis. Sur la rive g. de la Touques se montre Coquainvilliers (446 hab.), assez agréablement situé. L’église, en grande partie du xni* s., conserve plusieurs détails d’architecture dignes d’attention. — Le manoir de Prie, actuellement en ruine, n’offre aucun intérêt. Ce manoir a été, sous le règne de Louis XV, le théâtre de fêtes joyeuses. La dernière marquise de Prie, que sa beauté et ses intrigues ont rendue célèbre, était alors la maîtresse du duc de
Bourbon, qui fut ministre pendant la jeunesse du roi , après la mort du régent (1723-1726). Le manoir du Pontif, situé à l’extrémité de la commune, dans un vallon, se fait remarquer par son ornementation intérieure (consoles en bois doré dans le style Louis XV et tapisseries de la Renaissance représentant des épisodes de la Jérusalem délivrée ). Le jardin, tracé à la française, rappelle la disposition des anciens parterres dont les gravures du temps nous ont laissé le plan.
[En face de Coquainvilliers, sur le penchant du coteau boisé qui ferme la vallée de la Touques à l’E., se trouve, à 1500 mètres du chemin de 1er, Norollcs, v. de 260 hab. , bâti sur le bord d’un ruisseau, dans une gorge pittoresque. L’église (mélange des styles roman et ogival) renferme des statues du moyen âge et des pierres tombales recouvrant les restes des seigneurs de Combray, dont l’ancien château vient d’être reconstruit. Le portail date du xv' s. La porte cintrée du château de Malou est flanquée de deux tourelles construites en échiquiers de briques rouges et de pierre. L’ensemble date du règne de François I". Signalons aussi la ferme delà Vallée , surmontée, au centre de la façade, d’une tourelle carrée et offrant, à l’intérieur, de vastes salles, une cheminée de la Renaissance, des solives ornées de sculptures, etc.
Près de Coquainvilliers, la Touques reçoit à g. le ruisseau de Manerhe, qui baigne, à 4 kil. environ du chemin de fer, le village de ce nom (702 hab.), dont l’église (xv* s.) offre des ventaux sculptés ornés de guirlandes en relief et d’arabesques dans le style de Louis XIV; des confessionnaux formés de fragments de retables sculptés (xvi* s. ) et un beau retable. — Le château, situé en face de l’église, est moderne. Il ne reste plus <le l’ancien château, qui datait du règne de Louis XIV, que les communs qui ont un grand caractère.
201 kil. Le Breuil-Blangy. La station de ce nom dessert à la fois le Breuil, bourg de 627 hab. , dont le clocher se montre tout près du chemin de fer, et Blangy, ch.-l. de c. de728 hab. (6 kil. de la station), auquel aboutit une route qui se détache à dr. de celle de Lisieux à Pont-l'Évêque, près de l’église des Parcs-Fontaines. Le Breuil possède une importante filature de lin dont on aperçoit les vastes bâtiments du chemin de fer. L’église date du xv* s. Le château, bâti dans les prairies, sur le bord de la Touques, se compose de deux pavillons en 'bois (style de François I"), avec base en pierre, reliés par une construction ridiculement modernisée.
Le bourg de Blangy, agréablement situé à la jonction de deux vallons, est dominé par Yéglise, bâtie sur la pente d’un coteau. Cet édifice de la dernière période ogivale (tour et chœur du xv* s.) renferme une ancienne verrière (belle fenêtre à deux meneaux du chevet) et un beau groupe en bois sculpté, du xviii" s.
La nef a été reconstruite en 1708, ainsi que l’atteste une inscription gravée sur une porte latérale. — Quelques murs, paraissant dater du xii* s., sont tout ce qui reste de l’ancien château fort de Blangy. — Une maison en bois, servant actuellement d’auberge, à l’angle de la route de Lisieux et de la rue principale du bourg, peut remonter au xv* s.
A u delà du Breuil, on aperçoit, à dr., sur le bord de la route de terre, les Parcs-Fontaines, v. de 132 hab., commune de Fierville-les-Parcs. L'éylise, de la deuxième moitié du xvi* s., offre, à l’intérieur, un magnifique retable du xvii' s. « Deux colonnes torses avec chapiteau corinthien , dit M. de Caumont, supportent un entablement dont les modillons alternent avec de jolis pendentifs. Ces colonnes sont couvertes d’arabesques parfaitement dessinées. » Au-dessus de l’entablement se trouve un attique dont le fond est rempli par une précieuse
peinture sur panneau (la Résurrection). Deux bas-reliefs accompagnent le tabernacle. — Un if magnifique, qui n’a pas moins de 5 mèt. de circonférence, à la partie moyenne du tronc, et de 6 mèt. à la naissance des branches, ombrage une partie du cimetière.— L’ancien château des Parcs- Fontaines a été rasé.
Après avoir dépassé à dr. Fierville, dont l’église remonte à la période romane, on laisse à g. Pierrefitte (261 hab.). L’église, en grande partie du xme s., pittoresquement bâtie au sommet d’un coteau boisé d’où l’on découvre une belle vue sur la vallée de la Touques, renferme de curieuses peintures du xvne s. qui décorent les voûtes de la nef et de la chapelle méridionale. Le château (moderne) domine la vallée. L’église de Man neville-la-Piparde (xn* et xvie s.), qui se montre à dr., possède quelques vitraux de l’époque de sa fondation, et des statues du xvn* s.
Laissant ensuite à g. le château de Betteville, en partie ancien et en partie moderne (bel épi en plomb, salle basse voûtée en berceau; chapelle du xvie s.), à dr. le château de M. Duperrey, la voie ferrée décrit une courbe en suivant les détours de la Touques, pour atteindre la station de Pont-l’Êvêque, établie sur un remblai d’où l’on domine une vaste plaine de verdure et la ville tout entière.
208 kil. Pout-l’Évêque (omnibus, sans bagages, 30 c., avec bagages, 50 c.; — hôt. : du Bras-d'Or ); cn.-l, d’arrond. du Calvados, V. de 3114 hab., est située à 13 mèt., à la jonction de la Touques et de la Galonné, et à g. de la station. Lorsqu’on approche de la gare, l’attention est surtout attirée par l’église et par une salle d’asile neuve construite à l’extrémité des prairies. Cette petite ville, qui ne se compose guère que d’une longue rue, doit son nom à un pont qu'un des premiers évêques de Lisieux y fit jeter sur la Touques. Quelques auteurs opt prétendu que Guillaume le Bâtard