DOZULÉ. — TROARN
Saint-Pierre-d'Azif, v. de 330 hab., dont l’église appartient à deux époques distinctes (nef du xv* s.; chœur du xti* s.: sacristie du xvii* s.; dans la nef, belle statue du xiv* s., sur un tombeau; fragments de vitraux ; tableaux de l'école flamande). Le château du Qucsnay ou de Vauville (fin du xvi* s.), entouré d’un beau parc, a perdu son ancien caractère. — M. de Glanville, son possesseur actuel, se propose de le restaurer ainsi qu’une petite chapelle voisine. — On laisse à dr. Vauville-la-Haute, avant de croiser la route de Trouville à Dives, puis, à dr., Blonville. — Pour Villers (F. R. 73).
24 kil. On croise la route de Dives àLisieux, qui dessert (600 mèt. sur la g. ,) le village d ’Armebault (402 hab.), dont l’église, sauf quelques remaniements, remonte au xin* s. On remarque dans cette église : deux jolis retables sculptés et deux statues (saint Louis et la Vierge) du xvi* s.; un retable du xvji* s., au mattre-autel ; et une piscine du xiu* s. On voit encore, à 2 kil. de la route, dans le bois, des vestiges considérables d’un ancien château dont les seigneurs accompagnèrent Guillaume le Conquérant en Angleterre.
Sur l’autre embranchement qui conduit à Dives se trouve, à 3 kil., Branvi lle-la-Monlagne , v. de 204 hab., dont l’église (beau chœur) date du xui* s. — Branville est à 2 kil. de la Croix-d’Heuland (F. R. 73).
A 3 kil. de la bifurcation on laisse à dr. Danestal (299 hab.). L’église (xm* s.), est pittoresquement située sur le penchant d’un coteau boisé ; à g. (2 kil.) se montre Cressereuille, v.
sur le territoire duquel se trouve Belval, charmante habitation créée par M. de Roissy. — On voit ensuite àdr. (500 met.), au delà d’une petite rivière, le village d ’Angerville (191 hab.) dont les seigneurs (une motte féodale indique l’emplacement de leur ancien château) prirent part à la conquête de l’Angleterre.
32 kil. Dozulé, ch.-l. de c. de 960 hab., se compose presque exclusivement d’une seule rue, propre, large
et bordée de chaque côté de maisons bien alignées. M. Vérolles, architecte de Caen, y a construit, dans ces dernières années , une belle Église (style ogival du xiii* s.) surmontée d’une tour carrée, en pierre, que termine une plate-forme. — Un marché important se tient à Dozulé le. mardi de chaque semaine.
On croise, à 2 kil. de Dozulé, une route conduisant sur la dr. , par pricquevillc, à (11 kil.) Dives (R. 73) et sur la g. à (1 kil.) Putot (240 hab.). L’église de Putot date en partie du xii* s. Dans le côté S. s’ouvre une belle porte ornée d’un triple rang d’archivoltes et dont le tympan figure la Passion grossièrement sculptée. A l’E. de l’église de Putot, dans le bois de Dozulé, se voit une motte en terre entourée d’un fossé et défendue par une porte naturelle.
36 kil. Goustranville, v. dè 243 hab., à 29 mèt. La belle tour de l’église, de transition à sa partie inférieure, du xv* ou du xvi° s., dans la partie supérieure, et terminée par une plate-forme, rappelle dans son ensemble le charmant campanile de la cathédrale de Florence. Dans la façade de la nef s’ouvre une jolie porte romane dont l’archivolte est ornée de zigzags. Le chœur est du xm* ou du xiv* s.
La route parcourt un plateau légèrement ondulé, formé par l’argile d’Uxford, puis descend dans la fraîche vallée de la Dives et, après avoir laissé à g. Saint-Riche, puis Sainl- Samson (202 hab.), franchit la Dives qui baigne (2 kil. sur la dr.) le village de Bures où, dit M. Caumont, Mabile de Bellême, fameuse par ses crimes, mourut tragiquement, en 1802, assassinée dans son château, pendant qu’elle prenait un bain. A 3 kil. de Bures, au milieu du bois de ce nom, existent une motte entourée de fossés, et les vestiges d’un petit château féodal.
On traverse la Muance près de
43 kil.Troarn (hôtel duLion-d’Or),
ch.-l. de c. de 964 hab., situé sur un plateau et sur le penchant d’un coteau, ne se compose guère, comme Dozulé, que d’une longue et large rue, bordée d’assez jolies maisons.
L’église est moderne, à l’exception de quelques parties des murs latéraux qui semblent avoir appartenu à une construction plus ancienne.
Vers l’an 1022, Roger de Montgommery, vicomte d’Exmes, fonda à Troarn une collégiale que son fils transforma en abbaye vers 1048. Cette abbaye devint en peu de temps une des plus florissantes de la Normandie.
Pillée et ruinée par Talbot, sous le règne d’Henri V, parce que l’abbé avait donné l’ordre à ses vassaux de rompre le pont de Saint-Samson sur la Dive pour fermer le passage aux Anglais qui marchaient sur Caen , elle releva ses ruines, grâce à la bienveillance de Charles VII. Elle fut encore dévastée par l’amiral Coligny, en 1562, et définitivement détruite à la Révolution. Ses restes ont été transformés en un dépôt d'étalons.
L’église a complètement disparu et le cimetière forme une cour plantée d’arbres à fruits. L’entrée du monastère a été transportée à Banneville (F. ci-dessous). Le chartrier subsiste en partie; il a conservé intactes de belles fenêtres qui paraissent dater du xiii' ou du xiv* s. Au-dessous de l’appartement qu’elles éclairent s’ouvre une salle voûtée au milieu de laquelle se dresse un pilier cylindrique.
Cette salle passe pour avoir été la salle du chapitre. — Le marché de Troarn est très-fréquenté.
La route croise, à sa sortie de Troarn, un chemin qui relie Escoville (6 kil.
sur la dr., R. 73) à Argences (7 kil.
sur la g., R. 50) et passe à g. par Saint-Pair (136 hab.).
46 kil. Panneville-la-Campagne, v.
de 140 hab. I.e château se montre à g. à peu de distance de la route ; il est entouré d’un beau parc à l’entrée duquel M. le marquis de Banneville a fait remonter la porte monumen-
tale de l’abbaye de Troarn (F. ci-dessus). Ce monument, en forme de portique, est un intéressant spécimen de l’architecture du xiv* s.
En face de Banneville, sur la g., se trouve (2 kil.) le château de Manneville, entouré d’un beau parc. Sur la dr. se trouvent (1 kil.) Sannerville (584 hab. ; église moderne avec tour du xive s.) et (2 kil.) ToufJ're'ville, v. de 172 hab., où jaillit une source d’eau minérale froide. L’église a été reconstruite en grande partie; il reste de l’édifice primitif (époque romane) une partie des murs; on remarque, à l’intérieur, une jolie crédence du xv° s. et une cuve baptismale du xu8 ou du xme s.
A dr. se montre (500 mèt.) le château de Démouville. (528 hab.). L’église de Démouville (xu* et xiii* s.) , remaniée, offre un beau porche (xive s.) qui forme la principale entrée. Le chœur, la chapelle, le bas côté accolé à la tour, paraissent aussi du xiv* s.
54 kil. Mondeville (R. 50, environs de Caen).
56 kil. Caen (R. 50).
A. Par TrouvlUe.
237 kil. — Chemin de fer de Paris i Trouville (220 kil.). — Route de voitures de Trouville à Beuzeval (17 kil ). — Voitures de correspondance; 2 départs par jour. — Coupé, 3 fr. 50 c.; intérieur, rotonde et banquette, 2 fr. 75 c.
220 kil. de Paris à Trouville (R. 71).
Après avoir franchi la Touques, sur un beau pont en brique et pierre, à trois arches , récemment construit pour relier Trouville à Deauville, la route de Beuzeval, laissant à dr. l’établissement do bains de mer de Deauville et à g. le bout g de ce nom, gravit le versant E. de la falaise sur laquelle se trouve
224 kil. Bénerville. v. de 92 hab.,
[ROUTE 73] BÉNERVILLE.—
pittoresquement situé au pied du Mont-Canisy (V. R. 71). L 'église (xi* s.) domiue un promontoire escarpé. Une autre église, bâtie sur une pointe de terre encore plus avancée dans la mer, a été, dit-on, dévorée par les flots ; les pêcheurs prétendent même reconnaître encore la place qu’elle occupait. M. de Caumont signale, dans l’intérieur de l’église, le retable du maître-autel (style Louis XIV) , un tableau qui représente saint Christophe traversant un torrent . avec le Christ sur ses épaules, et une statue du même saint.
« La vue dont on jouit du sommet de cette falaise, dit M. de Caumont, est magnifique : en face, apparaît la mer couverte de barques de pêche ; au N. , se dresse le cap de la Hève couronné de deux phares qui éclairent l’entrée du Havre ; à l’E. s'étend la plage de Deauville, au delà de laquelle on aperçoit Trouville ; l’œil plonge, à l’O., sur la vallée de Villers; plus à l’O. se déroulent les falaises d’Auberville si connues des géologues, et, dans un lointain brumeux, apparaissent les côtes basses du littoral de Caen. » Les énormes blocs de roches .madréporiques, détachés de la falaise, présentent aux géologues un véritable intérêt et ne manquent pas d'attirer l’attention des promeneurs.
A 1 kil. de l’église, au pied d’un joli coteau boisé, sur le penchant duquel ont été tracées des allées aboutissant à de beaux points de vue, derrière un jardin dans lequel on remarque un bel épi en terre cuite émaillée, se trouve le château, de Bénerville qui n’offre aucun intérêt architectural, mais qui a servi de résidence à deux femmes distinguées, Marie-Catherine de Bénerville, morte vers 1705 (elle a écrit des romans et des mémoires sur la cour d’Espagne), et Mme Bicherel, qui a laissé une grande réputation d’esprit.
La route continue à longer le bord de la mer.
228 kil. Villers-sur-Mer.