PAR LANGRUNE, ST-AUBIN ET BERNIÈRES
2S kil. — Boute de voitures. — Voitures de correspondance. — 4 départs par jour pendant la saison des bains. — Coupé, 2 fr.; les autres places, t fr. 80 c.
N. B. Le prix des places est le même pour Saint-Aubin, Langrune, Bernières et Courseulles.
16 kil. de Caen à la Délivrandc (F. ci-dessus). A la Délivrande, on
laisse à dr. la route de Luc-sur-Mer (F. ci-dessus).
18 kil. 500 mèt. Langrune ( hôt.
Bcllevue, sur la plage), v. çle 1058 hab. Un établissement de bains de mer y a été créé. Les tentes des bains sont au pied de la terrasse qui règne devant l’hôtel Bellevue, au bord de la grève. — L'église, en grande partie du xin” s., est surmontée d’une belle tour centrale, ouverte à l’intérieur jusqu’au 2* étage (xm* s. dans la partie inférieure, xive dans la partie supérieure) que termine une pyramide en pierre, à jour, et surtout remarquable à l’intérieur par l’élégance des moulures qui régnent sous la corniche supérieure. Malheureusement ses quatre clochetons et ses quatre lucarnes ont été détruits et la pointe de la flèche se trouve tronquée. Le portail O. est précédé d’un porche voûté en pierre (xmcs.). L’abside, ornée de vitraux modernes, a conservé d’élégants chapiteaux; on remarque surtout ceux des colonnettes groupées sous la tour. Les arcades qui séparent la nef des collatéraux sont supportées par de grosses colonnes cylindriques, les unes cintrées, les autres ogivales, simplement ornées de tores.
20 kil. Saint-Aubin-sur-Mer (hôt.
Pelcerf), v. de 1092 hab., possède aussi un petit établissement de bains de mer (la plupart des maisons se trouvant sur la plage, les . baigneurs prennent généralement leur bain devant leur porte, ce qui diminue beaucoup leurs frais) et une église de construction récente.
Des médailles romaines et des tuiles à rebords ont été trouvées près de la mer à Saint- Aubin. « On rapporte, dit M. de Caumont, que la mer a envahi un terrain dans lequel existaient quelques constructions antiques. La falaise de Saint-Aubin est désignée, sur d’anciennes cartes, sous le nom de cap romain. »
22 kil. Bernières, v. de 1198 hab., situé à 5 ou 600 mèt. de la mer, et
possédant un sémaphore, formait autrefois un bourg considérable. L’église, une des plus importantes des environs de Caen, est précédée d’une très-belle tour (xm* s.), en avant de laquelle se voit un porche remarquable. Cette tour, percée d’élégantes ouvertures ogivales et terminée par une gracieuse pyramide en pierre, a environ 70 met. de hauteur. La nef, flanquée de deux bas côtés , appartient au xic et au xn” s.; le chœur date en grande partie du xiv” s. On remarque, à l’intérieur, dont l’ameublement est hideusement laid, des chapiteaux romans variés, un tableau ancien dans la chapelle de g. et une fresque (dans le chœur) représentant la Cène.
Il existe sur la commune de Bernières,dit M. deCaumont, d’anciennes constructions romaines qui ont été en grande partie couvertes par la mer.
— A 15 min. de l’église, au S., on voit un chemin creux aligné, évidemment creusé de main d’homme. — Il y a quelques années, il existait encore des traces d’une enceinte appelée camp romain sur la carte de Cassini. — Non loin de là, à l’O.
(2 kil. env.),se trouve une excavation carrée dans laquelle étaient des habitations dont on constate encore des traces et que l’on nomme dans le pays tombelle Sainl-Ursin.
25 kil. Courseulles (hôt. : de la Poste, propre; des Étrangers), b. de 1687 hab., bien situé à l'embouchure do la Seulles dans la Manche qui y forme un petit port, dans les environs duquel on compte 100 à 105 parcs aux huîtres, fournissant annuellement 45 millions d’huîtres environ. Le port se compose d’un bassin assez vaste et de courtes jetées en pierre, qui, lorsque la mer est grosse, facilitent l'entrée et la sortie des navires. On n’y arme guère que des bateaux de pêche.
— L’établissement des bains est situé sur la rive g. de la Seulles, dans l’île de Plaisance. — Le château, assez vaste, paraît avoir été construit sous
Louis XIII ; il domine la partie haute du bourg. — On a découvert à Courseulles, en 1831, des débris galloromains et près de 4000 médailles.
De Courseulles à Bayeux, R. 77.
Excursion de Courseulles à Creully et A Fontaine-Henri '.
On suit jusqu’à Tierceville (8 kil.) la route de Bayeux qui, franchissant les deux bras de la Seulles, laisse à dr. Graye (501 hab.) dont l’église, des xm” et xiv° s., renferme un retable du xvi” s. , qui représente saint Martin à cheval et coupant son manteau.
4 kil. Banville, v. de 557 hab. Un grand nombre d’antiquités romaines y ont été découvertes. — A 1 kil., à l’E. , s’élève, dit M. de Caumont, une éminence calcaire formant presqu’île , défendue par la rivière de la Seulles et par un ravin profond; elle ne se rattache aux plateaux voisins que par un isthme assez étroit barré au moyen d’un rempart ; un autre rempart, parallèle au premier, séparait la péninsule en deux parties. Ce second fossé a été aplati par les travaux de culture, et n’est pas aussi prononcé que le premier, mais il est visible encore. On a trouvé, en défrichant la terre, sur plusieurs points de ce camp antique, des rangs de gros clous à crochets que les habitants ont supposé avoir servi pour attacher les tentes ; et plus tard un homme, défonçant la terre du côté le plus abrupt du camp, a rencontré trois rangs de grandes pointes en fer scellées dans la roche, qui paraissent avoir été ainsi disposées pour empêcher d’esca-
1. Les baigneurs de Lion, de Luc, de Saint-Aubin, de Langrune, qui vont visiter Fontaine-Henri et Creully, ne sont pas obligés de passer par Courseulles. Ils traversent directement le plateau que sillonnent de nombreuses routes. La plus fréquentée de ces routes passe à Tailletille, qui possède un château; puis à Bénysur-Mer, dont l’église romane a conservé une assez belle tour, et où l’on voit de jolies maisons de campagne.
CREULLY.
lader les remparts. Une mosaïque, des briques et des tombeaux, découverts dans les environs de ce camp, permettent de lui attribuer une origine gallo-romaine.
On laisse à dr. Sainte-Croix-sur- Mer (304 hab.) et à g. Colombierssur-Seulles (459 hab. ; église du xi* ou xn* s., surmontée d’une belle tour romane; antiquités romaines).
8 kil. Tierceville, v. de 202 hab-, dont l'église offre une nef de l’époque de transition, entourée de deux bas côtés modernes; au S. s’ouvre une porte en plein cintre ; la tour date du xiv* ou du xv' s. — On a démoli, il y a quelques années, une partie de l’ancien château , du xvi' ou du xvn* s.
La route de Creully se détache à g.
de celle de Bayeux et franchit la Seulles près de
9 kil. Creully, ch.-l. de c. de 990 hab., situé sur une hauteur dont la rivière baigne la base. L’église, bâtie sur une vaste place, et devant laquelle s’élève un obélisque -fontaine, se compose d’une nef avec bas côtés, d’un chœur à chevet droit et de chapelles. La tour qui la surmonte est moderne ; la nef, le chœur et les bas côtés appartiennent au style roman.
Les modilloas de la corniche extérieure sont ornés de figures grimaçantes. Les arcades de la nef, décorées de zigzags, reposent sur des piliers dont les colonnes engagées offrent des chapiteaux curieux. Du côté de l’épître se voit le tombeau d’Antoine III de Sillans, sur lequel on lit une longue épitaphe. Le marbre du tombeau d’Antoine 11 de Sillans, incrusté aujourd’hui dans le pavé du sanctuaire, porte également une longue inscription en vers. Sous l’église règne un caveau sépulcral.
Le château de Creully (on y entre, à g. de l’église, par une petite grille au delà de laquelle s’ouvre, entre deux murs, une allée d’arbres; pourboire au jardinier) a été une des plus importantes forteresses du Calvados. Composé d’un mélange trop
capricieux de constructions d’époques diverses, il paraît remonter aux xv* et xvi* s. Plusieurs des seigneurs de Creully jouèrent un rôle considérable sous les règnes de Guillaume le Conquérant et de ses successeurs. Le château appartenait en 1 108 à Robert de Kent, fils naturel d’Henri I*r; au xiv* s., il fut pris parles Anglais, puis repris par les Français, et passa vers le commencement du xvi* s. dans la famille des Sillans. Plus tard il devint la propriété du ministre Colbert, dont l'un des descendants, Édouard Colbert, le possédait encore en 1750.
« L’emplacement et les restes du château primitif, dit M. de Caumont, sont encore reconnaissables au milieu des constructions de différents âges qui composent l’ensemble du château actuel. Ce château était à peu près carré; les bâtiments principaux paraissent avoir été adossés aux murs du noid, où l’on voit encore des salles voûtées à plein cintre , comme nos églises du xi*s. Le donjon, qui forme aujourd’hui le corps principal du château, est d’une époque ancienne, mais qu’il est difficile de déterminer, à cause des changements qu’il a subis pour devenir habitable : l’addition sérai-sphérique que l’on y remarque dans la façade est évidemment du xvi* s. Les tours d’observation qui accompagnent le donjon ne paraissent pas antérieures au xv* s. Les écuries ont été construites par Antoine lll de Sillans, mort en 1641. La première enceinte et la longue allée qui mène à la cour du château n’offrent rien de très-ancien dans les constructions que l’on y voit à présent.
« Il faut se placer près du pont de la Seulles, au delà du moulin, pour avoir une vue d’ensemble des remparts et de la partie occidental e du château : c’est de ce côté que les constructions offrent l’aspect le plus pittoresque. Deux tours dominent le massif: l’une, octogone, terminée par une plate-forme et qui ne doit pas remonter au delà du xv* s., était, à
cette époque, la tour d’observation d’où l’on surveillait le pays ; on découvre du haut de cette tour la cathédrale de Bayeux et un bel horizon :
près d’elle une ancienne cheminée s’élève comme une colonne et parait aujourd’hui d’une hauteur exagérée, parce que l’on a supprimé , pour faire des plates-formes, le toit et une partie de l'étage qui existait à sa base.
« L’autre tour, qui s’élève assez haut sur le rempart même, est terminée par un appartement carré, lequel fait saillie sur les murs de la tour et qui était défendu par des mâchicoulis : ce petit appartement, couvert par un toit d’ardoise formant une pyramide à quatre pans, ne parait guère antérieur au règne de Louis XIII. »
On remarque, à l’intérieur du château de Creuilly, de vieilles salles voûtées et des cheminées très-anciennes.
Creully possède, en outre, une halle bâtie par Antoine de Sillans au xvir s. — Des antiquités romaines, notamment des médailles, des tuiles à rebords et des débris de constructions, ont été découvertes dans les environs.
Sur la rive g. de la Seulles, en face du château de Creully, s’élève le château de Creullet, qui offre des parties des xiv*, xve et xvi* s. L’ancienne chapelle a été transformée en écurie.
A 2 kil. 1/2 de Creully, vers le S. O., so voient les belles ruines du prieuré de Saint-Gabriel, fondé au xi's. par Richard, seigneur de Creully, et qui a compté le cardinal de Guise parmi ses commendataires. L’entrée (xin's.) se compose de deux portes, dont la plus grande offre un arc surbaissé et des colonnettes du xmc s. Les parties le3 plus intéressantes des ruines de Saint-Gabriel sont : le manoir, un joli pavillon du xv* s. (défiguré par des restaurations) , le donjon, qui sert aujourd’hui de beffroi à la commune de Saint-Gabriel et lesdébrisde l 'église qui offrait dans son ensemble un carré
divisé en trois nefs, et dont il ne reste que le chœur. « C’est, ditM. de Caumont, une des plus belles choses que nous ayons dans nos contrées. »
La distance entre Creully et Fontaine-Henri est de 7 kil. Le chemin qui y conduit se dirige vers le S. E.
et franchit la Thue près de Pierrepont, ham. de Lantheuil, d’où l'on gagne directement à l’E. Fontaine- Henri (8 kil. par Bény, 7 kil. par Reviers, 16 kil. de Courseulles en passant par Creully).
Fontaine-Henri, v. de 406 hab., agréablement situé sur la rive g. de la Mue, doit son surnom à Henri de Tilly, un de ses seigneurs, mort en 1205. 11 s’appelait auparavant Fontaine-sur-Thaon.
L’église, sous l’invocation de Notre- Dame, offre un chœur roman orné extérieurement d’une galerie bouchée et de colonnettes remarquables par leur élégance. Au S. s’ouvre une porte latérale très-richement ornée. Le savant antiquaire anglais Cotman l’a gravée dans son ouvrage sur les monuments de la Normandie. La façade, moderne, est de mauvais goût. La tour et la nef, également modernes , n’offrent aucun intérêt architectural.
Près de l’église s’élève un beau château de la Renaissance (xv* et xvie s.) très-bien conservé. « Les fenêtres de la partie droite, dit M. de Caumont, sont surmontées d’arcades en forme d’accolade et ornées de panoches et de feuillages frisés. Deux tours carrées rompent la monotonie des lignes horizontales. L’une est surtout remarquable par ses moulures; l’autre paraît plus ancienne que tout le reste, et semble dater de la fin du xv* s.
« A partir de la première tour, le style change complètement. Des arabesques, des rinceaux de la plus grande finesse , couvrent les murs avec profusion ; l’entablement prend des proportions classiques. On voit le millésime 1537 sur un arc des fenêtres de l’aile gauche.