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ST. -PIERRE SUR DIVES

DE CAEN AU MANS

167 kil. — Chemin de fer. — 3 convois par jour. — Trajet en 5 h. par les trains express, 5 h. 35 min. et 6 h. 10 min. par les trains omnibus. — lr* cl. 18 fr. 70 c.; 2* cl. 14 fr. 05 C.; 3* cl. 10 fr. 30 c.

23 kil. de Caen à Mézidon (R. 50).

Après avoir quitté, à la gare de Mézidon, la ligne de Lisieux pour suivre à dr. l’embranchement qui se dirige vers Alençon et le Mans, on entre dans une vaste et fertile plaine baignée par la Dives qui coule à la g. du chemin de fer. Sur la rive dr. de cette rivière s’étendent de gras pâturages, mais la rive g. ne présente, pour ainsi dire, que des terres labourées. Tout près du chemin de fer, se montre à dr. Percy-en-Auge (243 hab.). L’église (xiii* s.) a été malheureusement plâtrée et badigeonnée. Percy était autrefois traversé par une voie romaine sur le bord de laquelle ont été découvertes des tombes en pierre. La voie ferrée, se rapprochant de la Dives, laisse à g. Thiéville (233 hab.; église duxni's.; jolie façade occidentale). Les regards sont attirés de loin par les tours de l’église de

31 kil. Saint-Pierre -sur- Dives,

(omnibus, 30 c. le jour et 40 c. la nuit), ch.-l. de cant.de 1940 hab. La gare, établie sur le territoire de la c. de üouville, aujourd’hui réunie à Saint-Pierre, n’est séparée du bourg que par la Dives. On aperçoit très-bien de la station l’église de l’ancienne abbaye de Bénédictins , un des édifices religieux les plus remarquables du Calvados. Le bourg, agréablement situé, aux rues larges et droites, bordées de maisons bien bâties, devait autrefois son importance à sa riche abbaye fondée, vers l’an 1046, par Lesceline , femme de Guillaume , comte d’Eu, frère naturel du duc Ri-

DE CAEN AU MANS

L’abbaye de Saint-Pierre appartint d’abord à des Bénédictines qui furent transférées à Lisieux, et remplacées par des religieux du même ordre.

Les guerres qui ravagèrent la Normandie n’épargnèrent pas le monastère; mais ce fut pendant les guerres de religion qu’il eut surtout à souffrir. En 1562, il fut pillé et dévasté par les calvinistes.

L’église (mon. hist.), en grande partie des xiii* et xiv' s. , est surmontée de trois tours, une sur le transsept, les deux autres à l’extrémité occidentale. La tour du S. (style de transition) parait remonter au xi* s. Les stalles du chœur, délicatement sculptées et bien conservées, mais peintes en jaune, appartiennent au xvi« s.; elles ont 8 met. de longueur,

I mèt. 68 c. de profondeur et 2 met.

70 c. de hauteur. Elles offrent deux rangs de sièges de chaque côté. On accède au rang supérieur par trois portes, une centrale et deux latérales.

II y avait primitivement douze sièges au rang supérieur et onze seulement au rang inférieur. Mais au siècle dernier, dit M. de Caumont, les religieux eurent la fâcheuse idée de supprimer quatre sièges pour faire élever deux pyramides tronquées, surmontées de boules, à la mémoire de leur premier abbé. Quatre statues (saint Benoit, la sainte Vierge (décapitée), sainte Marguerite et saint Paul) se voient aux extrémités, dans des arcades en plein cintre.

L’orgue, nouvellement placé, masque une élégante arcature du xive s.

M. de Caumont attribue à la fin du xiii* s. une rosace, en pavés de terre cuite émaillés, qui se trouve également dans le chœur. La nef, dont les ogives et les piliers uniformes se font remarquer par leur simplicité, est l’ouvrage de Jacques de Silly. Cet abbé, né à Caen, avait, en 1528, trouvé l’édifice en ruine et l’avait relevé ; on lui doit encore les voûtes, qu’il appuya sur d’élégants arceaux, et où il appendit, sur des écus, les

armes des prélats qui l’avaient précédé. La pierre tumulaire sous laquelle reposaient les restes de la fondatrice de l’abbaye se voit encore à g., au bas du sanctuaire ; on y distingue une faux, une bêche, un sablier, et un cœur déposé sur ces emblèmes du temps et de la mort.

L’ancienne salle capitulaire, accolée au transsept S., sert aujourd’hui de dépôt d’étalons ; c’est un charmant spécimen de l’architecture ogivale primitive. Le reste des bâtiments de l’abbaye date en partie de la fin du xm1 s. ; la porte d’entrée, qui s’ouvre sur la place de l’hôtel de ville, est parfaitement conservée.

Les halles, qui appartenaient autrefois à l’abbaye, et une jolie maison du xv* s., sur les bords de la Dives, méritent la visite des touristes. — Le marché qui se tient le lundi à Saint- Pierre-sur-Dives est un des plus importants du départ, du Calvados.

[Excursions à : — (4 kil. à l’O.) Escures (305 hab. ; église de la fin du xn* s.; ancien manoir seigneurial transformé en ferme ; château moderne ; ancien camp romain); — (2 kil.

au S.) Carel (103 hab. ; joli château des règnes de Louis XIII ou de Louis XIV, appartenant à M. de Brébisson, savant justement estimé; il est entouré de douves pleines d’eau) ; — à (3 kil. 1/2 au S.) Grisy (165 hab.; église appartenant en grande partie au style ogival primitif, surmontée d’une tour du xv*s., semblable à une tour féodale ; beau château du xvn* s.

(façade de 1792) dont les dépendances s’étendent jusqu’à la Dives ; croix romane du xii* s., au point de jonction de deux routes.]

La voie ferrée, remontent la rive g.

de la Dives, qu’elle côtoie de très-près, laisse, à g-, Carel et Grisy (V. cidessus), puis Morières (115 hab.; église ogivale surmontée d’un petit dôme ou tour de 1769), et imdœuvre (405 hab., dont l’église appartient en grande partie à la première époque

y vjC

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