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DE CAEN A HARCOURT-THURY

58 kil. — Route de voitures.

Au delà du chemin de fer de Cherbourg (R. 51) , la route parcourt un plateau calcaire qui domine la rive dr. de l’Orne et sur lequel se montrent à g. les carrières d’Allemagne.

3 kil. Haute-Allemagne (R. 50).

Avant de descendre dans un riant vallon qui contient de jolies maisons de campagne et le village de Saint- André-de-Fontenay, on découvre devant soi un vaste panorama terminé par la forêt de Cinglais.

6 kil. Sainl-Martin-de-Fontenay , v. de 498 hab. L’église, en partie romane , à l'exception de la base de la tour (la partie supérieure a été réparée au commencement de ce siècle) et du chœur, qui paraissent dater du xiv* s., offre des murs en arête de poisson et de petites fenêtres cintrées assez curieuses. Des cercueils de pierre, dont l’un orne le musée de Caen, ainsi que d’autres objets gallo-romains, ont été découverts à peu de distance de l’église de Saint-Martin.

Sur la rive dr. de l’Orne, à 1 kil.

de la route, se trouve le v. de Saint - André-de-Fontenay (425 hab.) dont l’église, flanquée au S. d’une tour

l. Le chemin de fer de Caen à Fiers, dont on ne peut prévoir encore l'achèvement, sans s'écarter beaucoup de la route de terre que nous décrivons ci-dessus, doit suivre la vallée de l'Orne, en franchissant plusieurs fois la rivière, et, après avoir desservi, entre autres localités, Bully , Grimbosc, Harcourt-Thury et Condésur-Noireau, s'embrancher sur la ligne de Paris à Granville, par Argentan (R. 93), près du village de la Lande-Patri (K. 93).

FR. NORMANDIE

peu intéressante, a conservé une nef du xiit* ou du xxv* s. (elle a subi des retouches), et un chœur remarquable qui, suivant M. de Caumont, semble se rattacher à une école d’architecture étrangère au pays. Quelques inscriptions tombales se lisent dans la nef. — On y voit un château moderne où M. le docteur Leprestre avait formé un intéressant jardin d’acclimatation.

Une grande partie de sa collection a été cédée par lui au jardin du bois de Boulogne.

Sur lo territoire de la commune de Saint-André-de-Fontenay, dans un site pittoresque, sur la rive dr. de l’Orne, (se voient les débris de l’abbaye de Fontenay, de l’ordre de Saint- Benoît, fondée, dans la première moitié du xt' s., par Raoul Tesson 1" et son frère. Il n’en reste plus qu’une maison moderne et quelques bâtiments sans caractère architectural disposés autour d’une cour, à l’extrémité d’un parc. L’église, qui devait dater du xni* s. et renfermait des tombeaux curieux, a été complètement démolie.

7 kil. May, v. de CIO hab., bien situé sur la rive dr. de l’Orne et dans les environs duquel sont exploitées d’abondantes carrières de pierres utilisées pour le macadam. Dans la partie occidentale de la nef de l’église de May, qui paraît ancienne, se voit un joli portail roman orné de zigzags.

Le chœur doit dater du xv* s.; la tour est moderne.

A 2 kil. de May, en face du Moulinl'Abbé, on laisse à g. une route qui va rejoindre à Lorguichon (5 kil.

env.) la route de Caen à Falaise, et dessert (2 kil.) Fontenay-le-Marmion, v. de 681 hab. dont l’église est assez importante. Le chœur (xiii* s.), voûté en pierre, offre des chapiteaux élégants. La nef a été refaite par parties à différentes époques.

La tour romane est ornée de plusieurs étages d’arcatures. — On reconnaît dans une ferme de la commune de Fontenay l’emplacement de l’ancienne

DE CAEN A FLERS

forteresse des Marmion, souvent citée par Waee dans son roman de Rou.

Dans le jardin se voient encore des traces de l’éminence qui supportait le donjon. « Ce donjon, dit M. de Caumont. se liait à une enceinte arrondie dont le contour est encore reconnaissable du côté de l'E. Les bâtiments qui remplacent de ce côté les constructions primitives sont en grande partie du xvi* s. ou de la fin du xv*. On voit, à l’intérieur, des portes et une cheminée très-remarquables par la finesse des sculptures qui les couvrent ; mais quelques parties de ces bâtiments sont beaucoup plus anciennes. Vers le N. E. se trouvent des fenêtres à plein cintre et une porte romane ornée de zigzags, par laquelle on pouvait entrer dans la place au moyen d’un pont jeté sur le fossé. »

Au N. O. du village se voient les restes considérables d’un curieux tumulus en pierres Sèches, renfermant de nombreux caveaux funéraires qui ont été fouillés il y a quelques années. Les ossements étaient cachés dans des couches d’argile. Quelquesuns de ces tombeaux renfermaient, en outre, des vases ou des haches en pierre verte. — Sur le territoire de Fontenay-le-Marmion, une portion du chemin haussé, ancienne voie romaine, est très-tiien conservée.

On descend dans la jolie vallée de la Laize, et ou laisse à g., avant de franchir la rivière de ce nom, la route de Bretteville-sur-Laize (R. 80,6').

9 kil. Laize-la-Ville, v. de 225 hab., situé au fond de la charmante vallée de la Laize. La nef de l’église est moderne; le chœur, qui annonce le xnc s., a été défiguré par des restaurations. Des fragments de fondations et de poteries antiques ont été découverts, dit-on, dans une cavité naturelle qui s’ouvre dans des rochers de marbre.

A dr. se détache un chemin conduisant à (1500 mèt.) Clinchamps, v.

de 728 hab., dont la belle, tour romane, percée d'arcatures, attire de

loin les regards. Une rosace, hors de proportion avec la hauteur de l’édifice, a été percée vers le xiv* s. dans le chevet de l’église. La nef a été refaite, il y a quelques années. On découvrit , en démolissant la nef primitive, un curieux fragment sculpté qui a été encastré dans le mur du transsept N. — A peu de distance de l’église de Clinchamps furent découverts en 1829 les vestiges d’une villa romaine. « Les murs, dit M. de Caumont, furent trouvés à trois pieds de profondeur; ils étaient composés d’un blocage à bain de chaux et de ciment, revêtu de pierres en petit appareil, au milieu desquelles on remarquait de grands cordons de briques. Les pavés de presque tous les appartements demeuraient encore en place. Us étaient carrés, en pierre de Quilly,etpeu différents de ceux qu’on emploie aujourd’hui. Dans presque tous les appartements on a trouvé un grand nombre de placages recouverts de peintures. » Clinchamps est à 2 kil. du bac du Coudray où les voitures peuvent traverser l'Orne.

La route, s’éloignant de l’Orne, laisse à g. (2 kil.) Fresnay-le-Puceux (F. R. 8Q), etàdr. (1500 mèt.) J/»<trécy,v. de 375 hab., près duquel ont été découverts des vestiges de constructions romaines. L’église (xte s.) est un des plus remarquables spécimens de cette maçonnerie que l’on appelle en arête de poisson (opus spicatum). Le mur septentrional offre une belle porte (bouchée) ornée d’étoiles, de tores et d’un chapiteau historié. La tour date du xvm's. On remarque, à l’intérieur, de belles crédences dans le style ogival. — A peu de distance de l’église s'élève un château moderne entouré d’un joli parc. — Des débris de constructions romaines et des tuiles à rebords ont été découverts sur le territoire de la commune.

Mutrécy est à 1500 mèt. de l’Orne qui décrit, dans cette partie de son cours, des courbes pittoresques, entre deux collines rocheuses et boisées.

HARCOüRT-THURY.

Sur la g., prèsde la lisière E. de la forêt de Cinglais, se montre Boulon (741 hab.). La nef et le chœur de l’église appartiennent au style roman ; la tour, à l'extrémité Q. de la nef, est moderne. — Le château du Thuit (xi' s.), situé au S. E., à 2 kil. de Boulon, dans la forêt de Cinglais, ne présente plus que quelques pans de murs et une chapelle du xvi* s., en ruine. — On a découvert à Boulon des vestiges de constructions antiques.

14 kil. Saint-Laurent-de-Condel, v. de 522 hab., sur la lisière O. de la forêt de Cinglais. La nef de l’église parait dater du xi' s. ; la tour latérale est moins ancienne. Le chœur, plus intéressant, doit être du commencement du xiii' s. ou de la fin du xn°; il a conservé sa belle porte ogivale.

A 3 kil., sur la dr., entre la forêt de Grimbosq et la rive dr. de l’Orne, sur le penchant d’une colline boisée, se trouve le v. de Grimbosq (374 hab.) où l’on remarque la chapelle Sainte- Anne, sur le. chemin de Mutrécy, et quelques vestiges du château d'Olit et, enclavés dans la forêt de Grimbosq. L’ensemble du plan de ce château présente, suivant M. de Caumont, un ovale fort allongé, résultant de la configuration du cap, sur lequel il était assis.

La route traverse une partie de la forêt de Cinglais.

16 kil. Les Moutiers-en-Cinglais, v. de 328 hab., situé à 143 mèt., sur un plateau boisé, à 3 kil. <îe l’Orne, possède une intéressante église des xr et xir s., qui présente de petites ouvertures romanes et d’élégantes fenêtres (xv' s.), à plusieurs baies et à compartiments flamboyants. A i’O. s’élève une petite tour en bois, revêtue en ardoise. — Certains historiens ont prétendu que c’est au gué de Brieux, situé sur le territoire de Moutiers, que Guillaume le Conquérant, se rendant de Ryes à Falaise, pour fuir la conspiration des barons révoltés, franchit l’Orne, dans la direction de la forêt de Cinglais. — Le

petit château de Cinglais occupe, surle bord de la route, une position élevée.

On atteint 166mèt. d’alt. prèsdu hameau de Foupendant, puis 174 mèt.

près de celui de Courtcmant, dépendant de Croisillrs (672 hah.), qui attire les regards sur la dr., à 500 mût. Le territoire de cette commune abonde en carrières exploitées depuis longtemps pour la fabrication de la chaux.

L’église (xtu* s., à l’exception du clocher qui est moderne) renferma quelques peintures murales et plusieurs pierres tumulaires.

On découvre une vue magnifique avant de descendre dans une petite vallée qui débouche dans celle fle l’Orne, et où se groupent autoqr de l’église les maisons de 26 kil. Harcourt-Thury, ch.-l. de c.

de 1310 hab., agréablement situé, à 75 mèt., sur l’Orne et sur l’un de ses affluents. Ce bourg paraît avoir une origine très-ancienne. Simple baronnie sous les ducs normands, puis marquisat, Harcourt fut érigé en duchépairie (1700) par Louis XIV, en faveur d'Henri d’Harcourt , qui lui avait rendu des services signalés. — La façade principale do l'église d’Harcourt (style ogival), flanquée de deux bas côtés, présente: une belle porte décorée de colonnettes, deux fenêtres en forme de lancettes et une rose polylobée. Une tour carrée s’élève entre le chœur et la nef. Les murs latéraux offrent quelques traces du style roman (arcades à plein cintre reposant sur des chapiteaux curieux).

M. de Caumont signale, en outre, dans le bas côtés., une arcade (xvi's.) finement sculptée, mais masquée en partie par un lambris, et un caveau sous la chapelle seigneuriale (moderne). Harcourt était jadis défendu par une forteresse qui soutint (1370- 1371) un siège de six mois et dont il ne reste pas de trace. Le château actuel date en grande partie du xvn* s.

(le dôme, les deux ailes qui l’accompagnent et la façade 6.) . La partie qui domine la vallée de Orne ut bâtie

DE CAEN A FLERS

au xvin* s. par Hemi d’Harcourt.

Cette belle habitation, délicieusement située, est redevable d’une partie de ses embellissements au maréchal Anne d’Harcourt (le dernier de ce nom) qui l’entoura de belles terrasses, de bois, de bosquets et d’avenues.

L’intérieur est orné d’une galerie de portraits, parmi lesquels on remarque ceux de Mme de la Vallière, de Mme de Montespan,de Mme de Maintenon et du dernier duc d’Harcourt.

Près de l’église s’élève un bâtiment moderne renfermant la mairie et la justice de paix.

Harcourt possède des tanneries importantes, des fabriques de dentelles et une filature considérable ; ses marchés et ses foires sont très-fréquentés.

Harcourt-Thury est traversé par la route de Villers-Bocage à Falaise.

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