PAR BALLEROY
37 kil. — Route de voitures. — Voit, de
corresp. jusqu’à (15 kil.) Balleroy. —
2 départs par jour. — Prix unique, 90 c.
Après avoir croisé le chemin de fer de Caen à Cherbourg et dépassé le
village de Saint-Loup-Hors (R. 51), on laisse à g. Guéron (275 hab.).
L'église (mon. hist), restaurée il y a quelques années, appartient, dans son ensemble, au style roman. Le chœur se fait remarquer par son abside semi-circulaire bien conservée; la flèche, d’une grande élévation, est très-élégante. Le château de Guéron, reconstruit il y a quelques années, conserve quelques vestiges de constructions du xvc s. Un peu plus loin, la route est bordée, à dr. , par le château delà Cambre , et, à g., par l’église de Subies (303 hab.), petit édifice de l’époque de transition, dans lequel on remarque de curieux fonts baptismaux du xiii* s. On traverse ensuite la Drome dont on remonte la rive g. A dr., se trouve (2 kil.) Noron (407 hab., poteries estimées). Près de l’église de ce village (nef du xi* s.), qui possède une croix de procession en cuivre émaillé, du xn* s., on remarque une ruine connue sous le nom de ruine de la chapelle Sainte-Catherine. 11 ne reste de l’ancien château de Bures que l’enceinte de ses fossés, mais les ruines de sa chapelle sont intéressantes. On laisse à dr. le château d’Agy, puis (2 kil.) le village du Tronquât/ (1140 hab.) sur la lisière O. d’un petit bois dans lequel se voit une enceinte fortifiée nommée château Goubian, qui est peut-être d’origine galloromaine.— Balleroy n’est pas situé sur la route directe de BayeuxàSaint-Lô; il est desservi par une route qui s’embranche sur la g. et qui, après avoir franchi la Drome, atteint 11 kil. Castillon (673 hab.).« Cette commune, dit M. de Caumont, tire évidemment son nom d’une enceinte retranchée ou camp, qui renferme le château, l’église et une petite agglomération de maisons. Le promontoire à peu près triangulaire qui forme l’enceinte, est défendu des deux côtés par des vallons escarpés et par la rivière de la Drome; de l’autre côté (vers le midi), par une longue terrasse on rallum, haute de 4 à 5 mèt.
BALLEROY. — CÉR1SY. •
et large de 6 mèt. à son sommet, sur une base de plus de 10 mèt. dans quelques parties. » Le château , bâti au siècle dernier, sur l’emplacement d’un manoir très-ancien, occupe une belle position sur les bords charmants de la Drôme. La route ressemble de plus en plus à une allée de jardin anglais.
15 kil. Balleroy, ch.-l. de c. de 1286 hab., possède de nombreuses fabriques de dentelles et de blondes.
Situé sur le coteau qui borde la rive dr. de la Drome , présente la forme d’une croix dont le sommet est occupé par le château. Une belle terrasse ou remblai le relie au château, qui, bâti de 1626 à 1636 par Mansart, décoré de peintures par Lemoine, flanqué de pavillons et de tours, entouré de fossés profonds, offre un aspect imposant. Les prairies qui descendent des jardins à la rivière ont été transformées en parcs anglais.
Des arbres magnifiques environnent cette splendide résidence qui appartient à M. le marquis de Balleroy.
L’église a été construite de 1650 à 1651. Le transsept est surmonté d’une tour octogonale décorée de pilastres sur les angles et couronnée par une pyramide en bois couverte d’ardoises.
Dans les environs de Balleroy se trouvent des mines de fer qui alimentaient autrefois une vaste forge établie sur le bord de la Drome, en 1655, par Jean de Choisy, fondateur de l’église et du château.
En suivant, pendant 2 kil. 1/2, la route de Caen à Isigny par Tilly-sur- Seulles, on va rejoindre, dans la forêt de Cérisy, à 126 mèt. d’altit., la route directe de Bayeux à Saint-Lô, qui, plus courte de 7 kil., dessert Vaubadon, v. de 635 hab., dont le beau château (1779) était, il n’y a pas longtemps encore, entouré d’un parc ; une partie des avenues a été abattue.
A la sortie de la forêt de Cérisy on aperçoit à g. (1 kil.) le v. de Montfiquet(307hab.). Lesarceaux du chœur de l’église sont supportés par des co-
lonnes engagées à chapiteaux romans du xn* s. Le presbytère occupe le milieu de l’enceinte de l’ancien château des seigneurs de Montfiquet. — Sur le bord d’un ruisseau, tributaire de laSeulle,se voit, à l’E. de l’église, une ferme que M. de Caumont regarde comme les restes d’un ancien manoir seigneurial. Le petit château moderne, qui s’élève à peu de distance de l’église, est entouré de jolies plantations. — Un chemin conduit sur la g. à (2 kil.) Litteau (514 hab.), dont l’église renferme des chapiteaux assez bien sculptés et des fonts baptismaux en pierre, peut-être antérieurs au xvi° s. Plus loin , on croise une route qui dessert à g. (4 kil.) Cérisy-la- Forêt et laisse à dr. le château de la Boulaye. Cérisy (1873 hab.), situé dans un vallon, sur la lisière O. de la forêt du même nom, possédait une abbaye fondée vers l’an 560 par saint Vigor, évêque de Bayeux, détruite par les Normands, rétablie en 1030 par le duc Robert I", et qui fut une des plus importantes de la Normandie.
L’église abbatiale, devenue l’église de la commune, « est, dit M. Gally- Knight, un exemple fort intéressant de l’architecture sévère mais grandiose des anciens Normands. Elle offre tant de ressemblance avec la partie antique de l’église Saint-Étienne de Caen, qu’on pourrait presque employer les mêmes termes pour la décrire. On y voit une nef avec des ailes latérales, des transsepts, un chancel semi-circulaire et une tour centrale.
Les arcades de la nef reposent sur des piliers et des demi-colonnes. Au-dessus règne un triforium remarquable par sa profondeur. Les chapiteaux des piliers sont ornés d’un feuillage entremêlé de figures d’animaux et de petites têtes. Toute espèce d’ornement est bannie des autres parties de l’édifice. ,
« Les transsepts sont séparés de la nef, comme à Saint-Étienne et à Saint -Georges - de - Boscherville . Le chancel est resté tel qu’il était dans
DE SAINT-LÔ A VIRE
l’origine; des colonnes en décorent l’intérieur; les fenêtres sont flanquées de demi-colonnes. La nef, qui n’eut jamais de voûte en pierre, est encore aujourd’hui surmontée d’un toit en bois. La façade est moderne et la longueur de la nef a été réduite.
Cette partie du monument subit d’importantes modifications dans le courant du xiv* s-, à l’époque où les moines bâtirent, en tète de la première église, un second édifice qui devait servir d’église paroissiale. En 1812, celle-ci souffrit beaucoup des intempéries de l’atmosphère et elle fut renversée l’année suivante. »
Au delà du château, de Haute- Littèe qu’on laisse à dr., la route franchit l’EUe, affluent de la Vire. Après avoir passé du départ, du Calvados dans celui de la Manche, on aperçoit à g. Bérigny (C67 hab.; église ancienne). Sur la dr. (1200 mèt.), se trouvent Saint-Georges-d'Elle , v. de 702 hab., et (1500 mèt.) Saint-André - de - l’Épine , v. de 397 hab. On laisse à g. : le bois de la Rilleraie ; Saint-Fierre-de-Semilly, où se voient une église ornée d’un beau portail, les restes d’un château fort bordant deux étangs et entourés de belles avenues (mon. hist.)et un château du xvi* s.; la Barre-de-Séinilly (492 hab. ; église fort ancienne); et Saint-Thomas (307 hab.). Sur la g.
la route côtoie le v. de Sainte-Croix (739 hab.) , dont les maisons touchent à celles de
37 kil. Saint-Lô (R. 52).
DE SAINT-LO A VIRE
A. Par Torigny.
39 kil. — Route de voitures. — Voit, de corresp. — 2 départs par jour. — Prix unique, 4 fr. So c.
Après avoir laissé à g. la route de Saint-Lô à Bayeux, la route de Vire par Torigny traverse, à l kil.deSaint-
Lô, le petit village de Saint- Thomas (307 hab.), gravit une côte (belle vue au sommet) , descend, par une pente rapide, dans une petite vallée boisée qu’arrose un affluent de la Vire, puis s’élève à 152 mèt. au-dessus de la mer. De ce plateau on découvre une vue admirable sur une vaste étendue de côteaux et des vallons entièrement couverts d’arbres et de prairies. Enfin, au delà, d’autres montées auxquelles succèdent d’autres descentes, on passe devant la belle propriété de M. Havin, député et directeur du Siècle, que l’on remarque sur la g.
13 kil. Torigny (hôt. : d’Angleterre;— du Lion-d'Or), ch.-l. de c.de 2082 hab., bourg situé à 90 mèt. d’altitude, possédait autrefois une abbaye fondée en 1307 par Robert Fabert, archidiacre d’Avranches.
Le château (mon, hist.), bâti en briques et en pierre, sur une place entourée d’arbres de trois côtés, fut construit, au xvi* siècle, par Jacques de Matignon, maréchal de France et premier comte de Torigny.
« Matignon, dit M. F. Deschamps, profita des loisirs que le rétablissement de la paix en France et le sommeil de lassitude et de faiblesse des factions lui donna dans l’exercice de son gouvernement et des ressources de son immense fortune, pour (aire de son château de Torigny une habitation presque royale. Il l’entoura de promenades, de jardins, et son vaste parc fut sillonné en tous sens par des avenues, dont nous avons vu les magnifiques ombrages abattus par la main avide de la spéculation. La peinture et la sculpture ornèrent à l’envi le pavillon qu’il fit élever sur les ruines de la tour Robert de Glocester, et les galeries qui unissent ce pavillon à celui de l’E. Les statues et les bustes ont disparu, ainsi que la plupart des tableaux; mais il reste encore un certain nombre de ceux-ci, d’un mérite réel. »
Avant 1793, le château de Torigny servait de résidence aux princes de