ROUTE 90] DIÉLETTE
entre le petit port de Diélette au N.
et la plage de Sciotot au S. Elles ont, en suivant toutes leurs sinuosités, 16 à 20 kil. de longueur et offrent une diversité d’aspects tous grandioses et imposants. Leur hauteur, qui varie de 70 à 100 met., laisse souvent entrevoir des abîmes à pic, ou s’étage par degrés immenses en sortant de la mer. Les rochers qui les soutiennent sont noirs à leur base, puis vont en s’éclaircissant jusqu’au sommet de la falaise, rougeâtres d’abord et enfin d’un blanc grisâtre. Ces derniers, dont les masses semblent indépendantes les unes des autres, et qui forment en quelque sorte le couronnement de cet édifice naturel, sont groupés et accidentés de la plus merveilleuse manière ; et le point culminant de la côte, connu sous le nom de Gros-Nez de l'iamanville, offre certainement les plus belles masses granitiques qui se puissent voir. »
Dans ces belles falaises s’ouvrent plusieurs cavernes dont la plus importante est le Trou-Baligan. « Cette grotte, dit M. Ragonde (Mémoire sur les antiquités celtiques de Varrond.
de Cherbourg ) a été évidemment formée par les dégradations successives d’une partie de terre sablonneuse qui se trouvait entre deux couches de roches granitiques de la falaise. Elle s’avance par-dessous la terre jusqu’à près de 100 met. L’entrée, d’abord étroite, s’élargit et parvient à près de 2 mèt. de largeur; mais elle finit bientôt par n’être plus qu’une fissure trop étroite pour y pénétrer. La hauteur de la caverne est de 17 ou 20 mèt. Quand on pénètre dans cette grotte, on éprouve un certain sentiment d’effroi ; d’abord en voyant au-dessus de sa tête, collés dans le sable de la voûte, d’énormes blocs de granit semblables à ceux qui pavent le fond de la grotte ; ensuite, par un singulier effet d’optique, en voyant les flots de la mer qui s’avancent en lames furieuses comme pour vous engloutir dans cette caverne. A 30 ou 33 mèt.
FLAMAN VILLE.
de profondeur, des blocs, tombés d’en haut, ont encombré le passage, de telle sorte qu’il est difficile de les franchir sans une corde. »
Un gigantesque serpent, raconte une légende locale , avait établi sa demeure dans le Trou-Baligan. Afin qu’il fit moins de ravages, les habitants du pays consentirent à lui porter, chaque semaine, un de leurs enfants pour sa nourriture. Cette redevance leur fut longtemps imposée. Enfin, saint Germain arriva d’Angleterre, glissant à la surface des ondes, porté sur une simple roue de charriot. A l’approche de ce libérateur, les habitants poussèrent des cris de joie, et le lieu où descendit le saint personnage prit le nom de Diélette, en latin dies lœta , jour heureux. Saint Germain s’avança vers la grotte pour combattre le dragon, mais un seul regard du saint changea le monstre en un énorme rocher, où sa figure fut imprimée.
Le château de Flamanville, un
des plus beaux châteaux de la Manche, construit sous le règne de Louis XIV (1654-1660), dans une admirable situation, au milieu de vastes étangs, de bois séculaires et de magnifiques pelouses, sur les ruines d’un ancien manoir, ;par Hervé Bazan, appartient aujourd’hui au marquis Donatien de Sesmaisons. Son unique étage, tout entier en granit ouvré, a sa façade principale sur une vaste cour d’honneur encadrée par deux beaux pavillons dont l’un contient l’orangerie (remarquables arcades) ; à l’extrémité s’élève la chapelle bâtie en 1659. Un magnifique jardin potager a pris la place des anciens fossés que M. de Sesmaisons a fait combler. C’est aussi M. de Sesmaisons qui a planté les longues allées d’arbres verts qui se prolongent jusqu’au cap Gros-Nez ou cap de Flamanville. Le parc a acquis ainsi une immense étendue ; à l’une de ses extrémités, celle qui touche au village, s'élève un pavillon, en forme de tour,