CAP DE LA HAGUE
blanc et fin, qui offrent l’aspect d’un paysage couvert d’une couche épaisse de neige. On conjecture, d’après des restes de terre végétale et d’anciens murs en brique, que les sables n’ont pas toujours couvert cette plage, et qu’elle a dù être habitée. On raconte, qu'en 1799, un combat eut lieu dans l’anse de Vauville, entre une frégate française et une frégate anglaise. La lutte fut si acharnée que toutes deux disparurent au milieu des flots. Il y a un fort armé dans cette commune.
On montrait, il y a quelques années, dans l'ancien château de Vauville, une chambre qu’habita le bienheureux Thomas Hélie, et où il mourut en 1257. Le château actuel a été bâti par le frère de l’amiral de Tourville, César de Cotentin, qui avait épousé une fille du Seigneur de Vauville. »
Après avoir, au delà du château de Beaumont , croisé les restes du retranchement appelé le Hague-Dicke (K.
ci-dessus), on laisse à g. (1 kil.) Herque ville, puis on traverse le bois de Beaumont et la lande de Jobourg avant d’atteindre
23 kil. Jobourg, v. de 625 hab., dont le nom, suivant certains étymologistes, signifie bourg de Jupiter (burgus Jovis), doit sa renommée à ses belles falaises (situées à 3 kil. à l’O.) qui attirent un grand nombre de visiteurs. Ces falaises, hautes de 125 met. au moins, et d’où l'on découvre un panorama immense, forment le cap appelé Nez-de-Jobourg.
Elles sont hérissées de rochers abruptes et entrecoupées d'immenses précipices. On y remarque de profondes cavernes, notamment celles du Lionau-Sorcier et de la Grande-Église, qui sont l’objet de nombreuses traditions.
Ces cavernes servent de refuge à un grand nombre de chauves-souris et d’oiseaux de mer.
On laisse à g. l’anse et la baie d’Escalgrain et à dr. Omonville-la- Petile (180 hab.), hameau dépendant de la commune de Digullcville et Saint-Germain-des-Vaux (777 hab.).
26 kil. Auderville, v. de 440 hab.
Cette commune forme l’extrémitc d’une presqu’tle de la Manche et comprend le cap de la Hague, pointe de terre basse qui s’avance dans la mer. C’est sur la côte d’Auderville que fit naufrage, pendant la nuit du 31 octobre 1823, le paquebot américain le Paris, qui ramenait en France Mgr de Cheverus.
A 1 kil. de la côte, sur un écueil nommé le Gros-du-Raz, se dresse un phare , le phare de la Hague et d’Anderville, dù à M. Morien de la Rue, ingénieur, et remarquable par sa construction (18 milles de portée, 50 met. d’élévation). Bâti sur un étroit îlot, il est séparé de la côte par un courant rapide et sans cesse exposé à la fureur des flots. « Les abords en sont très-difficiles. L’enceinte circulaire qui lui sert de base occupe à peu près tout le rocher sur lequel il s’appuie ; il a 9 met. de diamètre à la hase et 7 au sommet; le terrain ne permettait pas de construire au pied les magasins et les chambres des gardiens ; on a été obligé de les placer dans la colonne, dont la moitié seulement est occupée par l’escalier.
Dans les temps clairs, du sommet de la colonne, on aperçoit toutes les îles anglo-françaises. >>
Sur la côte O. se trouve le petit port de Goury, servant de refuge aux navires qui ne peuvent franchir le passage de la Déroute.