DE DREUX A CHATEAUNEUF
21 kil. — Route de voitures. — Voitures de correspondance.
A 2 kil. au S. de Dreux, près de Vemouillet, la route de Châteauneuf se sépare à dr. de celle de Dreux à Chartres (R. 95) et se tient pendant plusieurs kil. sur le versant des hauteurs boisées qui ferment à l’E. la vallée de la Biaise. Le bois de Marmousse, que la route traverse dans
toute sa longueur, borde la rive dr.
de la Biaise ; sur la rive g. (100 mèt. au-dessus de la mer) se voient le village de Garnay (535 hab.; dans les environs, deux buttes énormes, éloignées l’une de l’autre de 2 kil., et entourées de débris de fortifications) et le château de Marmousse.
8 kil. Tréon, v. de 550 hab., fut occupé par les Calvinistes, lors de la bataille de Dreux. Les bois, situés dans la partie N. de Tréon, couvrent une superficie de 250 hectares. La Biaise, qui coule à peu de distance de la route, baigne sur sa rive dr. A unaysous-Crécy (335 hab.) ; sur la rive g.
se montre Crecy-Couvé , v. de 276 hab., bâti sur une hauteur (165 mèt.) d’où l’on découvre les clochers de Chartres. Crécy fut, dans le principe, un château fort détruit vers le xi* ou le xii* s. par les Anglais (il reste encore des vestiges de leur camp) et sur l’emplacement duquel s'éleva un château que Louis XV fit construire, pour Mme de Pompadour, avec des matériaux provenant de l’aqueduc de Maintenon.
« Ce château, dit M. Lefèvre, les terrasses, les canaux, le parc, les jardins, les plantations et autres dépendances coûtèrent 38 millions, y compris la reconstruction de presque toutes les fermes du domaine. C'étaient presque autant de seigneuries, de châteaux et d’habitations particulières qui se fondirent dans le domaine de Crécy. Rien ne manquait à ce beau séjour, situé sur le sommet d’une côte qui dominait et développait la vue de la riante vallée de la Biaise ; d’immenses canaux, habilement dessinés, en renfermaient les eaux, et le coteau opposé présentai une vaste forêt percée avec goût.
« Une machine hydraulique, d’un mécanisme fort simple imaginé par Deparcieux, mettait en mouvement quatre pompes à la fois qui élevaient l’eau sur le sommet de la côte à plus de 160 pieds, pour la distribuer eji,T suite au château, dans le parc, dans
[ROUTE 97] CRÉGY-COUVÉ. -
les jardins et aux maisons du village, dans plus de 40 bassins.
« De 1748 à 1757, temps pendant lequel la marquise de Pompadour occupa le château de Crécy, elle le fit augmenter et embellir : on y admirait surtout une magnifique terrasse, et, parmi les appartements somptueux et richement décorés, un cabinet orné de sculptures vernies et de tableaux de Boucher. Elle fit construire aussi un hôpital où étaient entretenus les pauvres vieillards des deux sexes. »
Le 21 septembre 1757 la marquise vendit son château de Crécy au duc de Penthièvre, qui le céda plus tard au prince de Montmorency.
Le château de Crécy n’existe plus ; c’est à peine si on en distingue çà et là quelques vestiges. L’hôpital a’ été converti en une jolie habitation.
La route, laissant à dr. le bois des Aises et s’éloignant de la vallée de la Biaise, s’élève rapidement sur un plateau ondulé, dont les points culminants atteignent 150 à 220 met.
13 kil. Uorvillette , ham. de 83 hab., dépendant du v. de Saulnières (357 hab.), situé sur la rive g. de la Biaise.
17 kil. Saint-Jean-de-Rébervilliers, v. de 284 hab., au delà duquel la route traverse du N. au S. le bois dit (Jueue-de-Fontaine, dépendance de la forêt de Chàteauneuf.
21 kil. Châteauneuf-en-Thimerais, ch.-l. de c. de 1467 hab., situé à 200 mèt., dans une plaine fertile, près de la belle forêt qui porte son nom, était au moyen âge une ville fortifiée que défendaient un château fort et une enceinte de remparts et de fossés. Le château fort, détruit et reconstruit plusieurs fois , s’élevait sur une énorme butte haute d’environ 30 mèt., ayant à son sommet une plate-forme (25 mèt.) d’où l'on découvre un vaste et beau panorama.
Les fossés qui entouraient le château sont en l>on état de conservation; mais il ne subsiste de la forteresse, détruite eu 1600, que quelques débris de vieilles murailles et quelques vesli-
G1IÀTEAUNEUF.
ges de tours servant aujourd'hui de clôtures à des propriétés particulières.
L’église paroissiale, ancienne chapelle du château fort, a été abandonnée à la ville en 1600 et rebâtie depuis dans son état actuel. Les bas côtés datent du xvme s. — Sur l'emplacement des halles, fondées au xr s., détruites en 1847, s'élèvent la mairie et une fontaine.
De Chàteauneuf à Chartres, V. Y Itinéraire de la Bretagne, par Adolphe Joanne.