‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 456 sur 499 · DE VERNEUIL A LA FÈRTÉ-VIDAME. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE VERNEUIL A LA FÈRTÉ-VIDAME. [ROUTE

La route de la Ferté-Vidame, parcourant une plaine élevée (200 met.

d’altitude moyenne), passe, à 3 kil. de Verneuil, du département de l’Eure dans celui d’Eure-et-Loir et laisse à dr. (2 kil.) Boissy-le-Sec (648 hab. ; châteaux modernes de Philmain et des Haïes) et plus loin (3 kil de la route) la Clmpelle-Fortain (440 hab.), village qui paraît remonter à une haute antiquité. On y remarque les vestiges d’un ancien château fort dont l’emplacement est entouré de fossés et d’arbres. Le hameau de la Lamberdière conserve un dolmen de proportions colossales, appelé la Grosse-Pierre. A g. se trouvent (2 kil.) Morrilliers (257 hab.) et (1 kil) Lamblore (290 hab. : église citée en 1136), v. au delà duquel on rejoint la route de la Ferté àBrezolles.

15 kil. La Ferté-Vidame, ch.-l.

de c. de 1003 hab., situé près de la forêt de ce nom, à 244 met. au-dessus de la mer, ne porta, dans le principe, dit V Annuaire d'Eure-et-Loir , que le nom de Ferlé, Firmitas-Castrum, Fœrteia(98b), Firmitas(lOlO) , Feritas (1101), motsqui indiquent évidemment une origine gallo-romaine. Firmitas , Fermeté, lieu où l’on se fortifie: d'où s’est formé le nom de Ferteia, Ferté, forteresse. Le castrum indiquait généralement une vieille place forte romaine ; le firmitas, une villa ou métairie changée en forteresse : les deux noms réunis de Firmitas-Castrum permettent de supposer que les rois francs possédaient en cct endroit une villa qu’ils tirent fortifier au x*s. Ernaud « Ilcrnandus de Firmitatc, »

fils de Guillaume de Ferrières, vidame de Chartres (U28), lui donna le nom de la Ferté-Ernauld ou Arnault « Feritas Ernaldi, » qu’elle portait encore en 1585. Nous trouvons cependant, en 1412, la Ferlé-au-Vidame, d’où est venu le nom de la Ferté-Vidame qu’elle a conservé. F.Ue a été aussi appelée la Ferté-lcs-Bois, de 1792 à 1805.»

La Ferté-Vidame a compté parmi

ses seigneurs le duc de Saint- Simon, père du célèbre duc de Saint-Simon, qui, après la mort du duc d’Orléans (1723), ayant perdu beaucoup de son crédit, se retira dans sa terre de la Ferté où il écrivit ses Mémoires. Mme de Valentinois, héritière de la maison de Saint-Simon, céda la terre de la Ferté au marquis de Laborde qui, en 1767, fit démolir le vieux château du moyen âge et de la Renaissance et construire sur son emplacement celui dont on voit aujourd’hui les ruines; il dépensa, dit-on, près de 18 millions. Vendue en 1784.

sur des invitations qui équivalaient à des ordres, au duc de Penthièvre, la terre (le la Ferté appartint ensuite à la duchesse d’Orléans. Pendant la Révolution le domaine de la Ferté fut confisqué et vendu à l’encan. Le château bâti par le marquis de Laborde fut complètement saccagé en 1793, en 1803 il n’en restait que des ruines. Il fut restitué en 1814 à la famille d’Orléans; en 1845 et 1846 Louis-Philippe consacra un million à la reconstruction du petit château et à l’amélioration du parc, admirablement percé, dont les eaux, trop abondantes, forment six étangs et alimentent le moulin de Lamblore. Il fit, en outre, créer un potager, orner d’un parterre le devantdu petit château, réparer les avenues mousseuses situées en dehors du parc, vis-à-vis du vieux château. Le roi fonda, enfin, à la Ferté une école d'enseignement mutuel qu’il entretenaità ses frais. En 1852, dit V Annuaire d’ Eure-et-Loir , ce beau domaine fit retour à l’État; en 1855, il a été vendu à une société moyennant 864 000 fr.

L’église actuelle de la Ferté fut construite, de 1 658 à 1 660, par le duc et la duchesse de Saint-Simon, seigneurs de la Ferté. Le maître-autel est décoré d’un bon tableau représentant la Cène. Les armes de la famille de Saint-Simon se voient encore dans un caveau creusé dans la chapelle de la Résurrection etdestiné à servir de lieu de sépulture aux membres de la

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