DOMFRONT
51 kil. On laisse à dr. Jurigny-sous- Andaine, ch.-l. de c. de 1595 hab., situé sur le penchant d’un coteau, non loin de la lisière S. de la forêt d’Andaine, puis, à g., le chemin du village de Beaulandais.
Au delà du (5Ô kil.) château de Çollièrts (à g.) se trouve (6 kil.) le village de Saint-Front-dc-Collières (2252 hab.), dont l’église (flèche pointue, que l’on aperçoit de loin) offre quelques traces du style roman.
62 kil. Domfront (hôt. de la Poste) , V. de 2909 hab., ch.-l. d’arrond. du départ, de l’Orne, ancienne capitale du pays d'Houlme, pittoresquement située, à 215 met. d’alt., à l'extrémité d’un banc de rochers, taillés à pic et surplombant la Varenne de plus de 70 mèt., a conservé la physionomie des cités du moyen âge. Ses rues sont étroites et tortueuses, ses maisons irrégulières jt mal alignées.
L’emplacement qu'occupe la ville de Domfront était encore, au vi* s., recouvert par la forêt de Passais. L'ermite saint Front, s’y étant établi vers l’an 540, y bâtit, une petite chapelle autour de laquelle ses disciples formèrent un village. Telle fut l’origine de Domfront. Vers toi 1, Guillaume I,r de Belléme, seigneur d'Alençon, y fit construire une forteresse.
Dès lors le village de Domfront se développa rapidement et forma bientôt une ville qui devint la capitale du Passais- Normnnd. De iot4 à 1593, l’histoire de la ville de Domfront est l'histoire des sièges nombreux qu’elle eut à soutenir soit contre les Français, soit contre les Anglais, qui s'en disputaient la possession. Pendant les guerres de religion, cette petite ville fut prise plusieurs fois par les huguenots, la première fois, en 15<!8, par le capitaine Poly de Bretagne, qui rançonna les bourgeois, brisa les cloches, pilla les églises et brûla celle de Notre-Dame; la seconde, en 1574, par les capitaines René et Ambroise le Hérissé, qui se fortifièrent dans le château. La même année, Montgommery, s’étant échappé de Saint-Lô, se réfugia à Domfront, mais la ville fut aussitôt investie par Matignon, qui se trouvait à la tète d'une armée de plus de huit mille hommes. Montgommery, qui n’avait que deux cents hommes pour défendre la
place, soutint, avec cette poignée de braves, une lutté acharnée qui dura cinq heures. Matignon promit à Montgommery et à ses soldats qu'ils auraient la vie sauve s’ils capitulaient, mais Montgommery, s’étant rendu au camp de Matignon, futimmédiatement conduit à Paris où, un mois après, il eut la tête tranchée.
Les fortifications de Domfront, à demi ruinées pendant le siège précédent, n’ayant pas été restaurées, la ville perdit toute son importance militaire.
Les guerres de la Ligue n’occasionnèrent à Domfront que des troubles de peu de durée, car Henri IV en devint maître dès 1589. Dix ans plus tard, la forteresse fut démantelée par ordre du Béarnais. La châtellenie de Domfront appartint ensuite à Pierre de Donnadieu, gouverneur du duché d'Anjou, à Mlle de Montpensier, et enfin à Monsieur, comte de Provence, frère de Louis XVI.
L’église Notre-Dame-sur-l’Eau
(monument historique), ainsi nommée à cause de sa situation sur le bord de la Varenne, au-dessous des ruines du château, fut bâtie au xi* s. par Guillaume de Bellême, le même qui fit construire la forteresse. Il n’en reste aujourd’hui que le chœur et les transsepts, l’administration des ponts et chaussées ayant fait abattre la nef pour le redressement de la route d’Alençon à Saint-Malo. Dans le transsept N. se voit un tombeau gothique qui paraît dater du xv* s. ou de la fin du xiv", et qui passe à tort pour être celui de Guillaume de Bellême. Ce tombeau, celui de quelque gouverneur sans doute, représente un guerrier couché sur le dos, les mains jointes sur la poitrine, la tête appuyée sur un coussin et les pieds reposant sur un lion accroupi. Le dessus de la tête est orné de sculptures finement exécutées. Signalons aussi :
le maître-autel, qui date de la fin du xiii* s. ou du commencement du xiv", et quelques vestiges de fresques autour des fenêtres et sur divers points des murs.
L’église Saint- Julien, tet minée en 1749, renferme un bel autel en marbre rouge, en forme de tombeau, et