D’AVRANCHES A SAINT-MALO
l’ancienne corniche (1636); les peintures (xviu* s.) qui ornent le devant des autels latéraux; le baptistère en marbre noir qui a remplacé des fonts de pierre aujourd’hui dans le cimetière, etc.
A environ 2 kil. de Saint-Pair, sur le bord de la grève, se trouve, au milieu des arbres, le petit village de Bouilli, habité par des laboureurs et des pêcheurs. Entre l’ancienne grange aux dîmes et le presbytère se voyaient, il y a quelques années, les débris de l’antique chapelle de Bouillé dont le portail roman a été réédifié dans le jardin public d’Avranches (K. p. 486).
Près de l’emplacement de cet antique édifice existe un vieux puits avec une grossière margelle nonolithique, placé au bord d’une plaine de sable, et rappelant, dit M. le Héricher, les puits bibliques du désert.
Au N. du Val Saiut-Pair (1500 met.
env.), à peu près à égale distance de Saint-Pair et d’Avranches, s'élève, au milieu d’ifti jardin qu’entourent de hautes murailles, un joli manoir tion connu sous le nom d 'Ermitage et longtemps habité par un horticulteur distingué, Louis-René le Berryais.
« 11 y a environ deux cents ans, dit M. le Héricher, ce beau site, d'un aspect rude et sauvage, éloigne de la ville qui est venue vers lui à grands pas, et qui vient de plus, dans une poétique curiosité, regarder la baie sur le penchant de sa montagne, était un ermitage. Deux ermites l'habitaient. L’ermitage contenait une vergée de terre. Un jour les deux frères virent arriver un homme qui se disait ermite d’une forêt voisine. Après quelques jours de vie commune, le nouvel ermite, qui était pieux et éloquent, leur fit voir que leur retraite était trop voisine de la ville, qu'elle jouissait d’un site trop riant, qu’elle n etait qu’une demi-solitude et l’asile heureux d’une religion facile. Les deux frères furent persuadés, et, vendaht tout ce qu'ils possédaient, ils amassèrent une somme de mille écus,
et déposèrent leur trésor dans leur ermitage. Quelques jours après, il n’y était plus : le saint homme, le beau parleur et l’argent avaient disparu.
Les deux ermites se retirèrent dans l’ermitage de Saint-Sever (diocèse de Coutances). » L’ancienne demeure de M. le Berryais d’un aspect intéressant, rappelle quelques fermes-manoirs du xvii* s. et quelques souvenirs du moyen âge. L’entrée, double, présente la porte cavalière et la porte piétonnière. Près de celle-ci le mur extérieur s’arrondit en saillie, comme un rudiment de tourelle et offre une meurtrière.
De la colline où passe la route de Fougères et de Saint-Malo, on découvre une vue admirable- — 2 kil. plus bas, sur la g., on remarque les belles futaies d’une magnifique propriété ( l'Ile Manière , commune de Saint- Quentin), qui appartient à M. Marquis, gendre de M. Chambolle.
La route franchit la Sélune sur la rive g. de laquelle se trouve
7 kil. Pontaubost, v. de 379 hab., dont l’église, réparée au. siècle dernier, a conservé quelques dalles tumulaires.
A g. se détache une route conduisant à Val-Mortain par (5 kil.) Ducey, ch.-l. de cant. de 1875 hab., à 1 kil.
en deçà duquel se trouve sur la dr.
Poilley (1666 hab.), dont l’église renferme un bas-relief représentant la Passion en six scènes ou compartiments. 11 ne reste que peu de débris de l'abbaye de Montmorel, bâtie vers le milieu du xn* s. sur le territoire de la commune de Poilley et dont des constructions modernes occupent l’emplacement. Le bourg de Ducey est situé sur la rive dr. de la Sélune, près d’un Ilot planté de peupliers. Le château, bâti en 1624, par Gabriel II, fils de Montgommery, et bien mutilé, est une imitation du style de la Renaissance. Un caveau, pratiqué dans les jardins qui entourent le château, renferme le tombeau de Gabriel II.