ROUTE 2] LE HAVRE. — COMMERCE ET INDUSTRIE
ment au quart ou au cinquième de celui de la France entière. Le tableau suivant résume les développements qu’il a pris de 1838 à I8til inclusivement :
Nombre
Tonnage
Recettes
Années.
de navires
desdits
des douanes
entrés.
navires.
du Havre.
15 820 OOO
498 OOO
900 OOO
1 052 OOO
Les navires venant des Etats-Unis importent du coton, du tabac, du riz, des potasses, du quercitron, des fanons de baleine, du cuivre, des résines, des mâtures, enfin, du blé et de la farine, lorsque la récolte a été mauvaise en France. — Les navires du Brésil importent surtout du café, puis du sucre, des bois de palissandre, du cacao, du tapioca et un peu de coton. — Ceux d'Haïti apportent principalement du café, beaucoup de bois d'acajou et de campéche, ainsi qu’un peu de coton et de cacao. — Des Antilles étrangères viennent du sucre qui se réexporte après avoir été raffiné, des cafés, des bois de teinture, etc. — La PUita et lit o-Qrande envoient des cuirs salés et secs, des laines, des crins, des cornes, etc. — Les mers du sud fourn issent du guano, des nitrates de soude, des minerais de cuivre, des cuirs, du bois de teinture, des nacres bâtardes, etc. — De l 'Inde et de la Chine viennent du riz, du salpêtre, des cuirs, du colon, du cachou, de l'indigo, du café, des thés, de la cannelle, des chanvres, etc. — Le Sénégal et les côtes d 'Afrique importent des huiles de palme, des arachides, des bois d'ébène, des bois de teinture, de 11voire, de la gomme, etc.
La valeur des exportations françaises a été, en 1857 , do 729 millions pour la France entière; celle des importations, de 541 millions; ensemble 1270 millions. Le transit des marchandises étrangères, sorties par le seul port du Havre, s’est élevé, en 1857, à 7 846 aoü kilogr.
Les armateurs du Havre possèdent 383 navires à voiles, d'un tonnage de 145 ooo
tonneaux, 53 bateaux à vapeur et une quarantaine de baleiniers.
Du tableau suivant ressort une augmentation assez importante survenue, en 1883, dans les droits perçus par la douane :
Droits de douane en 1862 20 008 060
Droits de navigation en 1 862. . . 838 05 1
Recettes accessoires en 1862.. 83 070
Taxe sur les sels en 1862 73 003
Total des recettes en 1862 21 003 041
Différence en faveur de 1863... 6016 414
Les exportations consistent en tissus de soie, rubans, tissus de laine, de coton, percales, calicots, indiennes, tissus de lin, de chanvre, écrus, vêtements confectionnes et lingerie, orfèvrerie et bijouterie, ouvrages en peau et cuir, gants, chaussures, mercerie, parfumerie, peaux préparées, ouvrages en métaux divers, moulins à sucre, machines diverses, locomotives, papier, cartonnages, gravures, livres, horlogerie, pendules, verres, cristaux, glaces, poteries, fleurs artificielles et modes, tabletterie. et bimbeloterie, ouvrages en caoutchouc, armes de chasse et autres, vins divers, principalement de Champagne, beurre salé , farine de froment , peaux brutes, etc.
Des services réguliers de paquebots à vapeur sont établis entre le Havre et New- York, Londres, Hambourg, Rotterdam,- Saint-Pétersbourg, Liverpool, Dublin et Glascow, Constantinople et Odessa, le Brésil, la Plata, Montevidéo.Buenos-Ayres, les Antilles, Panama, les ports du Pacifique, la Californie, Vancouver, Hull; Copenhague, Swansea, Bristol, Hambourg, Dunkerque (tous lesjoursj, Brest (départ le l*r, Il et 21 de chaque mois), Morlaix (départ les 5, 10, 15, 20, 25 et 30 de chaque mois), Cherbourg (trajet en 6 h. 1/2 ou 8 h. ; départ tous les dimanches; lr*cl. 12 fr., 2* cl.
8 fr., 3* cl. 6 fr. ; ce service correspond avec les paquebots à vapeur et à voiles de Dunkerque, Bordeaux, Rouen, Paris, la Hollande, Hambourg, l’Angleterre et les îles de Jersey et Guernesey), Caen, Ronfleur et les ports de la Normandie (R. 70).
Des paquebots à voiles font le service entre le Havre et : New-York (départs les 1", 8, 16 et 24 de chaque mois; 550 fr.); New-Orléans (départs les 8,20 et 30 de chaque mois) ; la Martinique et la Guadeloupe
DE PARIS AU HAVRE
(départs fréquents) ; la Havane (le l*r de chaque mois); la Havane et autres ports de l'ile de Cuba (départs le S de chaque mois) ; Haïti et Santo-Domingo ; la Guayra et Porto -Cabello; Port-au-Prince; Cap Haïtien (un départ par mois); Porto- Rico, Saint- Jean, Mayanez (un départ par mois); Vera-Cruz (départ à la lin de chaque mois; prix du passage, 600 fr. et îoo fr.) ; Tampico (cinq ou six départs par an); Côte-Ferme (six départs paran); Sainte- Marthe et Savanilla; Pernambuco, Maragnan. Para et Ceara (départs tous les mois); Bahia (départs tous les 20 jours); Rio-de-Janeiro (départs le 1er et le 16 de chaque mois); la Plata (départs mensuels); Lima (départs tous les 20 jours); Valparaiso (départs tous les 20 jours); Intermedios (Arica et Islay) ; lie de la Réunion (départ le lo de chaque mois); la Chine ; Rio-grande du Sud; Calcutta; Maurice (départs tous les mois); Batavia, Manille, Chine et le Golfe du Bengale ; Trinidad ; Lisbonne et Porto (départs le 1er de chaque mois); Abbeville et Amiens ; Boulogne et Calais ; Saint-Malo et Dinan ; Saint- Brieuc et Lannion; Granville; Stettin et toute la Pruse ; Marseille.
L'émigration forme un élément de fret important pour les navires partant du Havre pour l’Amérique. Le nombre des émigrants embarqués au Havre, du 1er juillet 1863 au 30 juin 1864, s’est élevé à il 046. Dans ce chiffre, la France figure pour 1006 individus.
Le Havre possède de magnifiques usines pour la construction des machines; il faut placer en tète celles deMM.MazelineetC'*, qui ont appliqué le système à hélice aux navires de guerre et auxquels on doit ; 1° l’invention et l'application des pompes à air horizontales à double effet et à clapets élastiques; 2° l’invention et l’application d’un système de conjugaison de manivelles tel que la marche se maintient régulière avec 2/10 seulement d’introduction de vapeur. En seconde ligne vient l’importante usine de M. Nillus, qui n'occupe pas moins de 17 000 met. de superficie et produit des moulins à sucre, des moteurs hydrauliques, des appareils de draguage, des machines et des chaudières pour la marine impériale, des bateaux en fer, des laminoirs à fer et à cuivre, etc.
L’usine des Forges hacraises se compose d'une machine à vapeur de 60 chevaux, de sept paires de laminoirs divers, d'un martinet, de douze fourneaux pour la fusion, etc. Cet établissement s'occupe de la fonte des minerais de cuivre de toute nature, du
laminage des cuivres rouges et des cuivres jaunes, de la fonderie des clous, etc.
L'usine de laminage du Havre (machine de 40 chevaux), construite en 1853, occupe environ 60 ouvriers.
Il existe au Havre trois chantiers de construction pour les navires; celui de M. Normand occupe le premier rang.
Les corderies havraises sont très-renommées; elles ont mérité des prix aux diverses expositions et s’exportent en grande quantité pour les colonies françaises et pour Buenos-Ayres, Carthagène, etc.
Le Havre possède aussi de très-importantes ra/fineries de sucre. La raffinerie Gevers et C'*, en vente en 1865, fondait annuellement de 6 à 7 millions de kilogr. de sucre et occupait environ 100 ouvriers ; celle de MM. Cor, Haentjenset C'*, 8 millions de kilogr.; celle de MM. Clerc-Kayser et Cie (environ 250 ouvriers), 12 millions de kilogr.
La manufacture de tabacs occupe 451 ouvriers et produit l 480 000 kilogr. de tabacs. Son entrepôt de tabacs en feuilles est le plus considérable de tous ceux qui existent en France.
Signalons aussi : une filature de 14 500 broches, 370 métiers à lisser, occupant 550 ouvriers; une usine importante ayant pour objet le laminage du zinc, du cuivre rouge et jaune, du plomb, etc.; des moulins à blé et à riz; des boulangeries pour la marine; des brasseries; une verrerie (tooooo bouteilles par mois qui s’exportent même en Angleterre); une fabrique de quinine et de bichromate de potasse, qui est aujourd’hui une des plus considérables de France; 16 compagnies d’assurances maritimes, etc.
Le Havre possède une Chambre d’agriculture, un Comice agricole, une Chambre et une Bourse de commerce, une succursale de la Banque de France, des interprètes conducteurs de navires, des consuls de la Confédération Argentine, d'Autriche, du grand-duché de Bade, de Bavière, de Belgique, de Bolivie, du Brésil, du Chili, de Costa-Rica, du Danemark, des Deux- Siciles, de l’Équateur, d’Espagne, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Confédération Grenadine, du Guatemala, d'Haïti, de Hanovre, de Hesse grand-ducale, de Meklembourg, du Mexique, d’Oldembourg, des Pays-Bas, du Pérou, du Portugal, de Prusse, de Russie, de San- Salvador, de Sardaigne, de Saxe, de Suède et Norvège, de Suisse, de Turquie, d’Urugay, de Vénézuela, des Villes Anseatiques, de Wurtemberg.
ENVIRONS DU HAVRE
EXCURSIONS-
Les environs du Havre offrent aux touristes de nombreux buts d’excursions. Si l’on ne fait pas un voyage complet en Normandie, on profite généralement d’un séjour au Havre pour aller visiter Étretat (R. 3), Honfleur ou Trouville (R. 70), les châteaux d’OrcheretdeTancarville (Voir ci-dessous), etc.. Parmi les excursions plus rapprochées qui sont pour ainsi dire des promenades de la ville, nous signalerons surtout aux étrangers Ingouville, Sainte- Adresse, les phares, Sanvic, Graville. Harfleur et Montivilliers. Montivilliers , Harfleur et Graville ont été décrits ci-dessus, page 87 et suiv. ; il nous reste donc seulement à donner ici quelques renseignements sur Ingouville, Sainte- Adresse , les phares, Sanvic et Rouelles.
Ingon ville.
10 à 15 minutes suffisent pour monter de la place de l’Hôtel-de-Ville au sommet du coteau d’Ingouville. Ce coteau est si bien situé, on y découvre une si belle vue, que tous les terrains, qui s’y vendent fort cher, s’y sont couverts de jardins et de villas. L’étranger, qui ne peut obtenir l’autorisation d’entrer dans ces propriétés pour la plupart dignes d'envie, ne jouit de la vue que sur deux ou trois points réservés ^ grands frais pour les maisons bâties, sur le plateau, à la gauche de la belle rue qui le longe de l’O. à l’E. La vue est plus libre , plus étendue au-dessous du fort de Sainte-Adresse et surtout aux phares, que tous les touristes ne doivent pas manquer de visiter.
Bainte-Adresce. — Le* phares.
Pour aller a pied de la place de l'Hôtelde-Ville aux phares de la Hève, 1 h. de marche est nécessaire. — Des omnibus partent tous les quarts d'heure de la place Louis XVI pour Sainte- Adresse (40 c.). Ce trajet, au moins jusqu'au delà du pavillon de la reine Christine, ne doit pas être fait à pied.
Sainte-Adresse, commune de 1554 hab., située à 4 kil. du Havre, dans un petit vallon un peu boisé qu’arrose un petit cours d’eau, ne mérite plus la réputation beaucoup trop grande que lui a faite Alphonse Karr; c’est, dans sa partie inférieure surtout, un faubourg de la grande ville à laquelle le relie une ligne non interrompue (la rue d’Étretat, où les accidents sont journaliers) de maisons, très - irrégulièrement bâties , bruyant , malpropre, aussi désagréable à l’odorat qu’à la vue, et, par les chaudes journées de l’été, à demi étouffé dans d’épais tourbillons d’une poussière infecte. Ses bains de mer (Voir p. 102) sont cependant très-fréquentés, et, pendant la saison des bains, il est souvent difficile de trouver une chambre à louer, même à des prix élevés, dans la plus affreuse, la plus incommode et la plus puante de ses maisons; aussi, chaque année le nombre des habitations s’accroît et la population augmente. Il est à espérer qu’un jour viendra où l’édilité fera paver ou macadamiser les rues de ce faubourg, enlèvera les immondices, et surtout donnera un écoulement aux eaux croupissantes.
Quand on a dépassé le carrefour des Quatre-Chemins, où conduit la longue, étroite et sale rue d’Êtretat, on ne tarde pas à laisser à g .la villa de la reine Christine , d’où l’on jouit d’une belle vue, mais qui a été construite sur un terrain mouvant. A peu de distance, le chemin se bifurque; celui de dr., bordé de maisons de campagne, conduit au village de Sainte-Adresse proprement dit. Les étrangers n’ont rien de curieux à y visiter. Lorsque Alphonse Karr l’a mis à la mode, il était beaucoup plus champêtre, plus boisé, plus tranquille.
Au xm' s. , il appartenait, nous apprend M. Morlent, à la famille de Vitanval, dont le chef, appelé Noir Pel , ou peau noire, construisit , au centre de la vallée, un petit château fort, où Charles IX et Catherine de
DE PARIS AU HAVRE
Médicis logèrent à l’époque de la reprise du Havre sur les Anglais. Les ruines du château, détruit par les habitants d’Harfleur, se voient encore, assure-t-on, dans une cour de ferme (la cheminée de la ferme provient du château). Sainte-Adresse s'appelait alors Quief de Caux, ou Chef de Caux, Caput Caleti, sans doute, dit M. l’abbé Cochet, à cause de ce gigantesque promontoire des Calètesaupiedduquel il s’abritait comme un nid au pied d’un buisson. L’ancienne église, dédiée à saint Denis, parce que, selon une légende catholique, les Ilots de la Seine avaient déposé sur les grèves de Chef de Caux la tête du saint évêque de Paris, a, si l’on doit en croire une tradition locale, disparu sous les eaux avec l’ancienne ville de Quief de Caux. De vieux pécheurs racontent que, sur le banc de l'Éclat, à plus de 800 met. de la plage , ils voient , dans les grandes marées, les fondements de cette église de Saint-Denis, que la mer furieuse sépara violemment du cap de la Hève. M. l’abbé Cochet avoue avoir aperçu, un jour de 1840, sur les sables du rivage et dans la coupe des terrains, des tuiles à rebords, des pavages en pierre de liais, des aires charhonnées, des étuves et des restes de colonne. L’église actuelle a été reconstruite au milieu duxvm0 s.
On a découvert récemment des vases romains en creusant les fondations d'un pavillon de la rue de la Ferme, à mi-côte.
Alphonse Karr a donné à l’une des rues le nom de Marie-Talbot, en souvenir d’une vieille servante de la famille Bernardin de Saint-Pierre, que l’auteur de Paul et Virginie a immortalisée par un admirable récit de la réception qu’elle lui fit au retour d’un long exil.
Du fond du petit vallon de Sainte- Adresse, on peut monter aux phares de la Hève; mais le chemin laissé à g., à la jonction dont nous avons parlé ci-dessus , doit être préféré par les touristes, parce qu’il offre à chaque
pas d’admirables points de vue sur le Havre, l’embouchure de la Seine, les falaises de la Hève et la mer. Au delà d’un restaurant fréquenté par les Havrais, et près duquel est un petit parc aux huîtres, il monte assez rapidement sur le bord de la falaise jusqu’à la chapelle de Notre-Dame-des-Flots, but de pèlerinage pour les marins.
La première pierre de cette chapelle, construite dans le style gothique, a été posée le 30 septembre 1 857 par Mlle Hélène Marquis, de Paris, sur un terraiu offert par Mlle Lefébure. La bénédiction eut lieu en grande pompe, le dimanche 1 1 septembre 1859. Le clocher, haut de 30 mèt. , couvert en tuiles vernissées, sert d’amer aux navigateurs.
A côté de la chapelle de Notre-Dame des -Flots, s’élève un autre monu ment que les Havrais appellent Pain de sucre, parce qu’il a, en effet , cette forme. C’est une sorte de cénotaphe plus que* grotesque, car il ressemble à uu œuf dans un coquetier, élevé par la \ euve du contre-amiral Lefèvre-Desnouettes, mort en mer, à la mémoire de son mari , et qui était destiné à guider les marins avant la construction de la chapelle; mais il ne répondait pas à sa destination, puisqu’il n’a jamais été éclairé la nuit.
Quelques minutes de marche suffisent pour aller de la chapelle Notre- Dame-des-Flots aux phares de la Hève, situés à 103 mèt. d’altitude au-dessus d’admirables falaises, dont ilnc faut pas s’approcher de trop près, car les éboulemenls y sont fréquents et dangereux.
Les phares de la Hève (lenticulaires et à feu fixe), allumés pour la première fois le l*r novembre 1775, sont deux tours quadrangulaires, bâties à 83 mèt. de distance l’une de l’autre et élevées de 20 mèt. au-dessus du sol. On monte par un escalier de cent deux marches à la plate-forme de la tour méridionale (pourboire au gardien) , que surmonte une lanterne vitrée sur toutes ses faces, et haute
?le
ENVIRONS DU HAVRE
de 7 met. Après des essais successifs de divers systèmes d’éclairage, la lumière électrique a été définitivement adoptée pour les phares de la Hève ; elle projette sa lueur à vingt milles environ, par un temps clair.» Ces phares, ditl’Almanaeft du Commerce du Havre, ont été principalement établis pour indiquer, pendant la nuit, la position du Havre et de ses mouillages; mais on prétend que, malgré la hauteur à laquelle ils sont placés, ils sont trèssouvent cachés par la brume, et que, dans beaucoup de circonstances, on les voit moins distinctement que le feu de la jetée. »
N. B. Pour pouvoir visiter l’intérieur des phares et les appareils, il faut être muni d’une autorisation de l’ingénieur des ponts et chaussées.
De la pointe de la Hève on découvre, lorsque le temps est parfaitement clair, la pointe de Barfleur (80 kil.
environ au S. O. du Havre) ; au S., et en deçà de Barfleur, Dives et l'embouchure de l’Orne ; au N. le cap Antifer et les falaises d’Ëtretat.
La Hève offre de nombreux débris fossiles; le savant naturaliste Ch. Lesueur, dont le corps repose dans le petit cimetière de Sainte-Adresse, y a fait de nombreuses découvertes qui ont enrichi le Muséum de Paris.
Suivie.
Pour aller à Sanvic (des omnibus partent cinq fois par jour de la place Louis XVI), il faut suivre la rue de la Comédie qui aboutit à la place Napoléon 111, au N. O. de laquelle s’ouvre la rue d’Êtretat. Cette dernière rue se prolonge jusqu’au carrefour des Quatre-Chemins, d’où, prenant, à dr.
la rue de la Cavée-de-Sanvic, on monte dans le petit vallon qui sépare Ingouville de Sanvic et où se succèdent de nombreuses villas.
Sanvic (2S29 hab.), charmant village entouré do jolies maisons de campagne, de beaux jardins et de grands arbres, fut la dernière retraite des prédicateurs do la religion réfor-
mée. L’église, récemment reconstruite dans le style roman, est surmontée d’un clocher carré un peu lourd.
Un joli chemin creux conduit de l’église de Sanvic au fort de Sainte- Adresse, d'où l’on découvre une trèsbelle vue sur Sainte-Adresse, la mer et une partie du Havre. — On peut aussi revenir de Sanvic au Havre par Ingouville.
Rouelle*.
Le village de Rouelles (5 kil. environ du Havre; 3 kil. d'Harfleur), très-fréquenté pendant la belle saison par les Havrais, offre, en effet, un charmant but de promenade. On gravit d’abord la côte Saint-Michel, sur laquelle s’élèvent de nombreuses villas, puis on traverse le bois des //allâtes, qu’arrose un charmant ruisseau bordé de saules et de chèvrefeuilles, que sillonnent des chemins sinueux, et qui présente, çàet là, de jolis accidents de terrain et de gracieux paysages. Au sortir du bois, on aperçoit Rouelles (603 hab.), bâti au milieu d'un bouquet d’arbres et de vertes prairies. Près du village, sur le sommet d’une petite colline qui a gardé le nom de Côte de la Justice , s’élevaient autrefois les fourches patibulaires de Montivilliers. L'église, en grande partie du xu' et duxm',s., est précédée, au S., d’un porche ogival en bois dans le style du xvi* s. La fenêtre qui surmonte la porte principale et quelques vieilles statues, que l’on voit à l’intérieur de l’édifice, méritent d’ëtre signalées aux amateurs.
Rouelles possédait jadis un manoir féodal dont il ne reste plus guère que le colombier, situé sur le bord de vastes étangs.
A 1 kil. de Rouelles, sur le versant méridional de la colliqe qui borde la gracieuse vallée de ce nom, s'élève, à demi caché par des massifs de verdure, le château d’Éprémesnil, bâti sur le territoire de la commune de la Fontaine- Mallet. C'est une jolie construction du siècle dernier, moins
DE PARIS AU HAVRE
remarquable par son architecture que par sa belle situation.
Au pied du coteau qui porte le château d’Ëpremesnil, coule une petite rivière qui, serpentant à travers les prairies et les bosquets des vallées, va alimenter les pièces d’eau du château de Mont-Géon, situé, à 1 kil. 1/2 auS.de Rouelles, sur une petite éminence d’où l’on découvre aussi de belles vues.
On peut de Rouelles venir prendre à (3 kil.) Harfleur, le chemin de fer, ou, contournant la colline de Graville, visiter cette intéressante localité ( V . page 87) et rentrer au Havre (9 kil.
env.) par la route de terre.
GonfrevlUe-rOrcher.
Pour se rendre au château d’Orcher, on va, soit par le chemin de fer, soit par la route de terre, à Harfleur, où, prenant un chemin pratiqué sur la crête de la falaise, on gagne, en se dirigeantàrE.,Gonfreville-rOrcher (3 kil. d’Harfleur) , v. de 727 hab., pittoresquement situé dans un petit vallon, sur la rive dr. du fleuve. Au milieu du village s’élève l' église, entourée de tilleuls. Elle date en partie du xi' s. Le portail principal , dont la voussure est délicatement sculptée, est un élégant spécimen de l’architecture romane ; à l’intérieur de l’édifice, quelques pierres tombales et deux ou trois tableaux méritent d’attirer l’attention. Des débris de murailles sont les derniers restes de l’ancien château fort qui a dû jouer un rôle important dans les guerres du moyen âge. Le château actuel, construit au xvn' s. sur les ruines de la forteresse primitive , n’offre aucun intérêt architectural, mais sa situation est magnifique. De la superbe terrasse qui le.précède, et qu’entoure un beau parc, entretenu avec soin, on découvre un vaste et beau panorama, sur les collines de la basse Normandie, jusqu’à l’embouchure de la Dives, sur les rives de la Seine et le port du Havre. Le château d’Or-
cher appartient à la famille de Mortdmart. Les environs sont riches en orchidées.
A quelques mètres au-dessous du château jaillit une fontaine à laquelle on attribue, à tort ou à raison, une vertu pétrifiante.
Tancarville.
On peut aller du Havre à Tancarville, l'par le chemin de fer; 2° par la route de voitures. — Si l’on choisit la première direction, il faut s’arrêter, à (7 kil.) la station de Saint-Romainde-Colbosc d’où les omnibus conduisent pour 40 cent, au bourg de ce nom (4 kil., R. 2). Une bonne route de voitures relie Saint-Romain à (11 kil.) Tancarville; cette route croise celle de Lillebonne au Havre , laisse à dr.
une autre route conduisant à la vallée d’Oudalle, puis, à 1 kil. environ, le château de Cramesnil, et passe à Porte- Blanche, avant d’atteindre (5 kil.) la Cerlangue, v. de 208 hab. qui possède une église du xv' s., surmontée d’une flèche gothique assez remarquable. A Saint-Jeau-d'Abbelot, ch.-l.
d une ancienne commune aujourd’hui réunie à celle de la Cerlangue , v.
situé à 2 kil. au S. O., se trouve une église d’architecture romane, curieux spécimen de l’architecture de la première moitié du xi' s. , sous laquelle existe une crypte décorée de peintures murales. L’intérieur est orné de fresques de style barbare (mon. hist.).
Cet édifice, le plus intéressant peutêtre du canton, au point de vue architectural , est malheureusement très délabré. Les peintures de la nef et de la crypte ont été récemment restaurées par M. Anatole Dauvergne.
Au delà de la Cerlangue, la route, ombragée et bordée de maisons, continue de se diriger au S. E. vers Val- Saint - Martin ; les piétons peuvent prendre un chemin qui abrège. La route de voitures décrit une grande courbe, au fond d’un vallon boisé, pour atteindre la base des falaises, au débouché de ce vallon.
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On se rend aussi du Havre à Tancarville (voitures particulières à 2 chevaux, 20 et 25 francs, selon la saison et l’aflluence des touristes) en suivant la route de Rouen qui passe par Graville et Harfleur (R. 2). A 2 kil. d’Harfleur, après être monté sur le plateau , on laisse à g. l’ancien château de Bainvilliers, aujourd’hui transformé en ferme. Cette jolie habitation est un charmant spécimen de l’architecture de la Renaissance.
Malgré son changement de destination, les remarquables sculptures qui en ornent l’extérieur sont assez bien conservées. Henri IV coucha dans le château de Bainvilliers, lorsqu’il vint au Havre en 1603. On raconte, à ce sujet, l’anecdote suivante. Henri IV fit inviter le curé de la paroisse à partager son souper et lui demanda, après le repas — on avait bien bu — quelle distance il y avait d’un paillard à un gaillard. — Sire, la table, répondit le curé qui faisait vis-à-vis au roi.
3 kil. plus loin, on passe à Gainneville, v. de 626 bab. Le clocher de l’église est surmonté d’une élégante flèche octogone en pierre qui domine gracieusement les arbres dont elle est entourée.
Des antiquités gallo-romaines ont été découvertes près de Gainneville.
A 5 kil. environ de Gainneville, après avoir dépassé à dr. Houlot, on laisse à g. la route de Paris pour prendre celle qui , continuant de se diriger àl’E., en ligne droite, conduit à Lillebonne. A peu de distance de la jonction se trouve Saint-Aubin, v. de 661 hab., à 3 kil. duquel on rejoint, près de la briqueterie (à 1 kil. de Saint-Romain de Colbosc), la route décrite ci-dessus.
Un chemin, pratiqué à la base des falaises, reliera Harfleur à Tancarville (F. ci-dessous). En suivant (18. kil.
env.) ce chemin, on passe devant un certain nombre de petits vallons parmi lesquels nous mentionnerons surtout ceux de Rogerville et d ’Oudalle qui
remontent jusqu’à la route de terre. On» trouve ensuite, au pied des falaises, les hameaux ou habitations de Mortemer, l’Estrang, Saint-Jacques-du-Val- Hulin, Cressenval, et Val-Salé.
Tancarville (hôtel du Havre, tenu par M. Toutain, qui a la garde de la clef du château et qui fait accompagner les étrangers, pourboire) , v.
de 401 hab. , situé sur la rive dr. de la Seine, au débouché d’une jolie vallée boisée, presque vis-à-vis de Quillebceuf, est dominé par les ruines imposantes de l’ancien château fort des comtes de Tancarville. « Ce château fort est bâti sur une falaise de près de 50 mèt. de hauteur, affectant, dit la Normandie illustrée, la forme d’un triangle, dont la pointe la plus allongée se dirige vers le N., puis coupée à pic dans sa partie orientale et bordée au pied par les flots tumultueux de la Seine que gonfle le voisinage de la mer, séparée au S. , du reste du promontoire, par un vallon et un fossé parallèles, enfin, isolée, du côté de Î’O., de la Pierre-Gante , sa pittoresque voisine, par une gorge profonde, à travers laquelle serpente, dans l’épaisseur du bois, le chemin qui conduit du village de Tancarville au bourg de Saint-Romain, et que l’on désignait autrefois sous le nom significatif de la sente aux Prisonniers.
« L’ensemble des courtines et des tours, dont se composait la forteresse, a suivi le plan triangulaire du plateau de la falaise ; ce qui porte à croire que ce tracé a été exécuté d’un seul jet. quoique l’on puisse assigner aux parties qui le composent différents âges de construction. D’après cette conjecture, un système de défense aussi vaste et aussi complet ne pourrait remonter plus haut que Henri 1", le dernier des fils de Guillaume le Conquérant. »
Après avoir appartenu, jusqu’en 1320, à la puissante famille des sires de Tancarville , ce château passa successivementaux nobles mai son s d’Harcourt, de Longueville, de la Tour-d’Au-
DE PARIS AU HAVRE
tergneet de Montmorency : il fut visité ou habité tour à tour par Charles VI, Talbot, Dunois, Charles VII et Agnès Sorel. Le financier Lawen fut quelque temps propriétaire. Vendu , pendant la Révolution, à un acquéreur qui ne put pas le payer, il resta propriété nationale. Sous l’Empire, il appartint pendant quelque temps au duc d’Albufera, et P. Lebrun, qui y reçut l’hospitalité, y composa, dit-on, ses tragédies d'Ulysse et de Marie-Stuart.
Après avoir été cédé, moyennant 300 francs de rente, à l’hospice du Havre, il fut rendu par Charles X à la famille de Montmorency Fosseux, et il appartient actuellement à M. de Lambertye, petit-gendre de Mme de Montmorency.
On ne saurait trop regretter l’état déplorable d’abandon et de dévastation dans lequel le laisse tomber son propriétaire. Que M. de Lambertye ne restaure pas les belles ruines qu’il a le bonheur de posséder, c’est son droit, nul ne le lui contestera, mais que, du moins, il ne les abandonne pas misérablement, sans aucun soin d’entretien , aux dernières injures des hommes et du temps; elles méritent vraiment plus d’égards.
Un chemin ombragé monte du village à l’entrée du château, flanquée de deux tours jumelles , défendues par un boulevard. Ces tours, qui mesurent environ 16 mèt. de hauteur, sont reliées entre elles par une courtine de 4 mèt.; celle de dr. est entièrement recouverte d’un immense lierre qui monte de la base au sommet; la tour de g. offre, à 5 mèt.
au-dessus du sol, une meurtrière garnie de treillis en barreaux de fer. Ces tours renfermaient, au premier étage, les prisons, et, au second, le logement du capitaine. Les fenêtres qui surmontent la porte ont conservé leurs meneaux de pierre en croix.
Aux trois pointes de l’enceinte triangulaire se dressent trois tours principales entre lesquelles on remarque sept tours intermédiaires. Sur la pointe la plus aiguë de la falaise
[Route 2]
s’élève la tour de V Aigle (21 mèt.
d’élévation) , de forme circulaire à l’E.
et angulaire vers le N.; elle est flanquée d’une tourelle octogone dont l’escalier monte <\ ses deux étages. Le premier étage renferme une salle voûtée qui servait de chartrier, le second un vieux coffre en bois de chêne et deux pièces curieuses d’artillerie.
La tour du Lion ou du Diable, coupée droit du cêté de la cour intérieure et de forme demi-circulair au dehors de la place (ses murs mesurent en certains endroits jusqu’à 6 mèt. ;d’épaisseur), contient un cachot souterrain dans lequel les habitants du pays prétendaient que le diable avait établi son séjour.
A l’angle S. O. se dresse la tour Coquesart , exhaussée et reconstruite en grande partie au xv" s., entourée d’un large massif de noyers. Elle offre un aspect très-pittoresque, avec sa couronne de mâchicoulis à demi ruinés, son manteau de lierres et de ronces , ses fenêtres à meneaux et ses tourelles dévastées. La tour Coquesart flanquait une porte du même nom, aujourd’hui murée.
L’angle S. est défendu par la tour Carrée (20 mèt. d’élévation), trèsdélabrée, mais la partie la plus ancienne de ces belles ruines. Elle se compose de quatre étages, dont les deux premiers étaient jadis ornés de gracieuses peintures à fresque.
Les bâtiments ruinés de l’ancien manoir se voient dans l'intérieur de l’enceinte ; ils sont adossés au rempart du S. qui relie la tour Coquesart à la tour Carrée. On croit reconnaître dans ces ruines les débris de la chapelle, la chambre aux chevaliers et la grande salle. On y remarque deux cheminées dont l’une est fort simple, tandis que l’autre est décorée d’une frise et de chapiteaux trèsornés, et deux portes en ogive garnies de filets à boudin.
La grande salle, ou bdtiment des grandes cheminées, renferme trois cheminées superposées et ornées de
ENVIRONS DU HAVRE
colonnes dont l'une ligure un tronc d’arbre privé de scs branches, coupées à leur naissance. Tes cheminées se détachent en saillie sur une muraille en briques, remarquable par la beauté de sa construction.
Sur la grande terrasse, d’où l’on découvre une vue magnifique sur la Seine, les falaises qui se dressent à dr. et à g., Quillebœuf et les coteaux de la rive g. du fleuve, s’élève le château neuf, vaste bâtiment en pierres de taille, bâti de 1709 à 1717 par Louis de la Tour-d’Auvergne, comte d’Évreux. Ce château, dans un état de délabrement effroyable, n’a aucune valeur architecturale.
La crête de la falaise, qui correspond à la falaise sur laquelle est assis le château de Tancarville, est formée par un rocher appelé Pierre-Gante surplombant sur la Seine à une hauteur de près de 6b mèt., et du sommet de laquelle on embrasse à dr. , d’un seul coup d’œil, le gigantesque ensemble des ruines de l’antique manoir des sires de Tancarville, tandis qu’on aperçoit à g. une vaste étendue du bassin de la Seine.
On peut aller de Tancarville à Yvetot par Lillebonne (R. 38) et à Bolbec (R. 40).
Routes partant du Havre.
Du Havre à Êtretat, R. 3; — à Rouen par la Seine, R. 42; — à Rouen par la route de terre, R. 43; — à Honfleur, à Trouville, et à Caen, R. 70.
DU HAVRE A ÊTRETAT.
A. Par Gauville.
27 kil. — Route de voitures. — 2 départs par jour (de l'hôtel du Commerce, intérieur, 2 fr.).
La route, laissant à g. le fort de Sainte- Adresse , à dr. Jngouville , monte par une pente roide jusqu’à 2 kil Sanvic. (R.2, p. 107).
A 1 kil., à g., se montre BlSville (2042 hab.) dont l’église présente encore des traces d’architectureduxir s.
Une chapelle, ajoutée au xvi* s. au côté N. du chœur, est ornée d’une belle fenêtre flamboyante, bouchée.
La route continue de se diriger au N., parallèlement à la falaise, éloignée de 2 kil. à l’O.
8 kil. Octeville, v. de 2042 hab., remarquable par sa propreté et sa belle apparence. On aperçoit d’assez loin la longue flèche d’ardoise du clocher de son église à laquelle ont été ajoutés (186b) deux transsepts en briques et en pierres. L’intérieur de cet édifice est du style ogival.
13 kil. Cauville, v. de 694 hab., situé à 300 mèt. de la route, sur la g., possède une église de diverses époques et dont quelques parties anciennes sont bien conservées. A l’intérieur, on remarque surtout de beaux cintres romans dont les chapiteaux sont fort curieux. Au milieu du chœur est une belle pierre tombale ornée d’un personnage et d’une inscription gothique.
Au delà du café Terreux, on laisse à dr. Buglise (2 kil.), v. de 167 hab. dépendant de Cauville (église du xvi* s.; lutrin et croix remarquables) et MannevilïeUe, joli village de 360 hab. , dont l’église , surmontée d’un clocher roman (xi* s.), renferme plusieurs belles statues, entre autres, celle de saint Adrien (xvi* s.). L’attention est ensuite attirée à g.
(1 kil. de la route) par le clocher â’Heuquerille (381 hab.). Les murs extérieurs de l’église de ce village sont encore revêtus des écussons et des armoiries des anciens seigneurs.
Un peu plus loin, se détachent, à dr., une route conduisant à la station de Grainville par (6 kil.) Criquctot (R. 4), et, à g., un chemin qui dessert (2 kil.) Saint-Jouin, v. de 1602 hab., presque tous pêcheurs, souvent visité par les baigneurs d’Êtretat. (Bonne auberge à dr. de l’église. S’y faire montrer les peintures de M. Picou, les