‹ Itinéraire général de Napoleon Ier;Chapitre 159 sur 173 · IV. — A SAINTE-HELENE · texte numérisé non relu

IV. — A SAINTE-HELENE

Les années de captivité commencent réellement avec son séjour aux Briars. Ce sont des années de douloureuse et désespérante monotonie qui amèneront la mort de l'Empereur. Ce sont ces années où celui qui parcourut l'Europe à cheval ne connaîtra jamais qu'une partie bien définie et bien limitée de la « petite île » qu'il ne doit plus quitter. Par suite, plus de déplacements à signaler, ou à peu près. Napoléon habite toujours, depuis le 10 décembre 181 5, la maison de Longwood qu'il a immortalisée et ne s'en éloigne que pour de courtes promenades. Cependant, pour ces longs mois d'octobre i8i5 à mai 1821, des dates et des faits dispersés dans les Mémoires où Las Cases, Montholon et Gourgaud, écrivaient au jour le jour la vie de Napoléon, sont à signaler dans ce travail destiné aux historiens et aux érudits : ce sont, sur une route où la destinée a marqué ses pas, des jalons pour l'histoire de l'Empereur durant ces tristes années».

1. L'ile de Sainte-Hélène (Ladder Hill Observatory) est par i5°55'o" S. et ô° 42' 3o" O. de Greenwicli et 8° 4' '4 ' t>- '^^ Paris.

2. Sur les sources de l'histoire de Napoléon à Sainte-Hélène, on peut accepter ces jujîeiuents de lord Uosebery : ail est une règle presque absolue, j'en ai peur, qui s'applique à toute cette littérature de Longwood : aucun des livres qui viennent de là, pris en lui-même, ne mérite une conlinnce entière. ('iourffau<l, qui est publié en 1898, est plus vrai que M«)nlliolon qui se publie lui-nième en 1847 et Montholon à son tour est plus vrai «pic Las (^asesqui livre ses récits au public en i8a3. Le moins

Octobre

I8t5 oclobrc

iS

inc.

H)-3i j.-ma.

Novembre

Napoléon quille le Northumberland le soir vers 7 h. 1/2; il descend à Jameslown chez M. Porlious, à l'entrée de la ville.

Il se promène jusqu'à Longwood avec l'amiral Cockburn el le général Rerlrand ; à 4 heures il se préscnle chez les Buleombe, aux Briars {les Ronces), où il s'établit en attendant que la maison de Longwood soit proie à le recevoir.

Napoléon demeure aux Briars .

novembre

NOVEMBRE

Napoléon passe aux Briars le mois de novembre, du mercredi 1" au jeudi 3o'.

14 ma. Il reçoit pour la première fois des nouvelles de France.

Octobre. 17-31) Gourgaud, I, 6«)S.; Monlholon, I, i5o s., 164 s.; Lus Cases, I, 299s., 3i4 s.; Rose, 221; Forsyth, Iludson Lowe (Irad. Amyol), I, 48 9. ; Mrs. Abell (late miss E. Balcombe, Recollée lions of tfie Emperor Napoléon durinf^ the Jîrst three years of his captivity. London, i845, in-ia, 14. ï8 s.; M"' de Montholon, 95 s.

1. Novembre. 1-30) Las Cases, I, 34o s., 4o4 s., 4^2 s., 432 s.; Monlholon, I, i65 s., 181 ; Gourgaud, I, 79 s., 86 s., 93.

croyable de tous, peul-ôtre, est O'Meara, dont la publication remonte à 1822... Les mémoires de Montholon ressemblent à celui qui les a écrits: un mondain correct et bienveillant... Les dates données par Montholon nesont pas toujours exactes,ce qui ferait croire que ses notes pourraient bien avoir été rédigées à une époque postérieure aux événemenls qu'elles racontent.il est à peu près évident que certains passages ont été ajoutés longtemps après le séjour à Saiute-Hélène. . . Dans les derniers jours, c'est Antommarchi qui nous reste cl c'est celui de tous qui mérite le moins de conliance. » (Lord llosebery, la Dernière phase, trad. Aug. Filon.) En somme, on a trois auteurs de valeur dilTérente : Montholon, pour toute la captivité, jusqu'au 5 mai 1K21 ; Gourgaud, de juillet i8i5 au I 3 février 1818 et Las Cases, de juilleti8i5 au 25 novembre 1816. O'Meara csl à éliminer et le livre d'Antominarchi ne peut servir que pour les dernier> moments de l'Empereur. Le livre de Forsyth n'est qu'un recueil de pièces d'archives anglaises. D'autre part, M. F. Masson déclarait réceniment:aTant que les Souvenirs du grand maréchal Bertrand el du valet de chambre Marchand demeureront inédits, une lacune se creusera danles témoignages français el rendra impossible la critique des sources anglaises.» Lord Rosebery a déduit des documents imprimés tout ce qui pouvait rétre utilement. Les Missionnaires de Sainte-Hélène, Revue hebdotnadaire, 4 avril 1908, 5. Voy. ce qu'il dit du rôle du général Gourgaud en Europe, ibid., ao s. el aussi ïrémeaux, Les Derniers Jours de l'Empereur, i:a, 366-386.

Novembre

Le colonel Skelton, sous-gouverneur, vient lui rendre visite.

Napoléon est malade pour la première fois depuis son arrivée.

Il quitte pour toujours l'uniforme des chasseurs de la Garde et adopte le frac bourgeois, avec le cordon et la plaque de la Légion, et le pelit chapeau.

I8i5 novembre i8

DECEMBRE

L'Empereur, aux Briars pendant les premiers jours, ne quitte plus Longwood dès qu'il y est installé '.

Il est malade pour la seconde fois.

Il dicte ses ordres pour l'installation prochaine à Longwood.

Il va à Longwood voir sa nouvelle demeure.

Napoléon, en chasseur de la Garde, pour ce jour-là, quitte les Briars à 2 heures passées et s'installe à Longwood.

Il parcourt i'enceinle de Longwood avec Gourgaud '.

dtHîcmbrc

1. DECEMBRE 1-31) Las Cases, II, g s., 4' s., 64 s., 87 s.; Gourgaud, I, t^ s. ; Montholon, 18^ s., 198 s., 200 s.; Forsyth, I, f8; M'* de Montholon, 187 s.

2. Dès que Napoléon fut à Longwood, sir Hudson Lowe, d'accord avec le gouvernement liritannique, délimita nettement le domaine où l'Empereur pouvait circuler en lii>erté. Les règlements qu'on appela les « restrictions » sont nombreux, le premier est de décembre i8i5, il y a ceux des 9 octobre 1816, 14 mars, 9 octobre 1817 et de 1818. L'enceinte de Longwood réservée à Napoléon fut ainsi délinie par Forsyth, l'avocat d'Hudson Lowe: « On accorda à Napoléon un espace d'environ douze milles de circonférence dans lequel il pouvait se promener à pied, à cheval, sans être accompagné d'un ollicier anglais. Le camp du 53' régiment était placé dans l'intérieur de cette enceinte, à Deadwood, à peu près à un mille de la maison de Longwood, il y en avait un autreà Huttsgatc (un petit cottage sur la route qui conduit de l'Alarm Housc à Longwood en venant de Jamestown et qui domine la vallée du tombeau), en face la demeure de Bertrand, à la porte duquel on avait établi un poste d'oflicier. Un poste de sous-oflicier fut placé à l'entrée de Longwood. à peu près à cent pas de la maison et un cordon de sentinelles et des piquets furent établis autour des limites; à 9 heures du soir, les sentinelles étaient rapprochées et mises en communication les unes avec les autres; elles entouraient la maison de telle sorte que personne ne pouvait y entrer ou en sortir sans être vu et examiné par elles. Le 9 octobre i8i(), « l'espace où Napoléon pouvait se promener sans être accompagné par un ollicier, ni observé, ni interrompu, avait une circonférence de huit

Dbcrmbre

i8i5 décembre 13 ma.

ig ma.

II travaille comme aux Briars.

L'Empereur dicte sur la Syrie.

Promenade à cheval avec Gourgaud. Léger accident à cause d'un fossé à sauter.

L'Empereur reçoit pour la première fois des lettres de Madame Mère et de Pauline.

Napoléon est souffrant.

Il reçoit le Polonais Piontowski .

Promenade autour de Deadwoodavec le colonel Skelton.

Janvier JANVIER

Napoléon, installé à Longwood, travaille beaucoup. On peut relever différentes dates dans ce mois '. I 1. Promenade. L'Empereur descend dans la vallée. 3 me. Il reçoit l'amiral anglais Cockburn. Il va jusqu'à Sandy

Bay.

6 s. Longue promenade dans l'île ; il « sème » le capitaine

anglais Popplelon chargé de le suivre.

10 me. Napoléon travaille sur la guerre d'Egypte. " j. Il refuse de recevoir les amiraux anglais Cockburn et

Taylor.

" V. Promenade. Napoléon va jusqu'à une sentinelle qui croise

milles seulement. Au coucher du soleil (au lieu de 9 heures), l'enceinte du jardin de Longwood sera considt-ré comme la circonscription ». L'année suivante, « les limites pour la promenade sont étendues du côté du chemin à l'entour du corps de garde, jusqu'au domaine de M. Brooke ». Enlin, en 1818, les limites étaient ainsi lixées: « Longwood et la plaine de Deadwood avec tout l'espace qui s'étend entre Longwood et la nouvelle route par Woody Ridge, la route par Huttsgate, en face le corps de garde, aussi loin que la maison de M. Brooke et en revenant de là à Longwood, soit par le même chemin, soit par le sentier plus haut qui traverse les propriétés du D' Kay et de M. Torbctt, forment la circonscription fixée pour le jour. » Forsyth, Hudson Lowe (trad. Amyot), I, 64; II, II, 12, 14. 28, 3o, 358; IV, 12 s., 242 s.

I. 1816. — Janvier. l-31)Montholon, I, 3o3 s.,ai5s. ; Gourgaud, I, ii3 s., ia8 s.; Las Cases, 117 s., 141 s., i56 s., 171 s.

Janvier 1816 Mars

la baïonnette pour lui interdire d'aller plus loin. Il rentre janvier

alors immédiatement.

Il dicte sur les Cent-Jours. 13 s.

Il reçoit les excuses de l'amiral Coekburn pour l'incident 14 d. de la sentinelle.

Il reçoit à dîner le capitaine de la Levrette, venant is 1. d'Europe.

Il dicte sur l'Egypte. 16 ma.

Il reçoit des nouvelles de son frère Joseph qui est en 18 j. Amérique .

Il reçoit M. Balcombe, le propriétaire des Briars. 19 v.

Promenade à cheval. Napoléon reçoit le gouverneur » s. Wilks.

Il travaille sur la campagne d'Egypte. a4 me.

Il va voir le général Bertrand à Huttsgate. 25 j.

Promenade dans la vallée. a6 v.

Napoléon travaille sur l'époque^^du Consulat. 2;-3o s.-ma.

Il travaille sur la campagne d'Egypte. 3i me.

FÉVRIER février

Toujours h Longwood. L'uniformité et l'ennui s'accentuent ' .

Napoléon reçoit des nouvelles de France. 5 me.

Il lit les journaux apportés la veille par un navire. 14 me.

Il travaille à la campagne d'Egypte. 17 s.

L'Empereur travaille au récit de la journée d'Aboukir. ao ma.

11 travaille à l'histoire du i3 vendémiaire. a: ma.

MARS maw

Pendant le mois de mars, Napoléon travaille peu ; il est plusieurs fois malade et, comme il pleut souvent, il se promène très peu '.

1. Fkviukh. 1-28) Montholon, I, ai5 s., aSa; Las Cases, II, a65 s., 289 s., 391 s. ; Gourgaïul, I, i33 s., i44-

a. Maus. 1-31) Las Cases, H, 3ifi s., 387 s., 4o4 s., 4a3 s. ; Monlholon, l, a33 s. (lacune du 7 mars au 5 avril).

Mars

mars

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avril

aS-^ d.-l.

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