ALBANO, VILLE
Seconde Poste,
Cette petite et délicieuse ville , située sur la voie Appicnne , près du lac Albano , a été substituée à l' ancienne ville à'Alha Lun^a , bâtie par Ascagne , fils
d'Enée , entre le lac et le mont , 4^^^ ^^s avant la fondation de Rome. Elle fleurit pendant l'espace de 5oo ans ; TuUus Hostilius la détruisit ensuite.
Avant d'entrer dans cette ville , on voit , sur la gauche , un ancien tombeau , dépouillé de ses ornemens , que l'on appelle vulgairement le sépulcre d'Ascagne; mais on en ignore tout-à-fait l'origine* îîors de l'autre porte , sur la route de la E-Iccia , on trouve un mausolée carré de 55 pieds parisiens de circuit , sur lequel se trouvaient quatre pyramides coniques aux quatre coins, dont aujourd'hui il n'en reste que deux. Presque tout le peuple , sans aucun fondement , l'appelle le tombeau des Curiaces j mais plusieurs écrivains , l'attribuent à Pompée le Grand , qui dans ces environs avait sa maison de campagne. Audessus de la ville on voit encore les restes d'un amphithéâtre et d'une conserve d'eau , que l'on croit de Domitien,
A environ un mille d'Albano , est Castel Gandolfo , petit village , où mène une allée très-délicieuse , appellée , la Galerie. Ce pays est si agréable et si riant, par sa situation , et par la salubrité de l'air , que les souverains pontifes y ont fait bâtir un grand palais avec un jardin ,
pour y passer l'automne. En entrant à Castel-Gandolfo on voit , dans la villa Barberini , les restes de la maison de campagne de Domitien. On fait remarquer , an bas de Castel-Gandolfo , l'endroit où Milon allant à Laniunum sa patrie , tua Glodius , tribun du peuple , qui revenait à cheval d'Aricia , ce qui a fait le sujet d'une des plus belles harangues de Gicëron.
Tout près de Castel-Gandolfo , se trouve le lac , d'Albano , qui était le cratère d'un volcan : il a douze milles de circuit et 48 o pieds de profondeur.Sur le bord de ce lac on trouve deux grottes ou nyniphëes , c'est-a-dire , des salles ornées de statues des nymphes , destinées à prendre le frais. Le canal de ce lac est un des plus singuliers ouvrages des Romains :
c'est un déchargeoir , ou émissaire , par où les eaux vont se rendre au de-là du mont. Il fut fait SqS ans avant l'ère chrétienne , a cause d'une grande crue d'eau , dans le même tems que les Romains faisaient le fameux siège de Veïes. Rome prit le parti d'envoyer des députés a Delphes pour consulter l'oracle d'Apollon qui leur répondit que les Romains ne subjugueraient les Véiens qu'après avoir donné un écoulement au
)( 7 )( lac d'Albano : ce qui les engagea à percer la montagne ; de manière qu'air bout d'un an , ils firent un canal de la longueur' à peu prés de deux milles , de la largeur de 3 pieds et demi , et de la hauteur de 6. Cet ouvrage perce dans le roc à coups de marteau , fut fait avec tant de solidité qu'il sert encore au même usage , sans avoir jamais eu besoin d'aucune réparation.
A' un mille d'Albano est la Ricci» anciennement appellëe Aricia , où Horace fit la première station dans son voyage a Brindes. C'est un bourg situe sur la voie Appienne ^ dont la position est délicieuse , et l'air très-sain. Vis-à-vis le palais Chigi , est une belle église faite sur les dessins du chev. Bernin. A deux milles de la Riccia ^ se trouve