ÉGLISE DE SAINT MARTIN
Il y avait d'abord en cet endroit une maison de campagne des rois de Naples, que sa belle situation rendait très-agre'able. Charles , duc de Galabre , fils de Robert d'Anjou , engagea son père à la convertir en lieu sacré ^ de manière qu'en i325 , on commença à construire une église et un monastère qui fut doté d'un fort riche patrimoine par le roi Robert et par la reine Jeanne I.
L'église actuelle fut renouvellée deux siècles après , suivant le plan du chevalier Fansaga. Elle est ornée de belles peintures , de beaux marbres , de pierres précieuses et de stucs dorés. Au dessus de la porte est un tableau du chev. Massimo , représentant la déposition de Jésus-Christ avec la Vierge , St. Jean et Su Brunon, Les deux côtés de l'église ci-
-frent aussi deux autres tableaux , représentant Moïse et Elie. Ces ouvrages de TEspagnolet sont très-beaux. Les douze prophètes , formant huit tableaux dans la voûte de la nef, sont aussi des chefd'œvres du même peintre , tant à cause de la sublimité du dessin , et de la variété des caractères , que pour leur expression naturelle et la beauté du coloris. Les fresques qu'on voit sur la voûte de la nef , et qui représentent le Sauveur montant au ciel , ainsi que les douze apôtres placés entre les fenêtres , sont encore de beaux ouvrages du chev. Lan^ franc.
Le maitre-autel , fait d'après le dessin de Solimène , est enrichi de marbres précieux. Le choeur est d'une beauté rare : les peintures de la voûte sont du chevalier d'Arpin. Le tableau principal répondant au maître-autel , représentant la naissance de notre Seigneur , est l'ouvravrage du célèbre Guide Reni , que la mort de ce peintre empêcha d'achever: les autres peintures qu'on y voit , sont de Lanfranco , de TEspagnolet et du chevalier Massimo , et de Carracciolo , mais lefresque représentant la Crucifixion peint par Lanfranco est supérieurement exé- -Cuté,
Les cliapelles contiennent aussi de telles peintures , parmi lesquelles se trouve le Baptême de St. Jean , le seul ou- Trage de Charles Maratta qu'on ait a Napies , et le St. Brunon qui donnne la règle à ses confrères dit pinceau du chevalier Massimo.
La voûte de la sacristie a été' peinte par le chev. d'Arpin et ornée par divers tableaux du même et du chev, Massimo , et d'un St. Pierre du Caravaggio. On passe de-là dans une chapelle , dont les peintures sont toutes de Giordano , à Texception du tahleau de Tautel , représentant Jésus-Christ mort , qui est un des plus beaux ouvrages de TEspagnolet. En sortant de la sacristie on entre dans la salle -du chapitre des Pères , la voûte de laquelle a été peinte par Bclisario Corenrenzio qu'on célébrée comme un chefd'œuvre. Les autres fresques sont du Filîoglia disciple du chevalier Massimo etc. Parmi les tableaux qu'on y voit , il faut remarquer la Présentation par Santafede , et l'adoration des Mages par Caracciolo. L'autre salle qui suit ^ appellée le chapitre des convers , a été peinte par Dome-*^ nico Gargiulo surnommé Micco Spataro ^ célèbre pas ses petites figures , qu'on y voit sur de feintes tapisseries.
Le grand couvent , qui est annexe II cette église , et qui autrefois appartenait aux. chartreux , est occupé aujourd'hui par les soldats invalides, La situation de cet édifice est sans contredit des plus magnifiques : on y découvre d'un coup d'œi?rimmense ville de Naples^ , de manière à ne rien perdre des vues de ses plus beaux édifices : on voit également presque toutes les rues et les places principales : on y entend le bruit du peuple et des voitures; on domine d'un côté le magnifique golfe de Naples , et de l'autre les belles collines de Pausilype et de Cap o di Monte , et la belle Campagne Felice , qui s'étend jusqu'à Gaserte. On voit dans l'éloignemeni les monts tiphatins , et derrière jeux la chaîne majestueuse des Appennins , qui environne le Vésuve d'un côté. Indépendamment de ces beautés naturelles , le pied de ce volcan présente encore les délicieux villages de Portici , de la Torre del Greco et de PAnnunziata. Ce magnifique prospect est terminé par les montagnes de Sorrento , de Vico , et de Massa ; et par les îles de Gapri , d'Ischia , de Procida , et de Nisida. Le point le plus favorable pour jouir parfaitement de r ensemble de cette superbe perspective , est dans le jardin du mona-
Stère , appelle Behedere* C'est sans con* treclit le plus beau coup d'œil du monde.
Après avoir parcouru presque toutes les hauteurs deNapies, nous reviendrons, par la même route , au bas de la ville. En passant à X-^ Cesarea ^ où existe un petit hôpital très-bien servi , vous ne s»rez pas fâché de visiter la manufacture de fleurs artificielles , établie dans le cir devant couvent de St. François de Sales. On sera étonné de la perfection du travail.
A Textrémité de la rue de Tolède est la