SAINT JEAN A' CARBONARA
Elle a été fondée en i343 d'après la dessin de Masuccio II , avec un très-beau couvent qui maîtrise le fossé de la ville, et lequel était de propriété des pères augustins. Il j avait une loibliotlièque très-riche en anciens manuscrits, don du cardinal Séripando, et desquels on trouve des notices intéressantes 4ans les ouvrages de Ma- ÎDillon et Montfaucon. Dans la catastrophe du 1799? ce couvent a été saccagé, mais l#bibliothèque dans laquelle on entrait par une fausse porte mêlée parmi les bancs du chœur supérieur échappa aux recherches de la populace. Cependant elle ne put se sontraire à des vols , et tout ce qui fut révélé a été transféré dans la bibliothèque Borbonique. Ce couvent a été depuis destiné à un des hôpitaux militaires, et Téglise est servie par le curé de Tancien titj^e de Ste. Sophie.
Cette église contient des mémoires trèsreliiarquables concernant l'histoire civile de ce royaume et celle du progrès des arts chez les Napolitains. On y trouve rassemblés grand nombre de monumcns de tant de personnages célèbres dans des genres hien divers qui y ont été ensevelis, et si différens les uns des autres par leur goût
et par les époques auxquelles ils ont été élevés , que leur ensemble doit être d'un effet tout nouveau aux yeux des curieux.
D'abord , en se tournant vers le maître* autel , il vous s'offre le mausolée du roi Ladlslas placé derrière le même autel. Il lui fut érigé par sa soeur la reine Jeanïie en i4i4 ? d'après les dessin de Giccione élève de Masuccio, surchargé de statues, de bas-reliefs , et d'autres ornemens , tout à la manière gothique. C'est dans ce même goût qu'on trouve ici près une ancienne chapelle , où est le tombeau de Sergianni Garacciolo grand sénéschal de la reine Jeanne II assassiné par envie en 1 43 2. On remarque , à main droite en entrant , le portrait de cet illustre favori. Les ft*esques et les statues qui ornaient cette chapelle (quoiqu'en assez mauvais état) sont dignes toute fois de la curiosité des artistes. Elles appartiennent à un peintre milanais nommé Bisuccio , ignoré dans l'histoire de l'art , mais on peut lire son nom dans un coin de la voûte.
A droite du maître-autel il 7 a une chapelle riche en statues , bas-réliefs et autres ornemens des célèbres Plata , Mar-»
liano , Santacroce , Auria et Caccavel^ lo* A' gauche il y en a une autre , qui est presque toujours fermée: il y existe trois
taLleaux du Zingaro , et un tomLeau ano- Mvme travaillé par Andié de Florence , suivant cette indication qu'on y a gravée Opus Andreae de Florent la.
Après cela il ne faut pas négliger la cliapelle de la famille Séripando , dans laquelle se trouve un beau Crucifix peint par Vasari j et les mémoires de son illustre fondateur Antoine Séripando et de ses maîtres Janus Parrbasius et François Puccio. Au milieu du grand escalier construit par r architecte Sanfelice vous trouverez l'ancienne église qui étoit servie par les religieux de ce couvent avant que le roi Ladislas eut bâtie Téglise supérieure , et dans la quelle existent plusieurs peintures du même Vasari.
Dans l'autre but de cette grande rue que vous irez parcourir existe une belle église dédiée à Ste. Gbathérine , dite à Formello , édifiée en i533 par les dominicains avec le couvent , d'après l'architecture d'Antoine Fiorentino de la Cava. L'église est ornée de très-beaux monuments de sculptures et de peintures de Jacques du Pc » de Paul de Matteis e^de Louis Garzi.
On trouve aussi assez près de-là , le .