‹ Itinéraire instructif de Rome à Naples et à ses environsChapitre 7 sur 114 · TERRACINE, VILLE · texte numérisé non relu

TERRACINE, VILLE

Dixième Poste*

C'est la dernière ville des états romains. Elle fut bâtie par les yolsques et appellée en leur langue Aîixur ^ o Axur ^ d'où prit son nom Jupiter Anxur , ainsi

appelle par Virgile , c'est-à-dire , Jupiter , adoré a Auxur. Les Grecs ensuite rappelèrent Trachina ou V escarpée , d'où est venu le nom de Terracine. On y voit encore un reste considérable du temple qu'on croit d'Apollon orné de colonnes cannelées, en marbre. L'ancien Anxur était situé sur le sommet de la colline. Horace l'a très-bien indiquée dans ce vers : Impositum late saœis candentihus Art" xur. On monte à l'église cathédrale par plusieurs marches divisées en deux parties : sur le premier repos est une urne de granit, avec son couvercle orné de palmes , et surmonté d'une couronne ; sur la base est une inscription , où l'on voit que cette urne servit autrefois à tourmenter les chrétiens, et ensuite à se laver les mains quand on entrait dans l'église. La nef de cette église est soutenue par six colonnes de dilférens marbres. Le baldaquin de l'autel est supporté par quatre belles colonnes cannelées. La chaire est carrée en compartimens de m.osaïques^ supportée par cinq petites colonnes de granit.

Le climat de cette ville est doux, et l«s vues des environs sont pittoresques. Le palais que Pie VI a Hut bâtir , mérite d'être vu , ainsi que plusieurs autres moîiumens de la munificence de ce pape.

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La chaîne des montagnes où Terraclne est placée , est comme séparée du reste de r Apennin par la grande vallée du Sacco : elle est remplie de sources qui sortent du pied de la montagne, et dont une partie va se jeter dans les marais Pontins.

Les anciens Romains avaient sur la colline de Terracine beaucoup de maisons de campagne. L'empereur Galba j eu avait une près de l'enceinte où sont d'anciennes grottes creusées dans le rocher.

On y apperçoit aussi les ruines des substructions qu'on attribue faussement au palais de Théodoric roi des Ostrogots , qui fut le premier roi d'Italie en 4^0, et en même tems le plus puissant monarque de l'Europe. On voit enfin , sur la colline, l'ancienne enceinte des murailles d'Anxur, les ruines de plusieurs tombeaux antiques , et des réservoirs d'eaux.

Le port de cette ville , construit par Antonin le Pieux, devait être considérable, à en juger par les restes qui subsistent encore : on y reconnaît très-bien la forme du bassin; les anneaux de pierre qui servaient à amarrer les vaisseaux , se voient encore; mais ce port s'étant rempli de sable, la mer s'est éloignée du bassin. Plusieurs papes ont eu le projet de

faire nettoyer ce port , et l'entreprise mérite d'être suivie.

La fameuse voie Appienne passait à Terracine , et Ton en voit un beau reste au bas de la ville, quand on entre dans les magasins des chanoines : ce fragment étant renfermé dans des espèces d'écuries, a été mieux conservé que le restée les blocs de pierres , en forme de pentagones irréguliers, y sont encore unis avec toute Texactitude d*un ouvrage récent.

En sortant de Terracine pour aller à Jîaples , il faut remarquer que le corpsde-garde qui en est proche , est creusé dans le roc, de mcme que des cavernes profondes qui sont en plusieurs endroits de la montagne; il y a aussi une échelle de cent vingt divisions marquées par des numéros qui sont gravés sur le rocher 9 sans doute pour marquer la hauteur de l'escarpement qu'on y a fait.

De Terracine à Naples il y a neuf postes. On trouve à six milles de Terracine une tour appellëe Torre de* Corifini ou clelV Epitajio qui sépare le royaume de Naples des états du pape ; il y a un corpsde-garde, où il faut montrer ses passeports, qu'on doit avoir fait signer au ministre de Naples a Rome : on les montre ensuite à l'officier de garde dans la tour

dite di Portella^ qui donne la permission de passer.

On fait plusieurs milles sur Tancienne voie Appienne qui est très-ruinée. Les bords de ce chemin sont couverts, en bien des endroits , par des arbres qui défendent les voyageurs des ardeurs du soleil* On voit aussi dans la campagne, à la fia de décembre, des fleurs de toute espècQ qui y croissent naturellement en abondance.

A cinq milles de la tour delVEpitafio^ on trouve

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