SECONDE JOURNÉE
Nous passerons aujourd’hui au quartier de S le. Lucie ; et de-là au Château de l’Oeuf : à la Promenade Royale de Chiaja : au Pausilipe , au Tombeau de Virgile, et à Ste.
Marie del Porto.
En descendant de la caserne à Pizzofalcone vers la mer , on arrive au quartier de Ste. Lucie , qui est le mieux habité , le plus commode par son voisinage de la Cour , et le plus agréable par sa position avancée sur le golfe , qui permet de le découvrir en entier. On l’appèle de Ste. Lucie , à cause de la petite Église de cette Sainte qu’on y a trouvée: elle est très-ancienne, et renferme des beaux tableaux anciens.
Auprès de cette Eglise suit une place , où l’on vend du poisson , et laquelle était ornée de plusieurs fontaines dont il n’y existe que le squelette ; toutefois la première , qui est au-delà de l’Eglise de Ste. Lucie, ayant la statue du fleuve Sébète , est remarquable pour son beau style , aussi bien que la dernière, qui est vis-à-vis de Ste. Marie délia Catena , ouvrage de Domenico d’Auria écolier de Giovanni de Nola.
Dans celte endroit sont deux sources d’eau minérale , acidulé et sulfureuse , employée dans plusieurs maladies : ces eaux viennent par la colline de Pizzo-Falcone , et sortent du côté de la mer. Les Napolitains en font un grand usage.
Après la place de Ste. Lucie , est un beau quai , cpii va se réunir à celui de Chiaja , où commence la délicieuse prome- .nade. On appelait , au moyen âge , cette contrée Epie , ou Ecle , du nom de la colline audessous de laquelle elle s’étend , nommée Echia , aujourd hui Pizzq/alconc ; mais il est long-tems qu’on l’appèle Chiatamonc , mot vulgaire dérivé de l’ancien Platarnone , nom d’une illustre famille de Salerne qu’on croit avoir ici établie sa demeure, environ le XII siècle. On a dit aussi que le mot Chiaja soit dérivé du latin plaga , ora maritima *, mais il nous semble que ce soit peut-être le même ancien Echia qui en renferme l oyigine , déguisée en Chiaja par les Napolitains. Dans ce quartier et dans celui de Chiaja qui le suit, on y trouve les meilleures chambres garnies, où logent presque tous les Voyageurs , comme à Rome dans la place d’Espagne. Les meilleurs auberges nommés villa di Londra , villa di Roma , Ci ocelle , Hôtel de Suède , de la Grande Bretagne etc.
sont tous situés le long de la mer , depuis S. Lucie jusqu’à la promenade sudite qu’on appèle le l'uiglicrie , sur le rapport qu’on lui donne avec les Parisiennes.
Yers la fin de ce quartier, on trouve le