‹ Itinéraire instructif de Rome a Naples, ou Description générale des monumens anciens et modernes, et des ouvrages les plus remarquables en peinture, sculpture et architecture de cette ville célèbre et de ses environs par le chev. M. Vasi antiquaire romainChapitre 37 sur 92 · QUATRIÈME JOURNÉE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME JOURNÉE

Nous verrons aujourd’hui le Palais Royal de Capo di Monte ; l’Observatoire ; les Catacombes de St. Janvier ; l’Auberge Royal des Pauvres ; le Jardin des plantes ; l'xîglise de St. Antoine au Fauxbourg , et la grande Rue du Camp.

En revenant à l’Académie Royale ou le Muséum, dans l’édifice degli Siudii , et sc dirigeant vers la rue Neuve on trouve un pont magnifique , sur lequel on passe pour aller sur la colline nommée Capo di Monte. Cette rue porte l’empreinte d’une de ces entreprises bizarres et hardies, car il a fallu s’ouvrir ce chemin par dessus des maisons qui y ont été ensevelies ; et le pont, dont nous venons de parler , a été nécessaire , afin de lier les deux collines et d’applanir la route. Les piliers qui supportent ce pont ont été exécutés hors du cordeau , afin dp ne pas changer la direction de la rue qui est au-dessous. Cet ouvrage eut son commencement dès la première année de l’occupation militaire des Français , et coûta des sommes immenses tirées pour la plu-

part des revenus des corporations religieuses que I on supprima , car outre les dépenses de la construction , on était obligé à dédommager amplement les possesseurs des maisons et des terroirs qu’il fallait détruire. Cependant cette promenade est , sans contredit , une des plus belles et agréables de la ville.

On voit sur celte colline le PALAIS ROYAL DE CAPO DI MONTE.

Ce grand palais fut érigé en iy38. par Charles III. Sa belle situation le rend un des plus agréables édifices Royaux.

Sa construction fut confiée à F architecte Modrano de Palerme , qui entr’ autres fautes , commit celle d’en poser les fondemens sur un terrein déjà miné par l’excavation des pierres , de manière que pour soutenir l’édifice sur le haut de .la montagne , on fut obligé de former plusieurs soubassemens très-étendus et coûteux. Ces ouvrages se voyent aujourd’hui vers la moitié de la grande rue que nous venons de parcourir.

Ce palais qui resta incomplet , contenait les tableaux et le musée de la Maison Far* nèse , ainsi que plusieurs raretés acquises par- le Roi ; mais tous ces objets ont été transportés dans le Muséum Royal des Éludes ; et il n’y reste que des tableaux du cbev. Camuccini , et d’ autres artistes modernes.

Près de ce palais est le parc , ou lieu de la citasse Royale , appelé Bois de Capo di Monte. Il est environné de murailles à l’entour et a presque trois milles d’élendué. On y entre par une porte défendue par des barrières de fer , et il présente , en entrant , un demi-cercle formé par des yeuses , et d’autres arbres touffus. A la circonférence du demi-cercle commencent cinq longues allées , très-amples , qui s’étendent dans l' intérieur du Bois et se croisent avec d’autres allées du côté opposé. La première allée du côté du nord conduit à la chapelle Royale dédiée à St. Janvier. En s’avançant par cette même allée, l'on arrive à la Faisannerie Royale , à côté de laquelle se trouve la maison des gardiens. Toutes ces allées offrent, des statues , des citernes , et de petites habitations 5 mais particulièrement un beau cabinet au fond du bois , avec un parterre et un vivier , destiné à servir d’abri , si la pluie survient durant la chasse.

Des lièvres , des lapins et du gibier de toute espèce rendent la chasse de Capo di Mon le très-variée et extrêmement agréable.

Page 1