‹ Itinéraire instructif de Rome a Naples, ou Description générale des monumens anciens et modernes, et des ouvrages les plus remarquables en peinture, sculpture et architecture de cette ville célèbre et de ses environs par le chev. M. Vasi antiquaire romainChapitre 50 sur 92 · L’ÉGLISE DES SAINTS APOTRES · texte numérisé non relu

L’ÉGLISE DES SAINTS APOTRES

Cette Église dont P origine est très-ancienne , fut bâtie , dit-on , dans P endroit où se trouvait autrefois le Temple de Mercure. La famille Caracciolo , à qui elle appartenait , la céda en 15^0 aux Pères Théatins , qui la rebâtirent d 1 après les; dessins du P. Grimaldi du même Ordre 5 c’est une des plus belles et des plus riches Eglises de Naples.

La fameuse peinture à fresque de la voûte de la nef et de la croisée , ainsi que celle des angles de la coupole , sont de beaux ouvrages du chevalier Lanfranco. La coupole a été peinte à fiesque par Benasca de Turin, qui est aussi l’auteur de la peinture à fresque de la chute de Lucifer. Les peintures que l’on voit aux lunettes de la nef, sont de Solimène $ et les autres de Jourdan. On voit également au-dessus de la porte majeure de P Église , une belle peinture de Viviani , représentant la Piscine Probaiicjuc y dont P architecture en perspective est du célébré Viviani , et le reste est du même Lanfranco.

L’Autel majeur est fait d’ après le plan du chevalier Fuga. Son Tabernacle est com-

posé de jaspe et d’autres pierres précieuses. La chapelle de la croisée , à la droite de l’Autel majeur , est faite d’après les dessins du chevalier Borromini : elle est ornée de beaux tableaux de mosaïque moderne , exécutés par Jean-Baptiste Calandra d’après les originaux de Guide. Le dessous du tableau de l’Autel est orné d' un beau bas-relief sculpté par le célèbre Fiamingo , représentant un choeur de musique exécutée par de petits enfans. Vis-à-vis de cette chapelle , est • celle de la Conception : l’Autel est composé de pierres précieuses , et toute la chapelle est ornée de beaux marbres : le St. Michel est de Marc de Sienne , et les autres peintures sont de Solimène.

Il existe au dessous de Cette Église un grand Cimetière , où est enseveli le chevalier Marini, Poète Napolitain, mort en 1625»

En sortant d’ ici il faut descendre dans la grande rue qui reçoit le nom de S. Giovanni a Carbonara par une célèbre Église sous ce titre , laquelle est placée à sa tête.

St. JEAN A CARBONARA.

Elle a été fondée en 1 343 . d’après le dessin de Masuccio II , avec un très-beau Couvent qui maîtrise le fossé de la ville , et lequel était de propriété des Pères Augustins II y avait une Bibliothèque très-riche en anciens manuscrits, don du Cardinal Séripando , et desquels on trouve des notices

intéressantes dans les ouvrages des fameux LP. DD. MaLillon et Montfaucon. Depuis la catastrophe du 1799? ce Couvent a été saccagé, mais la Bibliothèque dans laquelle on y entroit par une fausse porte mêlée parmi les Bancs du Choeur supérieur- échappa aux recherches de la populace. Cepen-, dant elle ne peut se soustraire à des vols , et tout ce qui fut révélé a été transféré dans la Bihliotèque Borbonique. Ce Couvent a été depuis destiné à un des hôpitaux militaires , et l’Eglise est servie par le Curé de l’ancien titre de Ste. Sophie.

Cette Eglise contient des mémoires trèsremarquables concernant l’histoire civile de ce royaume et celle du progrès des arts chez les Napolitains. On y trouve rassemblés grand nombre de monumens de tant de personnages célèbres dans des genres bien divers qui y ont été ensevelis , et si différens les uns des autres par leur goût et par les époques auxquelles ils ont été élevés , que leur ensemble doit être d’ un effet tout nouveau aux yeux des curieux.

D’abord , en se tournant vers le maître- Autel , il vous s’ offre le mausolée du roi Ladislas placé derrière le même Autel. Il lui fut érigé par sa Soeur la reine Jeanne en 1414 > d’après le dessin de Ciccione élève de Masuccio , surchargé de statues , de bas-reliefs , et d’autres ornemens , tout à la manière gothique. C’est dans ce même goût qu’on trouve ici pics une ancienne chapel-

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le , où est le tombeau de Scrgianni Caraociolo grand Sénéschal de la reine Jeanne 11.

assassiné par envie en i 432- On remarque , à main droite en entrant , ie portrait de cet illustre favori. Les fresques et les statues qui ornaient celte chapelle ( quoique en assez mauvais état) sont dignes toutefois de la curiosité des artistes. Elles appartiennent à un peintre milanois nommé liisuccio , ignoré dans 1’ histoire de 1’ art , mais on peut lire son nom dans un coin de la Voûte.

A droite du maître-Autel il y a une chapelle riche en statues, bas-reliefs et autres ornemens des célèbres Plata , Marliano , Santacroce , Auria et Caccavello. A 1 gauche il y en a une autre , qui est presque toujours fermée : il y existe trois tableaux du Zingaro , et un tombeau anonyme travaillé par André de Florence, suivant cette indication qu’on y a gravée Opus Andreae de Florenlia.

Après cela il ne faut pas négliger la Chapelle de la famille Séripando , dans laquelle se trouve un beau Crucifix peint par Vasari , et les mémoires de son illustre fondateur Antoine Séripando et de ses maîtres Janus Parrhasius et François Puccio. Au milieu du grand Escalier construit par l’Architecte Sanfelice vous trouverez P ancienne Église qui étoit servie par les religieux de ce Couvent avant que le roi Ladislas eut " bâtie V Église supérieure , et dans- la

quelle existent plusieurs peintures du même Yasari.

Dans l’autre Lut de celte grande rue que Vous irez parcourir il y existe une Leile Eglise dediée a Ste. Catherine , dite à Formelle) , édifiée en i 533 par les PP. Dominicains avec le couvent, d’après l’architecture d’Antoine Fiorenlino de la Gava.

L’Egl ise est ornée de tres-beaux monuments de Sculptures et de peintures de Jacques du Po , de Paul de Mattéis et de Louis Garzi.

On trouve aussi assez près de-là , le

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