GROTTE DU CHIEN
Pline fait mention de cette grotte remarquable , liv. a. chap. 90. Elle est creusée dans un terrain sablonneux , à la profondeur de 10 pieds , sur 9 environ de hauteur à l’entrée, et 4 de largeur. Lorsqu’on baisse la tète hors de la grotte , pour regarder la superficie du terrain, on voit sortir dans tous les tems et s’élever jusqu’à six pouces de terre , une vapeur légère , semblable à celle du charbon : cette vapeur est humide , car l’on observe que le terrain en est toujours mouillé. Les murs de la Grotte ne présentent aucune incrustation , ni aucun dépôt de matières salines. On n’y sent même aucune odeur , si ce n’est cette odeur de terre , inséparable d’un souterrain chaud et fermé.
Plusieurs Naturalistes ont donne' la description de cette Grotte qu’ils nommaient Antre de Charon, et qu’on appelé aujourd’ hui la Grotte du Chien , parce que c’ est.
l’animal que l’on choisit pour faire connaître le danger de la vapeur qui s’en exhale. Le chien que l’on prend par les patte3et dont on plonge la tête dans cette vapeur , s’agite d’ abord beaucoup, et perd, tout mouvement au bout de deux minutes il mourrait même infailliblement , si on ne l’exposait au grand air qui lui rend alors ses forces aussi vite qu’il les avait perdues. Les mouvemens de la poitrine et de la gueule du chien prouvent évidemment que l’air manque à sa respiration, pendant qu’il est dans la Grotte ; et c’est en respirant l’air à longs traits, qu’il se remet dès qu’on l’en retire.
Les autres quadrupèdes que l’on expose à cette^vapeur , éprouvent les mêmes accidens : les oiseaux succombent encore plus vite. Dès qu’un coq a la tête dans la vapeur , il vomit et expire- sur-le-champ, lin flambeau allumé s’y éteint insensiblement.
Les effets de cette vapeur paraissent moins pernicieux pour les hommes : plusieurs per sonnes l’ont respirée , sans en éprouver une incommodité bien notable. On dit cependant que les deux criminels que Pierre de Tolède fit renfermer dans la Grotte du chien , y moururent aussitôt. On assure encore que des cultivateurs s’étant emlormis
dans cet endroit, qui était ouvert autrefois fc ne s’y réveillèrent plus.
On a fait plusieurs expériences sur la nature de cette vapeur , et on a enfanté bien des s) sléraes ; mais il était réserve à notre tems , où la physique et la chimie on fait tant de progrès d’en expliquer et déterminer les véritables causes. C’est aux essaiset aux observations de plusieurs habiles chimistes Napolitains, que nous devons ces connaissances. Ils nous ont donné donc sur la natuie de cette vapeur les renseignemens qui suivent. Ils ont observé que depuis la porte jusqu’au fond de la grotte il s’y élève assidûment un tourbillon épais à la hauteur de presque un pied parisien c’ est l’acide carbonique libre qui par sa pesanteur spécifique reste ici toujours au-dessous de l’air atmosphérique. Mais avec cet acide ils s’élèvent des épaisses vapeurs qui étant spécifiquement plus légères , touchent à la voûte de la grotte , d’où ils tombent condensées en goûtes d’eau. On a donc conclu que les carbonés avec d’autres acides produits, moyennant le calorique , par la décomposition de l’eau et des solphures qui y existent , soient la cause naturelle du développement des exhalaisons ou de cette vapeur dont nous allons parler. C’est dans cette vapeur qu’on s'amuse à faire les expériences qui sont propres de l’acide carbonique libre , par exemple : du blanchissement de l’eau de chaux , de la teinture bleue
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qui devient rouge , dè la lumière - qui s’e-
teint, de la poudre à canon qui ne s'allume point , etc. etc.
Lnlre le Lac d’Agnano et Pouzol se trouve la
SOLFATARA.
Ce lieu que les Anciens nommaient Forum ï ulcctni , est une petite plaine de 8g3 pieds de long, sur y55 de large, environnée de collines, anciennement appelées par les grecs nionti Leucogei , ou généralement campi l hlëgrœi. Ilélait déjà considéré comme un Volcan non entièrement éteint , dans le teins de Pline et de Slrabon. 11 s’appèle aujourd’ hui la Solfatara , à cause de la grande quantité de soufre qui en sort , qui brûle en certains endroits , et en échaulfe d’autres à trois pouces de profondeur : plusieurs ouvertures exhalent une fumée chaude , chargée de soufre et de sel ammoniac ; ce qui fait croire avec raison que cet endroit est miné par un feu souterrain , d’autant plus que le rétentissement produit par* le choc d’une pierre sur ce terrain , annonce évidemment qu’il est vuide au-dessous. Pendant la nuit on y voit s’ élever des flammes , et on entend plus distinctement le bruit du feu.
La Solfatara paraît elle-même avoir été une montagne , dont le sommet s’écroula par l’action violente d’un volcan. Il paraît aussi que le terrain y est miné par-dessous,
et que c’est une Toute qui couvre un espace vuide , ou un bassin échauffé , mais qui ne doit p!us à-présent faire craindre d'éruption , parceque le soufre ne se trouve mêlé qu’avec une très-petite quantité de fer. Plusieurs Écrivains on prétendu que ce lieu communique avec le Vesuve 5 mais quelle nécessité de supposer un canal de B à 9 milles pour les réunir , lorsque la nature a pu former deux Volcans dans deux lieux séparés ? Les fables des Poètes nous apprennent aussi que la Solfatara fut le lieu de la bataille des Géans contre Hercule.
Les environs de la Solfatara produisent un grand nombre d’eaux minérales propres à guérir toute sorte de maux.
Dans la Solfatara même il y a une fabrique d’alum , de soufre , etc. et le Dr. Assalini a ingénieusement établi sur quelques ouvertures qui exhalent des vapeurs sulfureuses, des apparats pour les appliquer aux différentes parties du corps humain.
En descendant de la Solfatara , on arrive à