La Faute de Vabbé Mourel
i. Nouvelle intitulée : Ça fait du bruit 1
d'après sa correspondance 223
13/ L mai), à Stassulevitch, que vous lui euvoyez un feuileton le 8/20. Dorénavant il vous prie de lui écrire toujours le 1/13 du mois pour l'avertir, soit que vous envoyiez un feuilleton, soit (|ue pas. J'irai vous voir dans la matinée d'après-demain pour vous remettre de l'argent^ etc.. Demain je suis trop occupé.
Tout à vous
Iv, TOUUGUÉNEFF.
50, rue de Douai.
Mardi, 25/13 mai 1875.
Mon cher Zola, Si vous voulez voir mon portrait, venez aprèsdemain jeudi, à midi, rue Fontaine 42, chez HarmalofF; j'v serai. Ce sera la dernière séance. Le portrait est presque terminé. Cela me fera une occasion de vous voir une dernière fois avant mon départ pour Carlsbad, qui aura lieu vendredi. Au revoir et laissez-moi vous serrer la main.
Tout à vous
Iv. TOURGUÉNEFF.
Bougival, Les Frênes.
Le 20 septembre 1875.
Mon cher ami,
Votre lettre du 8 ne m'est parvenue que le 20 ! La
224 IVAN TOUnr.UÉNEFF
poste me joue de ces tours-lh depuisquelque temps. Je vous écris dans l'espoir que ma lettre vous trouvera encore à St- Aubin. Je ne doute pas que l'air de la mer n'ait fait le plus grand bien à votre femme, et je suis heureux de voir que vous travaillez et que vous achevez des livres. 11 y a donc encore des gens qui poussent à la charrue !
Le pauvre Flaubert est dans un état moral, absoment pitovable : il faut, comme vous dites, que tous ses amis se resserrent autour de lui cet hiver, s'il i'ient à Paris, car ce n'est pas encore bien sûr. C'est une abominable brutalité du sort de venir ainsi frapper l'homme du monde le moins capable de vivre par son travail.
Stassulevitch, que j'ai vu plusieurs fois pendant son court séjour à Paris, a bien regretté aussi de n'avoir prfs pu faire votre connaissance ; il s'est arrangé avec Charpentier pour le nouveau volume '. A propos, cela vous ferait-il quelque chose qu'on mit votre nom tout entier sur les feuilletons du Message?' de r Europe? l\ m'a chargé de vous le demander. Le dernier (sur les frères de Concourt) est excellent. Il fera traduire leur roman, et Stassulevitch a déjà mis le grappin sur Renée Maitperin .
Comment! ce pauvre Concourt a des embarras d'argent lui aussi ? C'est bête et injuste.
1. Probablement Son Excellence Kugène Rougon, qui parut traduit en russe dans le Messager de l'Europe (livraisons janvier, février, mars et avril ISTfi.)
d'après sa correspondance 225
Je reste ici encore un mois ou six semaines, mais je vais souvent à Paris, et j'espère pouvoir vous serrer la main.
Iv. TOURGUÉNEFF.
Lundi, 50, rue de Douai.
(1" décembre 1875.)
Mon cher ami,
■Je reçois à l'instant une lettre de Stassulevitch qui m'écrit de yous suppliei' à' envoyer pa r exception votre feuilleton mensuel pas plus tard que le 5/17 décembre, c'est-à-dire dans quatre jours: à partir du 23 décembre vieux style, tous les ouvriers imprimeurs, etc. à Pétersbourg sont ivresmorts c'est la fête de Noël) et on ne peut plus compter sur eux.
Il m'écrit en même temps qu'il a reçu le manuscrit tout entier de votre roman', qu'il a expédié les seconds 400 fr. à Charpentier, et qu au commencement de janvier il envei'ra les troisièmes et derniers.
A dimanche. En attendant, bonne santé et bonne chance.
Tout à vous
Iv. ToURGUÉNEFF.
Son Excellence Eugène Rougon.
226 IVAN TOURGUÉXEFF
Paris, 50, l'ue de Douai.
Lundi, 24 janvier 1870.
Mon cher Zola,
Je viens de recevoir une lettre de Stassulevitch (jui est lyrique d'enthousiasme à propos de votre feuilleton sur le mariage '. 11 a un succès fou en Russie. J'ai eu bon nez en vous dirigeant de ce côté-là.
J'ai la goutte depuis quinze jours, c'est ce qui faitque notre dîner d'aujourd'hui est tombé àl'eau; elle m'empêche aussi d'aller voir les DcuiichefJ'. Dès qu'il y aura un peu de mieux je prendrai une loge, pour pouvoir étendre le pied ; voudriez-vous alors venir avec moi ?
Vous allez bien, n'est-ce pas ?
Bon travail et bonne santé !
Tout à vous
Iv. ToURGtÉNEKF.
50, rue de Douai.
Samedi midi.
(février 1876.)
Mon cher ami,
C'est comme un fait exprès : je sors hier pour la
1. Le Mariage en France, paru dans la livraison de janvier 1876 du Messager de l Europe.
d'après sa correspondance 227
première fois et vous venez juste ce jour-là ; mais je compte ])ien vous voir demain chez Flaubert. Nous causerons des Daniche/f et autres bourdes pareilles \
Je vous serre amicalement la main
Tout à vous
Iv. ToURGUÉNEFF.
50, rue de Douai.
Mercredi, (mars ou avril 1876).
Mon cher ami,
Vous allez recevoir l'un de ces quatre matins (si vous ne l'avez déjà reçue) une lettre d'un M. BaïmakofF, propriétaire de la Gazette (russe) de St- Pétersbouvii, avec la proposition de collaborer à son journal en y envoyant des feuilletons. Ne cous engagez pas et ne répondez pas avant de m'avoir parlé.
Voulez-vous passer demain chez moi avant 2 heures! Par la même occasion vous verrez mon portrait qui part après-demain pour l'Exposition".
Tout à vous
Iv, ToURGUÉNEFF.
1. Les Danicheff' ont été représentés pour la première fois au théâtre de l'Odéon le 8 janvier 1876.
2. Il s'agit du portrait peint par le grand artiste russe Harlamoff. Dans une lettre que ce dernier m'écrit à ce propos, il me dit se souvenir en effet de la visite à son atelier de Tourguénefl' et Zola en 1876.
228 IVAN TOUIU;UÉNEFF
50, rue de Douai.
Vendredi, 7 avril 187(3.
!Moii cher ami,
J'ai attendu jusqu'à ce moment pour vous répondre: j'espérais recevoir un télégramme ou une lettre, mais rien n'est venu. Il est probable que les conditions dans lesquelles nous avons été forcés de proposer V Assommoir n on[ pas été jugées admissibles.
J'approuve d'autant plus votre idée de remplacer votre correspondance mensuelle au Mcssas^er de VEurope par un extrait précédé d'une analyse sommaire, surtout si cet extrait n'est pas pris dans les commencements du roman et offre par cela même l'attrait d'une primeur. Je ne doute pas que Stassulevitch n'accepte votre idée avec empressement et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de l'avertir d'avance. Ainsi je crois (jue vous pouvez vous mettre à la besogne dès demain, car je vois qu'il faut renoncer ;i placer avantageusement la traduction.
Si quelque chose arrivait pourtant, je vous en avertirais aussitôt par télégramme.
A dimanche dans tous les cas.
Tout à vous
Iv. TOURGUÉNEFF.
p. s. — Concourt m'a dit que Flaubert est malade d'un zona; ce n'est pas dangereux, mais c'est insupportable.
D APRES SA CORKESPONDAXCE
Hôtel Demoutli, St-Pétersbourg.
Jeudi, 27 mai/8 juin 187G.
Mon cher ami,
Voici trois jours que je suis ici et ce n'est qu'aujourd'hui que je puis vous donner une réponse. Malheureusement elle n'est pas bonne. Après 24 heures de réflexion, Souvorine (du Noin>eau Temps) m'a déclaré qu'il ne pouvait pas continuer Y Assommoir ni vous offrir une somme quelconque, parce que le récit du sujet que vous avez fait dans le dernier feuilleton du Messager Russe ' en a défloré la nouveauté et ôté l'intérêt. Est-ce la vraie raison, ou bien y en a-t-il une autre ? Je n'en sais rien, mais ces messieurs n'offrent pas d'argent.
J'avais été induit en erreur quant au Dielo ; ce journal — ou plutôt cette revue (elle ne paraît qu'une fois par mois) — n'avait donné qu'un résumé du roman, et sa situation est si précaire qu'il n'y a rien à faire de ce côté-là non plus.
Voici donc V Assommoir assommé ! Vous vous imaginez la peine que cela me fait.
Quant à Stassulevitch, il est toujours on ne peut plus content de vos feuilletons, il y tient beaucoup et je crois qu'on pourrait hausser le prix, mais Saltykov, que j'ai vu à Bade, n'arrive qu'après-