LE REVE DE FRISSELIS
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C'est dans la prison : FKISSELIS est au secret. Au fond, en face, une seule fenêtre, peu haute,
grillée de trois barreaux assez minces. Une petite table, un lit de sangle très bas, une porte au fond
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a gauche. FBISSEUS songe silencieusement et désespérément. Un gai'dien met sur la table une
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écuelle, du pain, un broc. Mangez! FKISSELIS ne répond pas. Le gardien se retire. Frisselis
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seul, pleure amèrement. Voilà trois jours qu. il est enfermé dans cette prison. Mais la douleur ne lui
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vient pas dêtre entre ces murs. Non! il ne souffre que parce qu'il aime! parce qu'il ne reverra plus
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celle qu'il aime si tendrement. Mélancolie amoureuse vers la chère Maravilha perdue!
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Ah! s'il pouvait s'évader! pour l'aller rejoindre! AII° J = 132
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Au delà de cette fenêtre il y a un chemin de ronde ou va et vient une sentinelle
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La sentinelle épaule.
Pau! Pan!
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N'importe, sauter, se rompre les reins.... fuir et revoir Maravilha. Mais ces barreaux, ces
barreaux sont solides . Il essaie de les ébranler. Vains efforts. S'il avait une lime! zzi! zzi! zzi
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?ïlais non aucun outil de salut
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Ah! le petit canif qu'il a caché dans son chapeau.
La lame se rompt. Allons, nul espoir.
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La nuit vient peu a peu.
Il dormira s'il peut dormir.
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Il dispose son petit lit
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ou il ne dormira pas avec sa Maravilha bien-aime'e .
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Mais il entend du côté de ia porte un
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Il s'agenouille pour écouter de plus près
Il gratte vivement avec ses ongles un peu de planche cède et s'effrite et psir
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la même ouverture entrent les souris blanches de Frisselis avec leur petit ruban rose
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au cou et leur petit chaperon de clo^vn. Ah! les bonnes petites bêtes! elles
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l'ont pas oublié! elles l'ont suivi! elles ont réussi à le retrouver! Il les preud
et les caresse, it les baise, il les porte sur la petite table. Elles doivent étie
bien lasses! elles doivent aussi avoir bien faim! Il prend le pain que le
gardien lui a apporte, il l'eiaiette pour donner a manger aux petites bestioles, et
un instant, il s'amuse des petites raines qu'elles font..
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Mais S€s tristes peusées le reprennent.
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Maravillia! Maravilha! Il s'étend sur le lit. Le souvenir de Maravilha s'alauguit dans
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sa pensée tandis que l'enfant sonnneille.
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En même temps les souris sont descendues de la table, elles traversent la scène, 1° tempo 120- j
grimpent au mur, se cramponnent aux barreaux commencent a les ronger. On- entend
zzi! zzi! zzi! FRISSELIS tourne la tête a cause de ce bruit.. Il a cru que l'on limait
les barreaux! Non il est fou.. Il s'endort.
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Alors c'est LE REVE DE FRISSELIS Al.d"" 69 = J
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Le fond du théâtre à gauche s'est ouvert.
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On voit, très au lointain, toute petite, la roulotte de Maravilha.
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Elle est en marche. Elle est couverte de
fleurs avec des colombes qui jouent sur le toit. Et, devant, Maravilha toute petite, et
Frisselis il y est lui-même tout petit. Ils sont amoureux, ils sont heureux. Ils mangent des
cerises les lèvres près des lèvres. Ils interrogent des marguerites et, la voiture marchant, le
paysage se déroule: fermes, vallons, collines, routes fleuries d'aubépines et toutes les joies de ce
songe on les retrouve sur la face de Frisselis endormi ! Ah! soupire-t-il ! Quand les deux petits
amants là bas, se baisent sur les lèvres. Il s'est soulevé ! Il tend les bras ! Mais la lointaine image se brouille, s'éteint s'efface, disparaît et le jour vient peu à peu .
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Brusquement la porte s'ouvre et c'est la pleine lumière . Entre deux gardiens Allegro 176 rJ
qui se tiennent debout, près de l'entrée, s'avancent, après l'agent de la sûreté
le Juee d'instruction, le Greffier, deux agents et Frisselis s'éveille en
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sursaut
LE JUGE C'est lui, l'assassin?
L'AGENT Hum ! J'ai mon idée ! Pour moi le vrai coupable, c'est
Pierrot !... Mais interrogez l'accusé. ( Pendant que le Greffier s'installe et dispose
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