Biographie universelle deMichaud, \°Réal
l('s to(l('^ralist('s irélail i)as aloi's un sentinioul aussi démodé (ju'on |)ourrail le croire, c'est que lléal lit, de la résistance à ce parti, l'argument principal de sa défense de Chaux et de Goullin. Son raisonnement était aussi simple qu'il était faux : La victoire de la Montagne au 31 mai était nécessaire au salut de la République. Les fédéralistes, en contestant la nécessité de ce coup d'Etat, sont devenus Jes piresennemis delà République. Les principaux habitants de Nantes étaient fédéralistes. Us avaient mérité d'être châtiés pour avoir travaillé à la ruine de la République. En les châtiant, Goullin et Chaux n'avaient fait que leur devoir.
Le discours de Real n'a point été imprimé, et on ne le connaît guère que par la note indignée ' dont Tronson-Ducoudray accompagna la publication de son propre discours. 11 faut croire que Real, qui avait beaucoup de talent, sut envelopper de considérations éloquentes cette apologie cynique des crimes de ses clients; le Journal des Lois dit que son plaidoyer « a excité le plus grand intérêt et qu'il était plein de style, d'adresse et d'àme- ». Ce n'était pas l'opinion de Tronson-Ducoudray qui, dans sa note^ se plaint des attaques injustes de Real, et trouve absurde son évocation du 31 mai, à propos de crimes, qui, quoiqu'il en ait dit, n'avaient aucun caractère politique. « Passe encore, écrivait-il, de rapprocher les crimes de Nantes de ceux du 2 septembre ; mais il y avait de la folie à
1- Plaidoyer du citoyen G. -A. Tronson-Ducoudray dans Va/faire du Comité révolutionnaire de Nantes. Paris, Désenne, an III, in-8°, 68 p. La note y annexée comprend 24 pag^es.