‹ J.-B. CarrierChapitre 27 sur 207 · DÉBUTS DE LA MISSION A NANTES · texte numérisé non relu

DÉBUTS DE LA MISSION A NANTES

Les membres de la Montao'ne généralement disposés à la cruauté envers les royalistes vaincus. — Carrier ; Barère ; Saint-Just. — Proclamation du Comité de Salut public et des représentants en mission dans TOuest excitant les armées aux massacres. — Carrier exécuteur des exterminations voulues par ses collègues. — La guillotine permanente à Nantes longtemps avant l'arrivée de Carrier. — Impuissance de l'opposition des royalistes habitant la ville, et, par conséquent, inutilité des persécutions dirigées contre eux. — Absurdité des mesures de terreur dirigées contre les fédéralistes qui formaient l'immense majorité des partisans du système républicain. — Véritables causes du redoublement et de l'extension de la Terreur à Nantes, au mois d'octobre 1793.1 — Les divisions du parti républicain dans les Sociétés populaires. — Chaux, GouUin, P^orget. — Leur influence sur le choix du personnel des administrations et du Comité révolutionnaire. — Débuts du Comité révolutionnaire. Fermeture du club de la Halle. — Compagnie Marat. — Carrier, en arrivant à Nantes, a trouvé un personnel et des institutions pour terroriser les Nantais sans opposition possible de leur part.

Carrier arrivait à Nantes dans un état d'esprit qii'onpourraitqualifierde manie homicide, puisqu'il ne voyait partout que grands coupables à punir, et que, pour lui, punir, c'était tuer par tous les moyens. Mais cet état d'esprit, dont on lui a fait un crime plus tard, ne lui était pas particulier. Tous les membres de la Montagne étaient, à des degrés divers, acharnés à la destruction des vaincus un peu par esprit de vengeance, mais surtout parce que la terreur était le moyen le moins dangereux et le plus facile d'assurer le maintien de leur

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tyrannie. Si Carrier avait, naturellement, le goût des représailles eruelles, les exeilations à répaTidre le san(^ lui venaient d'assez haut pour qu'il ne put pas s'in([uiéler de se les voir jamais re[)rocher.

Parlant au nom du Comité de Salut public, Barère avait dit, le 5 septembre 1793 :

« Plaçons la terreur à l'ordre du jour, c'est ainsi que disparaîtront ces royalistes et ces modérés. Les royalistes veulent faire périr la Montagne. Eh bien! la Montagne les écrasera*. »

Avec une autorité, qui dépassait celle de Barère, Saint-Just était allé plus loin encore dans son rapport du 19 du i""" mois, 10 octobre 1793 : « Votre Comité de Salut public, placé au centre de tous les résultats, a calculé les causes des malheurs publics; il les a trouvées dans la faiblesse avec laquelle on exécute vos décrets... 11 n'y a pas de prospérité à espérer tant que le dernier ennemi de la liberté rei^pirera. Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents même; vous avez à punir quiconque est passif dans la République... Tout concourt à vous prouver que vous devez imposer les riches 2. » La Convention tout entière avait applaudi à ces cruelles menaces.

L'adresse du Comité de Salut public aux armées, du 23 octobre 1793, contenait un alinéa ainsi conçu : « Les défenseurs de la République viennent de détruire les repaires des rebelles de la Vendée. Ils ont exterminé leurs hordes sacrilèges. Cette terre coupable a dévoré elle-même les

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