‹ J.-B. CarrierChapitre 3 sur 207 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

môme semblait iivoii- irrs justement envoyés à la guillotine, ont eu des disciples, des admirateurs, des parents, qui ont travaillé à la réhabilitation de leurs noms. On élevait naguère des statues à Danton dans l'Aube et à Paris. Saint- Just, Coulhon, et surtout Robespierre, sont devenus, grâce à Bûchez, à Louis Blanc et à M. Hamel, les saints d'une petite église qui compte dans ses rangs des adeptes fervents. Un honorable magistrat, fils de Joseph Lebon, a écrit un livre sérieux pour vanter les vertus privées de son père, et atténuer ses cruautés.

Contre Carrier, vivant ou mort, l'opinion s'est toujoursmontréeimplacableet n'a pas désarmé. Vivant, ses collègues, qui avaient été ses complices, l'ont accusé et livré lâchement au bourreau; mort, tous les partis, sans exception, l'ont renié, prétendant que seul il était responsable de ses crimes. Comme les damnés, il est tombé dans l'abîme d'où l'on ne sort pas. Je n'essaierai pas de le réhabiliter. Moins que personne je serais fait pour cette besogne, puisque la plupart des études que j'ai publiées ont eu pour objet de préciser les circonstances de ses crimes, et d'en apporter des preuves indéniables. 11 convient toutefois d'être juste avec tout le monde, et quand on considère quels

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