DÉBUTS DE LA MISSION
Convention, qui n'avait pas dépassé, clans la Loire- Inférieure, celle de beaucoup d'autres départements, que rinduence nét'ast(^ exercée sur les représentants en mission à Nantes par quelques intrigants avides et envieux.
Nantes avait été l'une des villes de France oij la bourgeoisie avait accueilli la Révolution avec le plus d'enthousiasme. Les premiers patriotes, et non les moins exaltés, appartenaient tous à des professions libérales, et étaient des propriétaires, des hommes de loi, des négociants et des marchands. Les artisans et les gens du peuple avaient été, au contraire, assez lents h s'émouvoir.
Jusqu'au milieu de l'année 1790, il n'y avait eu qu'un seul club, celui des Capucins, dont la grande majorité était composée de gens honorés de l'estime publique. Peu à peu, le nombre des adhérents s'était accru, et les gens, d'une condition sociale et surtout d'une valeur morale inférieures, s'y étaient fait admettre. Ceux-ci formaient naturellement la gauche de l'assemblée.
Le moment arriva oii cette gauche, choquée de voir ses membres dédaignés et combattus par des parleurs plus distingués que les siens, estima qu'elle délibérerait plus à Taise dans un club particulier, et elle avait essaimé dans une salle située auprès du Port-Communeau. Qui se ressemble s'assemble. Malgré la différence des milieux oi^i ils s'étaient recrutés, très longtemps, néanmoins, les deux clubs avaient marché du même pas dans la voie révolutionnaire, et il serait difficile de dire lequel des deux devançait l'autre lorsqu'il s'agissait de provoquer quelque persécution contre les
catholiques en 1791 et en 1792, et contre les royalistes en 1793.
Après le 31 mai, les divergences s'étaient accentuées et le club du Port-Gommuneau, devenu la Société de Saint-Vincent, du nom de l'église où il s'étaitétabli, avait professé ouvertement les idées de la Montagne, avec l'espoir très fondé que, la canaille tenant à Paris le haut du pavé, il en serait bientôt de même à Nantes. Le club des Capucins, transféré dans le local de la Halle, avait conservé les anciennes opinions du parti girondin.
(( Je dirai, — écrivait Chaux dans l'un de ses mémoires imprimés, — que dans la Société populaire des vrais sans-culottes de Nantes, dont je m'honore d'être un des fondateurs en 1790, j'émis les principes les plus purs... Le témoignage de cette Société est d'autant plus précieux que le feu sacré ne s'y éteignit jamais; qu'elle s'est montrée, dans tous les moments de crise, à la hauteur des circonstances; que c'est elle qui, au temps du fédéralisme, lutta contre la faction liberticide^ »
Pour les membres du Comité révolutionnaire, le Club de la Halle était, au contraire, « un club peuph' de gens prétendus comme il faut, c'est-àdire de riches égoïstes, d'intrigants de toutes les couleurs, lié par ses opinions et ne faisant qu'un avec les Corps administratifs ; gangrené, non dans sa majorité, mais à coup sûr égaré par les intrigants qui y dominaient... Que n'a-t-on pas fait pour détruire le Club de Vincent-la-Montagne .^ N'a-t-on pas osé qualifier ses membres d'anar-