‹ J.-B. CarrierChapitre 99 sur 207 · LES HABITATIONS DR CARUIKK A NANTES · texte numérisé non relu

LES HABITATIONS DR CARUIKK A NANTES

provisionnomcnt des hahitarits. Pour se justifier, il dira, plus tard, qu'il avait été informé « que l'accaparement procurait des millions à des courtauds d(^ l)outiqu(^ et à des petits commis^ ».

i" Arrêté du 10 pluviôse an H (29 janvier 1791) :

« Le Comité révolutionnaire mettra, sur-lechamp, en état d'arrestation, sans nulle exception, tous les courtiers et tous les individus qui, depuis la Révolution, ont exercé ce métier scandaleux dans les murs de cette commune et qui ne sont pas encore sous les mains de la justice. Il en rendra compte dans les vingt-quatre heures au représentant du peuple français. »

Le même jour, il consentit à apostiller une lettre de la Municipalité à Jean-Bon-Saint-André, qui était à Brest, pour lui demander des grains provenant des prises.

2° Arrêté du 11 pluviôse (30 janvier) :

(( Le Comité révolutionnaire de Nantes mettra, sur-le-champ, en état d'arrestation et constituera prisonniers :

1" Tous les interprètes sans exception;

2° Tous les acheteurs et acheteuses, revendeurs et revendeuses de première nécessité, sans nulle exception.

« Il donnera, sans délai, au représentant du peuple, les motifs des arrestations de tous les gens suspects envoyés à Paris '. Il lui donnera incessamment les motifs des arrestations de tous les gens

1. Son explication au Tribunal révolutionnaire. Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VII, 51.

2, Ce paragraphe concernait les cent trente-deux Nantais, partis pour Paris depuis trois mois.

J.-i{. CARRIER

suspects détenus dans les prisons de Nantes. » 3° Arrêté du 12 pluviôse (31 janvier) : « Le représentant du peuple français ordonne de nouveau au Comité révolutionnaire de faire arrêter, sur-le-champ, et sans nulle exception, tous les acheteurs et aclieteuses, revendeurs et revendeuses de denrées de première nécessité, à peine de forfaiture et de complicité avec les accapareurs des premiers besoins du peuple, qui en font le trafic honteux, en les vendant au-dessus du maximum déterminé par la loi. — 11 est requis de mettre en arrestation tous les interprètes. Le général Vimeux, le commandant temporaire et le commandant de la garde nationale de Nantes, sont requis de prêter main forte à l'exécution du présent arrêté, qui recevra sa pleine et entière exécution'. » Au vu de ces arrêtés absurdes, le Comité révolutionnaire exprima sa stupéfaction et demanda à Carrier « s'il voulait perdre la ville de Nantes ou le Comité 2 ». Le (Comité inscrivit néanmoins ces ordres sur son registre et lança des mandats d'amener contre tous les courtiers de change : MM. Saint-Brieux, Fournier, Souverval, Herbe, Huard, Nourry, Lemerle, Plainguet, Lehert, Menuret, Papot, Barbot et Odiette"*. La Commission des subsistances lit aussi des représentations inutiles. Un grand nombre d'individus furent arrêtés sous les prétextes les plus arbitraires, au dire de Lenoir, président de la Commission militaire chargée de

1. Pièces remises à la Commission des Vingt et Un, p. 52 et 56.

2. Déposition de Proust, membre du Comité révolutionnaire [Biillefin du Tribunal révolutionnaire VI. n ' 98, 403;.

Page 1