‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 114 sur 198 · Biblioyraphie révolutionnaire, ii" 100. p · texte numérisé non relu

Biblioyraphie révolutionnaire, ii" 100. p

qu'il avait dt'jà demandé son rappel. Il ne semble pas, en tout cas, avoir ressenti la piqûre.

Il est même probable qu'il n'en avait pas eu connaissance avant la réception à Nantes de sa lettre de rappel, dont le départ dut avoir lieu de Paris, le jour de la signature, le 20 pluviôse (8 février), et l'arrivée à Nantes, le 24 ou le 25. Les députés de la Société, reçus par le Comité de Salut public, avaient pu, dès la veille, être informés le la dé<Msion prise, et en aviser leurs frères de Nantes. Or ce fut dans la séance du 23, — le procès-verbal imprimé à la suite de l'adresse le constate, — que l'adresse fut arrêtée et votée, et il fallut le temps de l'imprimer. « La Société, porte ce procès-verbal, a arrêté (jue ladite adresse sera imprimée au nombre de douze cents exemplaires et adressée à la Convention, au Comité de Salut public, etc. ^ » Le sanglier pouvait sans doute, un moment encore, s'agiter dans sa bauge, mais ses défenses étaient émoiissées.

Voici le texte de la lettre adressée à Carrier par le Comité de Salut public. La minute est de la main de Barère :

Paris, 20 pluviôse an II (8 février 1794).

Citoyen représenta m-.

Tu as désiré être rappelé. Tes travaux multipliés, dans une ville peu patriote et voisine de la Vendée, méritent que tu te reposes quelques instants, et

1. Extrait du procès-verbal imprimé à la suite de la Déclaration. Imp. de Hérault, iii-4° de 3 p.

tous tes collègues te reverront avec plaisir dans le sein de la Convention nationale. Ta santé a été altérée par tes occupations constantes. L'intention du Comité est de te donner une autre mission, et il est nécessaire que tu viennes en conférer avec le Comité. Salut et Fraternité. (Suivent trois signatures, tellement abrégées qu'il est diflicile de savoir à qui les attribuer '.j

On n'est pas plus gracieux; et ce n'était pas le seul Barère. connii pour son exquise courtoisie qui s'exprimait ainsi, c'était le Comité de Salut public tout entier.

De la même plume, et à la suite de la lettre à Carrier, on rencontre, aux archives, la minute de la lettre suivante adressée à Prieur de la Marne :

20 pluviôse '8 février).

Le Comité de Salut public à Prieur de la Marne ^ représentant du peuple dans le Morbihan.

Citoyen collègue ~,

Quoique ta présence soit bien nécessaire à Lorient, elle Test encore davantage à Nantes. Tu as fais tant de bien à l'armée chargée d'éteindre la Vendée, que nous réclamons encore ton zèle et ton courage. Nous mettons ton patriotisme en réquisition. Pars dès cette lettre reçue. Rends-toi à Nantes pour y établir le Gouvernement révolutionnaire, décrété le 14 frimaire, et pour surveiller

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