‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 116 sur 198 · Réimpression, XXII, 580. 5 frimaire an III · texte numérisé non relu

Réimpression, XXII, 580. 5 frimaire an III

vrais sans-culottes ; que la promptitude de son départ ne lui permettait pas de se rendre auprès de chacune de ces administrations pour le leur dire, mais qu'il priait laMunicipalité de nommer quelqueuns de ses membres pour leur porter le témoio^nage de sa part. 11 a terminé en demandant l'accolade fraternelle au citoyen maire, dans son nom, et celui du Conseil général. »

Renard, qui était certainement l'un des terroristes les plus endurcis qu'il y eût à Nantes, pratiqua en cette circonstance, d'une façon magnanime, l'oubli des injures. Le procès-verbal continue ainsi : « Le citoyen maire a adressé la parole au représentant du peuple Carrier. Il lui a témoigné l'estime et l'amitié que son ('uergie républicaine et son ardeur à poursuivre les contre-révolutionnaires, et à les faire punir, lui avaient méritées de la part des sans-culottes, et il lui a donné l'accolade fraternelle'. »

Carrier ne partit pas la nuit suivante, comme il l'avait annoncé; deux de ses arrêtés portent la date du 26 pluviôse.

L'un d'eux concerne le District. Carrier, je l'ai déjà dit, ne s'était point occupé de l'application de la loi du 14 frimaire sur l'établissement du Gouvernement révolutionnaire qui donnait, notamment, aux Districts et à un fonctionnaire^ de création récente, appelé Agent national, des attributions nouvelles. Le citoyen Lacour, dit Labigne, membre de cette administration, alla, dans la matinée, lui rap-

1. Procès-verbal du Conseil général de la Commune de Nantes, inséré à la date du 26 pluviôse (f° 28), avec cette mention en marge : « Par omission du 2o pluviôse an 11. »

peler cet oubli. Lacoiir n'avait pas plutôt ouvert la bouche que Carrier « l'accabla des invectives les plus grossières, eu le traitant de j... f. .., de f. .. c..., et en ajoutant : f. .. moi le camp. » Dans la journée, il signa cependant un arrêté qui appelait une dizaine de citoyens aux fonctions de membres du District de Nantes, et qui désignait Gicqueau pour celles d'agent national^. Dans la soirée, il envoya le chef de légion, Deurbroucq, auprès de Lacour, avec mission de le lui amener. Cette fois, il fut charmant et il exprima, devant quinze personnes, à Lacour, les regrets qu'il éprouvait de l'avoir si mal reçu. On lui avait dit que Lacour était un aristocrate ; on l'avait trompé ; mais maintenant qu'il voyait qu'il avait affaire à un bon républicain, il se repentait de son erreur, et lui annonçait qu'il l'avait maintenu dans ses fonctions'^.

Dans une lettre adressée, deux jours après, au District pour faire connaître son refus d'accepter le poste d'agent national, Gicqueau dit que le District ne pouvait être embarrassé, parce qu'il croyait savoir qu'en prévision de son refus Carrier avait nommé Goullin à son défaut 3, Je n'ai point vu que cette nomination ait été libellée; Goullin, probablement, avait refusé lui aussi, et ce fut Ramard qui continua d'exercer, par intérim, les fonctions d'agent national comme auparavant, sans commission, jusqu'à la nomination de Clavier

1. Ces citoyens étaient : président : Donnet ; directoire : Ramard, J. Bureau, Loiseleur, Caussiran: conseil : Thébaud, (juillet, Saint de Paimbœuf, Bellier jeune, Sarradin, Mary, lîiscarrat. (Reg. du District).

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