Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris
on vit, d'un côté, ce groupe, entouré d'une bande d'hommes pâles à cheveux plats, membres des anciens Comités révolutionnaires, et jacobins renforcés, claquant des mains et criant à tue-tète : u Bravo! Dravissimo ! » Autour, et au milieu d'eux, étaient une légion de mégères jacobines, tendant les bras et le col, se trémoussant, s'approchant, cmbi'assant et baisant à l'envi le livide et mielleux Bachelier, l'élancé et astucieux Goullin, le garotteur et sale Jolly, le lubrique Perrochaud, le coupeur d'oreilles Dhéron, le saigneur Robin, et le reste de la bande anthropophage. »
(' Plus loin étaient des milliers de citoyens, dans ime morne stupeur, et laissant échapper des mots entrecoupés par leurs soupirs. Les dépopulateurs, les mangeurs d'hommes, vont donc être mis en liberté; les rivières rouleront donc encore des cadavres. Ces accents allument la rage des gorgones jacobines. « Taisez-vous, disent-elles, buveurs de sang, et respectez le jugement dont la sagesse efface celui de Salomon. >; Et le cortège accompagne ti'iomphalement les assassins chez le restaurateur Méot au Palais-Egalité'.»
L'usage d'exécuter les condamnés le joiu- même du jugement réduisait leur dernier jour à la durée d'un court après-midi. Tandis que les acquittés, réunis dans un festin, célébraient le verre en main leur mise en liberté. Carrier, Pinarl et Crandmaison attendaient avec anxiété, à la Conciergerie, l'heure prochaine où ils seraient appelés au gretIV', pour être conduits au supplice.