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de Salut public; il tenait ses pouvoirs de la Convention, puisque, ainsi qu'il le dit dans un de ses rapports, il avait été convenu, entre lui et ses quatre collègues, qu'il resterait h Nantes afin de se concerter avec le général Haxo pour la prise de Noirmoutier*.
1. Rapport de Carrier sur les différentes missions qui lui ont été déléguées^ in-8' imprimé par ordre de la Convention, p. 15.
tyrannie. Si Carrier avait, naturellement, le goût des représailles cruelles, les excitations à répandre le sang lui venaient d'assez haut pour qu'il ne pût pas s'inquiéter de se les voir jamais reprocher.
Parlant au nom du Comité de Salut public, Barère avait dit, le 5 septembre 1793 :
« Plaçons la terreur à l'ordre du jour, c'est ainsi que disparaîtront ces royalistes et ces modérés. Les royalistes veulent faire périr la Montagne. Eh bien! la Montagne les écraserai »
Avec une autorité, qui dépassait celle de Barère, Saint- Just était allé plus loin encore dans son rapport du 19 du l*"" mois, 10 octobre 1793 : « Votre Comité de Salut public, placé au centre de tous les résultats, a calculé les causes des malheurs publics; il les a trouvées dans la faiblesse avec laquelle on exécute vos décrets... Il n'y a pas de prospérité à espérer tant que le dernier ennemi de la liberté respirera. Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents môme; vous avez à punir quiconque est passif dans la République... Tout concourt h vous prouver que vous devez imposer les riches^. » La Convention tout entière avait applaudi à ces cruelles menaces.
L'adresse du Comité de Salut public aux armées, du 23 octobre 1793, contenait un alinéa ainsi conçu : « Les défenseurs de la République viennent de détruire les repaires des rebelles de la Vendée. Ils ont exterminé leurs hordes sacrilèges. Cette terre coupable a dévoré elle-môme les