Eod., VU, supplément au n« 19, p. 86 et
4. Bulletin du Tribunal révolutionnaire. Déposition de la femme Pichot, VI, 283.
5. Pièces remises à la Commission des Vingt et Un^ p. 25, 89 et
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les tua à coups de fusils et autres instruments, et celte opération dura une heure et demie ^
Les noyades, qui d'abord avaient lieu la nuit, se firent à diverses reprises en plein jour. Pour tirer un bénéfice des vêtements des prisonniers, on les obligea souvent à se déshabiller; et c'est ainsi que Favreau vit sur les bords de la Loire tant de cadavres nus.
En admettant que les grandes noyades de prisonniers, prisa rËntrepôt, n'aient commencé qu'en nivôse, elles durèrent au-delà du milieu de pluviôse, c'est-à-dire pendant six semaines au moins.
Pour une noyade de trois cent soixante prisonniers, le 1" nivôse (21 décembre), je signalerai tout d'abord le témoignage de Carrier lui-même. A la date du 2, il écrivait, au Comité de Salut public, une lettre dont l'original est perdu, mais dont l'analyse a été conservée, et est ainsi conçue : Carrier ajoute un mot des miracles de la Loire, qui vient encore d engloutir trois cent soixante contrerévolutionnaires '.
Benaben, dans la même lettre du 6 nivôse, où il parlait des fusillades dont il avait été le témoin à Savenay, ajoutait : « Ici, on a une tout autre manière de nous débarrasser de cotte maudite engeance : on mettons ces coquins-là dans des bateaux qu'on fait ensuite couler à fond. On appelle cela envoyer au Château d'Eau, En vérité, si les brigands se sont plaints quelquefois de mourir de faim, ils ne
\ . Déposition de Fonteneau et de Chevalier {Journal des Lois, numéros des 22 et 26 brumaire an Hl).
2. Aulard, Recueil des actes du Comité de Salut public et des représentants en mission^ t. iX, p. 589.
pourront pas se plaindre au moins de mourir de soif. On en a fait boire aujourd'hui environ douze cents. Je ne sais qui a imaginé celte espèce de supplice ; mais il est plus prompt que celui de la guillotine, qui ne me paraît destinée, désormais, qu'à faire tomber les têtes des nobles, des prêtres et de tous ceux qui, par le rang qu'ils occupaient autrefois, avaient une grande influence sur la multitude ^ »
Admettons qu« les membres du Comité de Salut public n'avaient pas une ouverture d'esprit suffisante pour comprendre la périphrase de Carrier sur les Miracles de la Loire, et qu'aucun d'^ux n'avait reçu de lettres semblables à celle d e Benaben , Il est impossible de supposer qu'ils ne lisaient pas les journaux; or tous les journaux de Paris de la première quinzaine de nivôse ont reproduit ce passage d'une lettre de Nantes, lue le 11 nivôse, à la séance de la Commune de Paris :
« Le nombre des brigands qu'on a amenés ici depuis dix jours est incalculable. Il en arrive à tout moment. La guillotine étant trop lente, et attendu qu'on dépense de la poudre et des balles en les fusillant, on a pris le parti d'en mettre un certain nombre dans de grands bateaux, de les conduire au milieu de la rivière, aune demi-lieue de la ville, et, là, on coule le bateau à fond. Cette