Nantes, Libaros, 1879, p. 71, et suiv
3. Collection Dugast-Matifeux. Bibliothèque publique de Nantes.
ce point l'attestation du jeune JuUien, qui, revenant de Nantes, écrit de Tours à Robespierre :
« Carrier a fait prendre indistinctement, puis conduire dans des bateaux, et submerger dans la Loire, tous ceux qui remplissaient les prisons de Nantes. Il m'a dit, à moi-inéme, qu'on ne révolutionnait que par de semblables mesures*. » En évaluant à quatre ou cinq mille le nombre des noyés, on reste fort au-dessous du nombre véritable.
Du produit de ses rapines, autant qu'ilest possible de le savoir, le Comité révolutionnaire a contribué dansuneassezfaibleproportionà Tachât des bateaux et au payement des mariniers auxiliaires de Lamberly, mais Carrier a directement employé à ce service, qu'il regardait comme un service public, les sommes mises h sa disposition pour les mesures extraordinaires qu'il aurait à prendre dans l'intérêt de la République. Chaux, dans un mémoire manuscrit qui existe aux archives départementales de la Loire-Inférieure, déclare se rappeler avoir entendu dire à Carrier qu'il avait à sa disposition plus ou moins de cinq cent mille livres à lui remises par la Convention pour ces mesures'-. Chaux avait-il mal entendu, ou bien (Carrier avait-il exagéré la somme? Ce qui parait certain, c'est que Bourbotte et Carrier disposèrent d'un crédit de deux cent mille livres. «Je te préviens, écrivait Bourbotte à Carrier, dans une lettre datée d'Angers, le huitième jour de la deuxième décade du deuxième mois (8 novembre 1793), queies deux cent mille livresque Prieurde la