Femme endormie
Oh! la sommeilleuse ravissante! Quel galant apprêt dans le nonchaloir! Quelle science délicate dans l'abandon! Elle est assise, vue jusqu'à la poitrine, la tête reposant sur des coussins, les cheveux tombant en boucles sur la nuque. De son corsage bleu aux dessous de fine batiste, ses épaules émergent sans que nul gonflement vienne gêner un regard scrupuleusement chaste. De sa main gauche relevée, elle touche sa joue plus qu'elle ne s'y appuie. Les paupières sont closes sur sa bouche, nul rêve ne fait flotter le sourire ou l'alarme. C'est le calme, le calme absolu, rythmé par une respiration douce, qui ne doit pas gêner l'harmonie des lignes. Près de la joue rosée l'oreille s'arrondit au dessin vivant et chaud, comme une fleur ou comme un papillon. Il y a de la grâce dans cette figure, une fossette presque invisible au menton; au cou d'une blancheur chaude, de petites ombres qui courent deci delà comme des frissons: c'est du repos, mais c'est aussi de la vie adorablement féminine.
Pastel. H. 0,51 — L. 0,41. 30000 fcs.
(Collection Roux.)
Collection de M. Ch. P. de Meurville.
Mai 1904.
Perronneau (J.-B.).