‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 142 sur 308 · La Lecture · texte numérisé non relu

La Lecture

Crayons noir et blanc rehaussé de couleur sur papier gris.

Hauteur om248, largeur om288.

Une jeune femme en robe de brocart décolletée, coiffée d’un bonnet, assise de trois quarts à droite, lit une lettre qu’elle tient à deux mains. A ses pieds, une petite fille vêtue d’une robe aux manches courtes et d’un tablier, coiffée d’un bonnet bleu, assise sur un tabouret, s'amuse avec une petite voiture qu’elle tient par une ficelle ; près d'elle, une corbeille, au fond, une chaise.

En bas, à droite, au crayon: Fait pour Madame de Pompadour. Chardin.

No 12266 de l'Inventaire du musée de l'Albertine.

Reproduit dans l’Albertine, t. VII, p. 700.

Les dessins de Chardin sont fort rares. Déjà Mariette, un maître en la matière, signale cette pénurie dans son Abecedario (p. 159 et 160). Il n’en possédait lui-même aucun. A la vente d'Argenville figure sous le no 482 un dessin au fusain rehaussé de blanc: femme debout tenant un panier à son bras, qui était peut-être une étude préparatoire pour la Pourvoyeuse (voir p. 23), et sous le n° 483, plusieurs compositions du même (voir p. 24). E. et J. de Goncourt, en amateurs et en collectionneurs passionnés de dessins, se sont, comme Mariette, préoccupés de cette question (p. 160) et, comme lui, ont constaté l'absence presque complete de dessins bien authentiques de Chardin. Plus heureux toutefois que leur illustre prédécesseur, ils prétendaient posséder deux ou trois de ces rarissimes croquis; mais ils se montraient d'une sévérité presque inflexible pour reconnaître comme authentiques les dessins attribués à Chardin par les catalogues de ventes, de musées ou de cabinets

privés. Ils contestaient l’attribution à Chardin de la sanguine : femme assise et dessinant, de la vente Norblin, 1855; des dessins pourtant curieusement annotés, que possède l’Albertine de Vienne et où ils croyaient plutôt reconnaître des œuvres d'Aubert; tout en avouant ne les avoir point vus: même des deux dessins, Jeune fille faisant lire un garçonnet et un Jeune homme faisant lire une fillette de l’ancienne collection Fred. Reiset, aujourd’hui à Chantilly, malgré l’autorité de l'éminent conservateur des dessins du musée du Louvre (p. 161). Ils rejetaient encore la même attribution pour la tête d'homme coi d’un tricorne signée et datée de 1774 et l'intérieur de cuisine (plutôt de blanchisserie) de la collection His de la Salle {p. 160). Nous avons cru devoir rappeler ici ces opinions autorisées, bien qu'elles nous aient paru un peu trop sévères. Les Goncourt ne parlent pas des dessins du musée de Stockholm, qu'ils ignoraient probablement, dont l'authenticité est difficilement contestable et qui permettent de fixer la manière de Chardin dans ses dessins. En examinant très attentivement les dessins attribués à Chardin qui nous ont été soumis, nous avons cru pouvoir maintenir pour quelques-uns d'entre eux l'attribution au maitre.

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