L'Enfant au Toton. Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
Toile. Hauteur om67, largeur om72
Debout, à mi-corps, de profil à gauche, en habit brun violacé doublé de bleu, ouvert sur un gilet bleu de ciel à ramages blancs, les mains appuyées sur une petite table en acajou dont le tiroir, ouvert, laisse passer la pointe d’une sanguine serrée dans un porte-crayon de cuivre, il regarde attentivement tourner sur le marbre gris de la table un toton d'ivoire, Ses cheveux sont recouverts d’une perruque poudrée, ornée d’un nœud noir. Sur un livre noir à tranches rouges, posé sur la table, à gauche, un encrier noir dans lequel trempe une plume d’oie, puis un rouleau de papier et un livre relié en veau. Au fond, tenture grise de différents tons, séparés par des raies rouges.
Signé en bas à droite : Chardin, 173...
Exposé au Salon du Louvre de 1738, n° 116 (voir p. 6). Exposition rétrospective de Versailles, 1867, no ro1.
Exposition des Portraits de Femmes et d'Enfants, 1897, n° 26.
Exposition Chardin-Fragonard, 1907, n° 64.
Une répétition dans la collection de M. C. Groult,
Acquis en 1907 avec le précédent au prix de 350.000 francs.
Bibliographie
De Goncourr, G.B.A., 1re p., t. XXIV, p. 247. — M. Tour- Neux, G.B.A., 3e pér., t. XVII, p. 452. — Dé Fourcaun, p. 24, 30. — Ch. NorManD, p. 70, 03. — G. ScHErER, p. 56, 69. — M. Tourneux, G.B.A., 3e pér., t. XXXVIIL, p. 94, 95. — P. DE Nornac, Les À, no 67, p. 22, rep. p. 27. — Jean GuiïFFREY, R.A.A.M., 1907, p. 97, 09, 100, 101, rep. p. 100. — Reproduit dans l'Art et les Artistes, juin 1907, p. 129, et dans le Burlington Magazine, octobre 1907, vol. XII, p. 46.
Charles Godefroy, qui, à la suite de l'acquisition d’une terre, ajouta de Villetaneuse à son nom et qui, bon musicien écrivit un livre de menuets dont Mme Trépard possède le manuscrit, et Auguste-Gabriel Godefroy étaient les deux fils de Godefroy, riche joaillier, amateur d’art, ami intime de Chardin. C’est lui qui couvrit une partie des frais occasionnés par l'énorme travail de J.-B. Massé : les gravures des peintures de Le Brun dans la grande Galerie du Palais de Versailles, travail qui dura plus de trente ans, et qu'après leur père, les fils Godefroy continuèrent à soutenir.
Les deux portraits de Chardin ne quittèrent jamais la famille Godefroy. A la mort d'Auguste-Gabriel, le survivant des deux frères, en 1813, les tableaux furent légués à M. Torras, gendre de M. Varnier, cousin germain des frères Godefroy. Ils furent alors envoyés dans la ferme de la Rosière à Tracy-sur-Mer près de Bayeux (Calvados). Ils y restèrent jusqu’en 1858, époque où ils furent transportés à Versailles.
Pendant l’occupation allemande, ils ne subirent aucun dommage, bien que la maison où ils étaient placés ait été occupée par des officiers et des soldats allemands qui emportèrent des portraits sans valeur et des photographies.
Ces portraits étaient la propriété de Mme Émile Trépard, arrière-petite-fille de M. Torras, lorsque le Louvre les acquit. Mne Trépard possède en outre deux sanguines de Massé, l’une représentant la mère des deux frères Godefroy, une autre plus grande datée de 1736 où sont figurés en pied les deux jeunes gens d’un an ou deux plus jeunes que sur les portraits de Chardin et des portraits de famille par de Troy, Tournières, David, etc.